Politesse à deux sens

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J’ai commencé à prendre les transports à commun seulement au Cégep et les autobus étaient généralement remplis de cégépiens. En arrivant dans la région Montréal, d’abord pour mon troisième stage, et ensuite lors de mon emménagement définitif, j’ai pris le métro et l’autobus plus régulièrement.

Naturellement, j’ai toujours cédé ma place aux femmes enceintes, aux personnes âgées ou à mobilité réduite. Je ne me posais pas de questions, ça allait de soi, et je trouvais parfois bizarres les personnes qui faisaient semblant de ne pas voir les personnes en difficultés.

Malheureusement, après quelques mois, j’ai commencé à les comprendre. La politesse veut qu’on cède notre place si on est apte à rester debout, ce n’est pas un règlement, ni une obligation, juste du savoir-vivre, de la délicatesse. De ce fait, la personne à qui on cède notre place, sans se fendre en deux pour remercier, devrait au moins apprécier, mais ce n’est pas toujours le cas.

La première fois que j’ai fait face à une situation qui m’a fait reconsidérer ma position, c’est dans un autobus. Tout le monde est assis, je suis dans le premier banc à l’avant, à côté de la porte. Une dame âgée, qui marche avec une canne, fait son entrée dans l’autobus. Je me lève pour lui céder ma place, et qu’est-ce que je reçois en échange? Un coup de canne, suivi d’un « impertinente ». La dame va plus loin et refuse de s’asseoir, apparemment insultée qu’on insinue qu’elle ne peut pas rester debout. Un simple non merci aurait fait l’affaire.

Avec les femmes enceintes, c’est parfois encore plus compliqué, parce qu’on ne veut insulter personne, tout d’un coup qu’elle n’est pas enceinte. Par contre, il y a deux semaines, entre une femme toute menue et visiblement enceinte d’au moins 8 mois. Cette fois-ci, je lui offre ma place verbalement. Irritée, je me fais répondre « je suis enceinte, pas handicapée ». Encore là, un non merci aurait suffi.

Ce ne sont que deux exemples, mais ça m’arrive fréquemment, et pas seulement à moi. Maintenant, je ne l’offre plus, je me lève et vais plus loin. Que la personne prenne la place si elle le veut. Heureusement, ce n’est pas la majorité, mais si ça arrive à plusieurs reprises, je comprends qu’une personne n’ait plus le goût d’être polie et se plonge dans son livre pour éviter de voir…

Je vais continuer à céder ma place, mais un jour, je trouverai le courage de répondre à ces personnes… Elles ne rendent service à personne, et encore moins aux gens qui ont vraiment besoin de s’asseoir dans les transports en commun, mais à qui personne ne cède sa place.

2 réflexions sur “Politesse à deux sens

  1. Quand ma soeur était enceinte et presque à terme, elle s’est fait engueulée par une dame d’un certain âge mais à priori bien portante parce qu’elle ne lui cédait pas sa place… Idem à la caisse prioritaire d’un magasin.

    Certaines personnes âgées n’ont aucun savoir-vivre…et après on dit que ce sont les jeunes!

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  2. Ça m’est encore arrivé cette semaine…

    Je ne crois pas que ce soit la faute d’une génération en particulier. Des irrespectueux, il y en a dans toutes les tranches d’âge! Je crois seulement qu’on remarque probablement plus facilement les gens d’une autre génération que la nôtre.

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