Les quatre petites lettres

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Le diagnostic de dyspraxie verbale se concrétise de plus en plus. Comme Joëlle a été évaluée à un peu moins de 4 ans, on ne pouvait parler que de prédiagnostic. Au début 2017, elle aura probablement une nouvelle évaluation qui viendra confirmer le diagnostic et la mettre sur une nouvelle liste d’attente.

En attendant, on s’aperçoit de plus en plus que son attention fait défaut et lui nuit dans plusieurs sphères de sa vie. Depuis le début septembre, les thérapies en orthophonie ne sont plus aussi efficaces, on a trop de mal à avoir son attention. Un rien la déconcentre ou l’excite. Le plus difficile, c’est de voir qu’elle en est consciente et qu’elle fait des efforts pour rester concentrée, mais son corps ne veut juste pas suivre. Son lézard lourd l’aide, mais elle ne peut pas l’avoir sur elle en permanence non plus, alors on le met pour une activité sur deux.

Elle suit des cours de gymnastique. Elles sont environ 8-10 enfants pour 2 monitrices, mais il y a d’autres cours en même temps dans le gymnase. Alors ses yeux papillonnent et elle manque 75 % des explications. Ce qui fait que lors de l’exécution des exercices, elle ne sait pas quoi faire. Comme elle ne dérange pas, elle passe sous le radar et peut recommencer les mêmes exercices en boucle sans compléter l’ensemble du parcours. Elle n’évolue donc pas au même rythme que les autres.

C’est la même chose en natation. Deux moniteurs pour quatre enfants, alors elle a beaucoup d’attention et elle est ramenée régulièrement au moment présent. Encore là, il y a d’autres cours en même temps, donc elle est constamment déconcentrée et est prise par surprise quand c’est son tour d’exécuter l’exercice.

En ergothérapie, on travaille beaucoup là-dessus, mais on s’aperçoit de plus en plus que c’est plus fort qu’elle. On a l’image du petit moteur qui fonctionne bien avec elle. Quand elle est dans le rouge, elle est trop excitée pour l’activité en cours, elle doit essayer de revenir dans le vert. On a plein de trucs pour ça, mais ça demande beaucoup d’énergie de sa part quand même et on le voit dans ses yeux à quel point elle essaie fort.

J’en ai parlé à la pédiatre de Joëlle. Évidemment, il est trop tôt et ce n’est pas avant 7 ans qu’elle acceptera d’investiguer davantage, mais tous les spécialistes qui entourent Joëlle s’entendent pour dire que les quatre petites lettres font probablement partie de sa vie. Et tant qu’on n’aura pas trouvé de moyens efficaces pour l’aider à les gérer, ce sera difficile pour Joëlle d’évoluer en thérapie à sa pleine capacité.

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