Là où la mer commence – Dominique Demers

Et si la Belle et la Bête avaient vécu en terre québécoise, au 19e siècle?

– J’ai inventé un autre jeu, dit-il. Une sorte de course aux trésors. Maybel était tout oreilles. La Bête fit une pause, comme s’il avait besoin de soupeser chaque mot avant de poursuivre.
– J’ai dix merveilles à vous faire découvrir.
– Et à la fin, qu’est-ce qu’on gagne? demanda Maybel amusée.
– Mon cœur! dit la Bête d’une voix bourrue où perçait la rancœur.

La Belle, c’est Maybel, jeune fille ardente et lumineuse qui vit dans une drôle de famille. Son père, Alban, gardien de phare solitaire, a épousé une ravissante Anglaise qui n’aimait pas la mer et s’est enfuie en abandonnant sa fille de deux ans. La Bête, c’est William Grant. Affublé d’un masque étrange, il a débarqué un beau jour le long des berges du Saint-Laurent, avec son père l’Écossais, qui veut le soustraire au monde pour mieux le protéger. Maybel et William sont épris de liberté et de nature. Dans un pays de caps battus par une mer enragée, d’anses secrètes envahies par le tumulte des goélands et les hurlements des loups marins, dans un décor étrange et fabuleux, hanté par les fantômes, mais protégé par les fées, ils vont se découvrir. Et s’aimer…

C’est un des rares livres de Dominique Demers que je n’avais pas encore lus, avec Le pari que je lis présentement. Comme toujours, j’ai embarqué facilement dans l’histoire qu’elle a voulu nous faire vivre. L’idée de reprendre La belle et la bête aurait pu être casse-gueule, mais c’est fait ici avec beaucoup de doigté et, même si on sent les parallèles avant l’oeuvre de Jeanne Marie Leprince de Beaumont, on ne tombe pas dans la caricature ou dans une vague adaptation. J’ai un attachement particulier pour l’oeuvre de Dominique Demers, dont les livres Marie-Tempête et Maïna m’ont accompagnée dans mon adolescence. Même ses livres pour enfants me touchent. D’ailleurs, je suis contente de suivre présentement un cours sur la littérature jeunesse dont le manuel a été écrit par elle, car, encore une fois, c’est très bien écrit.

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