Le piège de la comparaison

Quand on a des enfants, une des premières choses qu’on nous dit, c’est qu’il n’y a pas un enfant pareil et de ne jamais les comparer. Je suis généralement d’accord avec ça, surtout la comparaison faite pour rabaisser ou pour seulement se vanter de nos enfants. Malgré tout, je crois que la comparaison à du bon aussi.

C’est en comparant la façon dont parlait ma fille avec celle des enfants de son âge que je me suis aperçue qu’elle avait du retard. Quand c’est ton premier enfant, tu ne sais pas trop ce qui est normal ou pas. Les gens disaient que je m’inquiétais pour rien, mais elle a quand même fini avec un diagnostic de dyspraxie verbale légère et de trouble de langage léger.

Mon fils a également un retard de langage. C’était flagrant au début, puisqu’il ne parlait pas du tout, contrairement à ma fille au même âge. Encore ici, la comparaison m’a allumée. On a donc commencé à consulter en orthophonie pour lui. Avec le temps, il a cessé de faire des otites et son langage a explosé.

Depuis janvier, les suivis avec l’orthophoniste ont été inconstants, pour toutes sortes de raisons, mais à mon avis, il évoluait encore rapidement, alors ça ne m’inquiétait pas. Après le retrait préventif de l’orthophoniste des enfants, j’ai dû chercher de nouveaux spécialistes.

Il a rencontré sa nouvelle orthophoniste cette semaine et le choc a été quand même intense pour moi. Son retard est encore important. Elle m’a parlé d’éléments qu’il aurait déjà dû maîtriser. Par exemple, les mots de trois syllabes que sa sœur a vraiment maîtrisés à 4 ans ½, alors que lui a seulement 3 ans.

Là, la comparaison m’a desservie. Pour moi, Ludo allait très bien, puisqu’il était vraiment plus avancé que sa sœur au même âge, mais j’aurais dû faire comme pour Jojo, et le comparer avec des enfants de son âge…

La comparaison a ses bons côtés et ses dangers aussi…

En attendant, je dois avaler la pilule du fait qu’on a encore un long chemin à faire…

Divergence – Veronica Roth

divergenceDans un monde post-apocalyptique, la société est divisée en cinq factions, chacune consacrée au culte d’une vertu dans l’espoir de former un civilisation parfaite : les Altruistes, les Sincères, les Audacieux, les Fraternels, les Érudits. À 16 ans, chaque adolescent doit choisir sa faction, pour la vie. Le jour du choix, Béatrice comprend qu’elle est différente: elle est divergente. Elle hésite entre rester avec sa famille et être elle-même, mais elle ne peut choisir les deux. Alors, elle prend une décision qui surprend tout le monde, même elle-même…

Quand même un air de déjà vu. J’en ai entendu beaucoup parler, mais je devais être sur une autre planète pour ne pas l’avoir lu encore. Ça ressemble beaucoup à Uglies, à La résistance, et même un peu à Hunger Games. Un futur post-apocalyptique où les gens sont séparés selon des caractéristiques spécifiques supposément pour garder la paix. Évidemment, c’est trop simple pour fonctionner, comme dans toute série de ce type. Bref, on ne réinvente pas le genre, mais je dois être un bon public pour ce genre d’histoires, puisque je l’ai lu très rapidement et je vais aller chercher la suite prochainement. Éventuellement, je vais sûrement visionner les films, même si ceux-ci ont tendance à ne pas être à la hauteur.

Les lettres du mercredi – Jason F. Wright

mercrediL’histoire de Jack et de Laurel débute avec une lettre écrite pendant la nuit de leur mariage : « Je te fais une promesse aujourd’hui. Je t’écrirai chaque semaine de notre vie. » Et Jack tient sa promesse : pendant 39 ans, tous les mercredis, il écrit une lettre à sa femme. Après le décès du couple, ces lettres d’amour sont découvertes par leurs trois enfants, des adultes aux vies parfois compliquées. Alors qu’ils commencent à lire les centaines de missives accumulées dans des dizaines de boîtes, les enfants découvrent un incroyable secret de famille. Un secret qui va les conduire à faire face à une vérité qui pourrait bouleverser leurs vies. Avec, à la clé, un formidable message d’amour.

Lors de ma dernière visite à la bibliothèque, j’avais à peine 15 minutes avant la fermeture. J’ai donc pigé au hasard dans les coups de cœur des bibliothécaires. Ce livre fait partie de ce hasard.

J’aime les romans épistolaires et celui-ci l’est à moitié. La prémisse est intéressante. Après la mort de leurs parents, les enfants découvrent des lettres que leur père écrivait chaque semaine à sa femme. Je trouve toutefois que l’idée a été mal exploitée. Les personnages sont un peu trop stéréotypés à mon goût : le grand frère trop sérieux, le petit frère rebelle, la sœur qui s’oublie pour tout le monde. Aussi, mine de rien, on voit rapidement ce qui va se passer et on devine le dénouement, à quelques détails près.

Une histoire légère et quand même plutôt romantique!

Papa en solde

Joëlle : Maman, est-ce que tu as acheté papa a la fourrière?
Moi (essayant de rester serieuse) : Ben non poulette
Joëlle : Mais, tu l’as acheté où d’abord?
Moi : Je l’ai pas acheté, on s’est rencontré et on est devenu des amoureux.
Joëlle : Ah…. (déception) Je pensais que c’était comme les chats et les chiens, qu’on trouvait un papa à la fourrière

Pourquoi? Pourquoi?

Quand les deux enfants sont dans leur phase du pourquoi en même temps, ça donne des conversations comme ça :

Jojo : Pourquoi ils vont pas à la plage?
Moi : Parce que leur auto est brisée?
Ludo : Pourquoi?
Jojo : Parce qu’ils ont mis trop de choses dedans. Pourquoi ils ont mis trop de choses dedans?
Ludo : Pourquoi Jojo dit pourquoi?
……..

Jojo lit… Camille veut une nouvelle famille

camilleCamille a tout pour être heureux, mais il se plaint sans arrêt! Selon lui, sa maman lui fait trop de bisous, son papa n’a jamais le temps de jouer et sa petite sœur lui casse les oreilles. Un matin, furieux, Camille décide de partir à la recherche de la famille idéale…

Je crois beaucoup à la littérature jeunesse pour parler de situations différentes, difficiles ou particulières de façon indirecte. Lors de la lecture, je ne souligne pas à grands traits le message que le livre passe, je laisse Jojo m’en parler, et si elle ne remarque rien, tant pis, ça reste une belle histoire. Je ne sais pas si c’est l’approche idéale, mais je veux que la lecture des histoires, surtout avant le dodo, demeure un moment agréable, et non pas une avalanche de questions et de remises en question. Souvent, elle assimile la « morale » inconsciemment. Je le remarque quand elle fait des liens avec un livre lu et une situation qu’elle vit ou voit.

Dans Camille veut une nouvelle famille, on découvre toutes sortes de familles : adoptive, homoparentale, interculturelle, monoparentale, etc. Comme les personnages sont des animaux, les différences entre ces familles et une famille dite nucléaire sont atténuées, mais tout de même présente. Jojo a tout de suite remarqué les différences, sans toutefois en faire tout un plat. Je ne pense pas qu’elle ait encore tout à fait fait la transposition de l’information véhiculée dans le monde réel, mais je reste persuadée que lorsque la prise de conscience se fera, elle pensera aux animaux du livre.

Jojo dit :

Ce que j’aime, c’est qu’il y a plein de familles différentes : deux papas, un bébé oiseau, et tout le monde s’aime! C’est beau!

Camille veut une nouvelle famille
Auteur : Yann Walcker
Illustratrice : Mylène Rigaudie
Éditions Auzou

La réévaluation

Jojo a été évalué pour la première fois à l’été 2015, alors qu’elle avait 3 ans et 9 mois. J’allais à cette évaluation quand même confiante, pensant me faire dire ce que tout le monde me disait déjà, que je m’inquiétais pour rien. Finalement, comme je l’ai raconté, Jojo a eu un prédiagnostic de dyspraxie verbale et nous sommes embarqués le train des suivis en orthophonie et par la suite en ergothérapie.

Depuis, elle a fait énormément de progrès, surtout sur son intelligibilité. Depuis jeudi dernier, on est maintenant à l’étape de la réévaluation. Joëlle va avoir 5 ans ½ en avril et elle commence l’école en septembre. Pour avoir des services, au besoin, il faut avoir un diagnostic clair. Nous en sommes donc là : est-ce que c’est vraiment une dyspraxie verbale ou seulement un retard et des difficultés praxiques?

Depuis sa première évaluation, elle a été sur la liste d’attente du CLSC. Comme son cas était trop lourd pour eux, elle a été mise sur la liste d’attente du centre hospitalier de la région. Nous n’avons jamais eu de nouvelles depuis. Comme elle va entrer à l’école bientôt, nous n’en aurons probablement pas puisqu’ils s’occupent seulement des enfants d’âge préscolaire. Si le diagnostic se confirme, nous tomberons sur la liste d’attente du centre de réadaptation de la région. Encore là, beaucoup d’attente à prévoir, mais ils pourront travailler en collaboration avec l’école.

Avant tout ça, il faut terminer la réévaluation. Lors de la première évaluation, j’étais impressionnée par le nombre de mots que Jojo connaissait et reconnaissait et j’avais fini par me convaincre que tout allait bien dans le fond. Cette fois-ci, on dirait que j’en « profite » moins. J’ai de l’expérience. Je connais les sons difficiles, je sais la prononciation qu’elle devrait avoir. Je remarque le « r » ajouté au mauvais endroit, la consonne manquante en début de mot ou le mot dit de quatre façons différentes en 3 minutes. Je commence à connaître une bonne partie du calendrier d’acquisition des sons. Je dois donc m’empêcher de trop y penser et attendre le rapport final avant de me faire une tête. Trop anticiper ne servira à rien. Mais bon, plus facile à dire qu’à faire…

Malgré tout, je suis confiante. Jojo est une vraie pie et ses difficultés ne l’ont jamais empêchée d’essayer de communiquer. C’est une de ses grandes forces : son désir immense de communiquer. Alors, peu importe ce qui arrivera, je sais qu’elle s’en sortira!