L’arrivée remarquée de Joëlle

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Il y a environ 5 ans et 1 mois, arrivait dans ce monde Joëlle. Après une grossesse quasi sans anicroche (bonjour nerf sciatique), l’accouchement ne s’est vraiment pas passé comme prévu. Pas comme dans « j’ai un plan de naissance de 3 pages que je veux suivre à la lettre », mais plutôt comme dans « alerte rouge, le bébé doit sortir ».

Je n’avais pas d’attentes pour mon accouchement. J’espérais être consciente (bien, pas vraiment un espoir, puisque je n’avais jamais pensé que ce ne serait pas le cas) et j’envisageais d’accoucher sans péridurale (ou épidurale?), pas tant par conviction que parce que je n’étais pas chaude à l’idée d’avoir une aiguille dans ma colonne vertébrale. Amène-s’en des aiguilles, mais pas dans mon centre nerveux s’il-vous-plaît.

Donc, le 19 octobre au matin, je me pointe à l’hôpital à 42 semaines de grossesse pile avec le col fermé à triple tour. Mlle étant trop confortable dans mon dedans, il est temps de lui indiquer la porte de sortie. Il est 6 h du matin, on m’insère le Cervidil et on me prédit un beau bébé avant la fin de la journée. On laisse agir le tout 12 h, à l’hôpital, sans pouvoir vraiment manger tout d’un coup que ça partirait (une chance que j’ai triché en masse…). On joue au Scrabble, on regarde un film et on marche 200 km dans les couloirs en allant voir les bébés à la pouponnière pour donner le goût à Mlle de les rencontrer. 18 h! On enlève le Cervidil pour voir le résultat… ½ cm. Méga déception. Mon médecin décide de l’aider à ouvrir à 1 (OUCH!) et crève les eaux. Je commence à avoir des petites contractions. Je continue à accumuler les km dans les couloirs.

Minuit! Je suis seulement à 2 cm. On sort l’artillerie lourde. Épidurale et pitocin. Je dois maintenant rester couchée. J’essaie de dormir un peu, mais l’épidurale ne fait pas effet complètement. Visiblement, Joëlle n’aimait pas le 19 octobre comme date de fête. À 2 h du matin, on vient me mettre un masque à oxygène et me faire tourner sur le côté, le cœur de Joëlle s’emballe un peu trop. On me fait changer de position régulièrement. Le matin, Joëlle s’est calmée, mais mon col est seulement à 4 cm. Les médecins augmentent la dose de pitocin. Le cœur de Joëlle recommence à s’emballer, on redescend la dose. Vers midi, je suis à 6 cm, mais mon col est enflé, il doit donc désenfler avant de dilater. Mon médecin me dit de me préparer à une césarienne.

Il revient 20 minutes plus tard. L’obstétricienne de garde veut qu’on attente encore. Vers 13 h, mon col est toujours enflé et le cœur de Joëlle commence à trouver ça difficile. Mon médecin redemande une césarienne (lui ne peut pas la pratiquer), mais il se fait dire qu’on attend encore. Le scénario se répète aux 30 minutes. Je me suis fait à l’idée que j’aurais une césarienne et je veux juste que ça finisse, mais l’obstétricienne veut qu’on attende encore. Vers 14 h 15, l’anesthésiste vient me voir pour ajuster mon épidurale puisque je sens beaucoup de douleurs et que j’ai vraiment besoin de me reposer. Je réussis à m’endormir un peu, mais pas longtemps. Le cœur de Joëlle ralentit trop. Tout à coup, une équipe de 10 personnes entrent dans la chambre en courant. Je me fais réveiller, mettre sur le dos. D’une main, on me fait signer l’autorisation pour la césarienne, on essaie de me mettre un soluté sur l’autre bras, on me rase, tout ça en même temps. Et ils partent à courir avec moi dans le couloir.

Là, là je réalise que ça ne va pas bien. J’entends mon chum courir derrière moi, il se fait lancer des choses pour s’habiller rapidement, mais il ne peut pas entrer dans la salle finalement. Je panique. Dans la salle d’opération, on me met un masque sur le visage pour m’endormir, j’ai l’impression d’étouffer. La dernière chose que j’entends, c’est la voix de mon médecin qui est fâché, et puis le noir total.

Joëlle naît à 15 h 33 en super forme (9/10 à l’APGAR).

Peu après, je suis dans la salle de réveil, je me souviens de l’infirmière à côté de moi qui répond à mes questions en boucle : « le bébé va bien, il est avec votre conjoint ».

Vers 16 h 30, on m’amène à ma chambre et là, je craque. Le stress et la peur sortent, même si je suis soulagée que ce soit fini.

Ce n’est que vers 19 h que je verrai ma Jojo pour la première fois, enfin.

Nous sortirons de l’hôpital 48 h plus tard après une batterie de tests pour moi, puisqu’ils ont peur de m’avoir sectionné l’urètre lors de la chirurgie. Finalement, je m’en sors avec seulement un ligament rond coupé.

5 ans plus tard, j’ai encore les frissons et les larmes aux yeux quand j’en parle. C’est un traumatisme que je n’ai pas encore surmonté, même si on me répète sans cesse depuis d’arrêter d’y penser parce que j’ai eu un bébé en santé.

À venir : l’allaitement de l’enfer.

3 réflexions sur “L’arrivée remarquée de Joëlle

  1. Pingback: La théorie des gaz | Je suis Jessoya

  2. Courage courage…;) — ici aussi on sait ce que ça fait (mais ta version est vraiment pire quand même). Et l’allaitement pourri après la césarienne, c’est un grand classique aussi (ça fait partie du package). y’a de nombreux ouvrages pour se documenter. Demander son dossier médical, essayer de comprendre…le site cesarine.org est vraiment bien fait. Plein de bises.

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    • Merci Colombes Mum! Je ne connaissais pas ce site, je vais aller faire un tour. Dans mon cas, même sans césarienne, l’allaitement aurait été pourri, ça n’a fait qu’ajouter à la situation.

      Merci pour ta visite 🙂

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