Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants – Xiaolu Guo

Quand la jeune héroïne chinoise de ce roman arrive à Londres afin d’y apprendre l’anglais, envoyée de Wenzhou par ses parents ambitieux, elle commence par perdre les roues de sa valise Made in China, puis son nom! Zhuang Xiao Qiao se transforme en Z car, ainsi qu’elle l’explique dans un anglais impossible, moi pas prononçable! « . Armée de son anglais fastidieux, souvent exécrable, mais toujours craquant — et de son dictionnaire bilingue —, Z arpente les rues de Londres et fréquente ses cinémas. C’est d’ailleurs là qu’elle rencontre l’homme qui deviendra son amant, un quadra désabusé du quartier de Hackney et à sa grande horreur (surtout pour une fille de paysans chinois amateurs de viande de porc), végétarien! Leur amour triomphera-t-il des nombreuses oppositions entre un Anglais et une jeune Chinoise ? Saura-t-il dépasser les malentendus infinis, mais cocasses nés des innombrables fautes d’anglais de la jeune femme? Roman d’initiation attachant et drôle écrit dans un anglais de débutante, ce Petit Dictionnaire chinois-anglais pour amants est le journal intime et sentimental d’une Orientale candide et ironique, à la fois épatée et déboussolée par les travers de l’Occident. Mais c’est également un lexique romanesque, impétueux, grave et aigre-doux, à l’image de Z, qui éclaire d’une lumière nouvelle les paradoxes de la globalisation.

Une belle fable sur les différences et sur le choc culturel entre deux individus que tout sépare. Z. arrive à Londres où elle ne connaît personne pour améliorer son anglais et ainsi éviter de devoir travailler dans l’usine de chaussures de ses parents lors de son retour en Chine. Rapidement, elle est dépaysée parce qu’elle voit, par les gens, par leurs habitudes. Elle le rencontre dans un cinéma et, par incompréhension, vient habiter chez lui après une simple invitation à souper. Commence alors une relation improbable. Outre la différence d’âge, c’est la différence de culture qui crée les moments les plus difficiles, mais aussi les plus beaux.

J’ai bien aimé que l’auteure se substitue à Z. en lui faisant raconter l’histoire de son point de vue, dans sa nouvelle langue d’adoption. Au fil des pages et des mois, on voit que « l’anglais » de Z. s’améliore et que ses phrases sont de plus en plus élaborées et riches. Cet aspect, bien que traduit en français, ajoute à l’histoire.

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