Le piège de la comparaison

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Quand on a des enfants, une des premières choses qu’on nous dit, c’est qu’il n’y a pas un enfant pareil et de ne jamais les comparer. Je suis généralement d’accord avec ça, surtout la comparaison faite pour rabaisser ou pour seulement se vanter de nos enfants. Malgré tout, je crois que la comparaison à du bon aussi.

C’est en comparant la façon dont parlait ma fille avec celle des enfants de son âge que je me suis aperçue qu’elle avait du retard. Quand c’est ton premier enfant, tu ne sais pas trop ce qui est normal ou pas. Les gens disaient que je m’inquiétais pour rien, mais elle a quand même fini avec un diagnostic de dyspraxie verbale légère et de trouble de langage léger.

Mon fils a également un retard de langage. C’était flagrant au début, puisqu’il ne parlait pas du tout, contrairement à ma fille au même âge. Encore ici, la comparaison m’a allumée. On a donc commencé à consulter en orthophonie pour lui. Avec le temps, il a cessé de faire des otites et son langage a explosé.

Depuis janvier, les suivis avec l’orthophoniste ont été inconstants, pour toutes sortes de raisons, mais à mon avis, il évoluait encore rapidement, alors ça ne m’inquiétait pas. Après le retrait préventif de l’orthophoniste des enfants, j’ai dû chercher de nouveaux spécialistes.

Il a rencontré sa nouvelle orthophoniste cette semaine et le choc a été quand même intense pour moi. Son retard est encore important. Elle m’a parlé d’éléments qu’il aurait déjà dû maîtriser. Par exemple, les mots de trois syllabes que sa sœur a vraiment maîtrisés à 4 ans ½, alors que lui a seulement 3 ans.

Là, la comparaison m’a desservie. Pour moi, Ludo allait très bien, puisqu’il était vraiment plus avancé que sa sœur au même âge, mais j’aurais dû faire comme pour Jojo, et le comparer avec des enfants de son âge…

La comparaison a ses bons côtés et ses dangers aussi…

En attendant, je dois avaler la pilule du fait qu’on a encore un long chemin à faire…

Jojo lit… Camille veut une nouvelle famille

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camilleCamille a tout pour être heureux, mais il se plaint sans arrêt! Selon lui, sa maman lui fait trop de bisous, son papa n’a jamais le temps de jouer et sa petite sœur lui casse les oreilles. Un matin, furieux, Camille décide de partir à la recherche de la famille idéale…

Je crois beaucoup à la littérature jeunesse pour parler de situations différentes, difficiles ou particulières de façon indirecte. Lors de la lecture, je ne souligne pas à grands traits le message que le livre passe, je laisse Jojo m’en parler, et si elle ne remarque rien, tant pis, ça reste une belle histoire. Je ne sais pas si c’est l’approche idéale, mais je veux que la lecture des histoires, surtout avant le dodo, demeure un moment agréable, et non pas une avalanche de questions et de remises en question. Souvent, elle assimile la « morale » inconsciemment. Je le remarque quand elle fait des liens avec un livre lu et une situation qu’elle vit ou voit.

Dans Camille veut une nouvelle famille, on découvre toutes sortes de familles : adoptive, homoparentale, interculturelle, monoparentale, etc. Comme les personnages sont des animaux, les différences entre ces familles et une famille dite nucléaire sont atténuées, mais tout de même présente. Jojo a tout de suite remarqué les différences, sans toutefois en faire tout un plat. Je ne pense pas qu’elle ait encore tout à fait fait la transposition de l’information véhiculée dans le monde réel, mais je reste persuadée que lorsque la prise de conscience se fera, elle pensera aux animaux du livre.

Jojo dit :

Ce que j’aime, c’est qu’il y a plein de familles différentes : deux papas, un bébé oiseau, et tout le monde s’aime! C’est beau!

Camille veut une nouvelle famille
Auteur : Yann Walcker
Illustratrice : Mylène Rigaudie
Éditions Auzou

La réévaluation

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Jojo a été évalué pour la première fois à l’été 2015, alors qu’elle avait 3 ans et 9 mois. J’allais à cette évaluation quand même confiante, pensant me faire dire ce que tout le monde me disait déjà, que je m’inquiétais pour rien. Finalement, comme je l’ai raconté, Jojo a eu un prédiagnostic de dyspraxie verbale et nous sommes embarqués le train des suivis en orthophonie et par la suite en ergothérapie.

Depuis, elle a fait énormément de progrès, surtout sur son intelligibilité. Depuis jeudi dernier, on est maintenant à l’étape de la réévaluation. Joëlle va avoir 5 ans ½ en avril et elle commence l’école en septembre. Pour avoir des services, au besoin, il faut avoir un diagnostic clair. Nous en sommes donc là : est-ce que c’est vraiment une dyspraxie verbale ou seulement un retard et des difficultés praxiques?

Depuis sa première évaluation, elle a été sur la liste d’attente du CLSC. Comme son cas était trop lourd pour eux, elle a été mise sur la liste d’attente du centre hospitalier de la région. Nous n’avons jamais eu de nouvelles depuis. Comme elle va entrer à l’école bientôt, nous n’en aurons probablement pas puisqu’ils s’occupent seulement des enfants d’âge préscolaire. Si le diagnostic se confirme, nous tomberons sur la liste d’attente du centre de réadaptation de la région. Encore là, beaucoup d’attente à prévoir, mais ils pourront travailler en collaboration avec l’école.

Avant tout ça, il faut terminer la réévaluation. Lors de la première évaluation, j’étais impressionnée par le nombre de mots que Jojo connaissait et reconnaissait et j’avais fini par me convaincre que tout allait bien dans le fond. Cette fois-ci, on dirait que j’en « profite » moins. J’ai de l’expérience. Je connais les sons difficiles, je sais la prononciation qu’elle devrait avoir. Je remarque le « r » ajouté au mauvais endroit, la consonne manquante en début de mot ou le mot dit de quatre façons différentes en 3 minutes. Je commence à connaître une bonne partie du calendrier d’acquisition des sons. Je dois donc m’empêcher de trop y penser et attendre le rapport final avant de me faire une tête. Trop anticiper ne servira à rien. Mais bon, plus facile à dire qu’à faire…

Malgré tout, je suis confiante. Jojo est une vraie pie et ses difficultés ne l’ont jamais empêchée d’essayer de communiquer. C’est une de ses grandes forces : son désir immense de communiquer. Alors, peu importe ce qui arrivera, je sais qu’elle s’en sortira!

Jojo et Ludo jouent à… Little Cooperation

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littlecooperation1J’aime… non, j’adore les jeux Djeco! Ils sont toujours superbes, bien illustrés et solides. Surtout, la boîte est solide! On sait ce que ça fait deux enfants de 2 ans ½ et 5 ans avec une boîte qui ne ferme pas bien… ça l’écrase avec tout leur poids pour la fermer.

Premier avantage de ce jeu : ça se joue ensemble, en coopération. Il n’y a donc pas de compétition : tout le monde gagne, ou tout le monde perd. Aussi, il permet de pratiquer la motricité fine.

Le but du jeu : amener tous les animaux à l’igloo avant que la glace ne fasse fondre le pont. C’est un jeu qui est 80 % de hasard et 20 % de motricité à mon avis.

Chacun leur tour, les enfants lancent le dé. Il y a trois options sur le dé : le pont, l’igloo, ou la fonte.

Si on tombe sur le pont, on met un animal sur le pont. Si on tombe sur l’igloo, on prend un animal qui est sur le pont et on le met sur l’igloo. S’il n’y a pas d’animal sur le pont, on passe notre tour. Si on tombe sur la fonte, là, ça se corse, on doit enlever un des six piliers qui tient le pont. Si le pont s’effondre, on a perdu.

Alors qu’elle vieillit, je m’aperçois que Jojo aime de moins en moins les jeux où le hasard a une trop grande place. Elle veut une petitelittlecooperation2 part de contrôle, alors elle joue de moins en moins à ce jeu, sauf pour faire parler les animaux et s’inventer des univers.

De son côté, Ludo commence à avoir de l’intérêt pour tous les jeux qui impliquent de brasser un dé. La partie où il faut enlever un pilier est encore difficile pour lui, mais on l’aide.

Selon l’éditeur, c’est un jeu pour les 2 ans ½ à 5 ans. Je dirais plus 3 à 4 ans. À 2 ans ½, c’est difficile de retirer les piliers adéquatement, et à 5 ans, comme Joëlle, ça devient redondant et frustrant de se fier seulement au hasard, sans user de stratégie réelle.

Nom : Little Cooperation
Éditeur : Djeco
Âge recommandé : 2 ans ½ à 5 ans

Je lis… Manger, un jeu d’enfants

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mangerLes repas sont devenus une lutte à finir avec votre enfant? Vous trouvez qu’il ne mange pas assez? Qu’il mange trop? Qu’il est trop sélectif? Partout on vous dit que votre enfant doit manger assez de ceci, assez de cela. Partout on brandit des statistiques alarmantes sur les taux d’obésité infantile. Que faire? Lui offrir des aliments sans sucre et sans gras?

Nourrir son enfant et lui apprendre à se nourrir semblent maintenant des tâches très compliquées… Pourtant, rien n’est plus simple. Il s’agit de le laisser utiliser les réflexes de faim et de satiété qu’il a déjà à la naissance.

À la suite de mon dernier message, vous comprendrez qu’il était évident pour moi que je ne voulais pas que mes enfants développent une relation trouble avec la nourriture. C’est pour ça que j’ai lu beaucoup et que je me suis informée. Je sais que je ne suis pas la seule responsable (avec mon conjoint) de leur relation, mais je voulais quand même mettre toutes les chances de mon côté. C’est ce livre qui m’a parlé le plus, même s’il va à l’encontre de tout ce qu’on entend depuis toujours. Le principe général est simple : je décide de la qualité de ce qu’ils mangent et ils décident — toujours — de la quantité.

C’est très confrontant tout de même. Ça veut dire les laisser manger autant qu’ils veulent de poisson, de légumes, mais aussi de gâteau et de chips quand ils sont au menu ou disponibles. Ça veut aussi dire que ça se peut qu’ils ne prennent que deux bouchées de leur repas, mais qu’ils mangent trois yogourts par la suite. Parce que le droit d’avoir du dessert n’est pas relié au fait que le repas principal ait été mangé ou pas. Il n’y a pas non plus de négociation, du genre, deux bouchées de brocoli et tu as ton dessert. La seule exigence : ils doivent goûter à chaque élément du repas. Une fois que cette exigence est remplie, lorsque tout le monde a terminé son repas principal (que ce soit trois bouchées ou toute l’assiette) et qu’on sort le dessert, tout le monde y a droit et pas juste une portion si c’est ce qu’ils souhaitent. Seconde exigence : tu écoutes ta bedaine. Si tu n’as plus faim, tu n’as plus faim.

Et ça marche. Souvent, même lorsque le dessert est sorti, Ludo retourne à son plat principal. Jojo peut arrêter de manger un biscuit au chocolat après une bouchée parce que « sa bedaine a plus faim ». Avouez que vous auriez tendance à le terminer vous? Bien, moi aussi! Il n’y a pas de desserts tous les soirs, et la plupart du temps, ce sont des fruits, du yogourt ou des galettes maison. C’est sûr que c’est facile de laisser manger son enfant à sa faim quand il mange une pomme, mais c’est plus confrontant de le laisser faire quand c’est du gâteau. Les enfants, enfin, Jojo, puisque Ludo est encore jeune, est plus encline à goûter de nouvelles choses, car elle sait qu’elle ne sera pas obligée d’en manger plus d’une bouchée. Souvent, elle va dire qu’elle n’aime pas ça, mais la fois suivante, elle en mangera encore une bouchée et, graduellement, elle en mangera plus, ou pas. On a tous nos goûts!

Ce n’est pas une recette miracle et je ne suis pas certaine d’appliquer la philosophie du livre au complet correctement, mais je ne vois que du positif pour le moment. Mes enfants mangent de tout, à leur faim, et savent écouter leur satiété, et c’est ce dernier aspect que je trouve le plus important. Je ne m’inquiète pas quand ils soupent à peine, car je sais qu’ils ont mangé beaucoup à la garderie le midi, c’est normal qu’ils aient moins faim.

Bref, je recommande!

Manger, un jeu d’enfants
Auteures : Guylaine Guevremont et Marie-Claude Lortie
Éditions La Presse

Semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires 2017

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Du 1er au 7 février 2017, c’est la Semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires et c’est important pour moi d’en parler.

Même si je ne le crie pas sur tous les toits, je souffre d’un trouble alimentaire, l’hyperphagie boulimique. C’est un trouble beaucoup moins connu que l’anorexie et la boulimie, mais pourtant plus fréquent.

J’ai pris conscience de mon problème peu après ma première grossesse. J’avais mis toutes les chances de mon côté pour prendre ma santé en mains : programme alimentaire équilibré, programme d’entraînement avec que des choses que j’aimais faire, etc. Pourtant, rien ne semblait fonctionner. Alors que j’étais reconnue pour ma persévérance autant dans ma vie personnelle que dans ma vie professionnelle, je semblais manquer de volonté pour ma santé. J’ai décidé de consulter une psychologue qui a mis des mots sur ma souffrance : l’hyperphagie.

J’ai consulté quelques semaines, mais les méthodes de la psychologue ne me mettaient pas à l’aise. Même si j’avais des résultats (diminution des rages), j’anticipais de plus en plus les thérapies parce que j’étais mal à l’aise. Enceinte de mon deuxième enfant, j’ai cessé d’aller en thérapie parce que celle-ci me causait plus de stress que de bienfaits.

Après mon deuxième accouchement, j’étais plus motivée que jamais. J’ai engagé un entraîneur privé qui venait me voir à la maison aux deux semaines et malgré les difficultés avec mon fils, je m’entraînais régulièrement. C’est à ce moment que j’ai commencé à compter les calories. J’avais des résultats sur la balance (les seuls résultats qui m’intéressaient), mais je devenais de plus en plus obsédée. Je ne perdais plus de poids, je perdais ma motivation et j’ai replongé tête première dans les rages alimentaires. Je me cachais pour manger de grosses quantités et j’avais honte. J’avais honte également de l’argent que je dépensais pour un entraînement qui ne donnait plus de résultats. D’ailleurs, à ce moment-là, on commençait à consulter pour le retard langagier de ma fille et j’avais l’impression de gaspiller de l’argent qui pourrait lui être plus utile.

J’ai cessé l’entraînement, cessé de compter les calories et la balance a commencé à monter, monter, tout comme ma culpabilité. Grâce au programme d’aide aux employés de mon employeur, j’ai décidé de retourner consulter un psychologue, tout en me promettant de trouver quelqu’un avec qui je me sentirais à l’aise. J’ai trouvé une psychologue qui avait de l’expérience dans les troubles alimentaires, je lui ai expliqué pourquoi je n’avais pas aimé ma première thérapie et ça a cliqué. J’allais la voir aux deux semaines et, bizarrement, jamais, ou presque, on ne parlait de ma relation avec la nourriture, mais plutôt des émotions sous-jacentes. Graduellement, les crises ont diminué jusqu’à quasiment disparaître. Rendu-là, j’étais encore en conflit avec ma balance. Même si je n’avais plus de rages, je voulais améliorer ma santé.

Après quelques mois, j’ai également consulté une nutritionniste qui était spécialisée dans les troubles alimentaires. Je dois avouer que j’y allais à reculons. J’avais peur qu’elle me dise de manger ci, et ça, et surtout pas ça, et que ça me replonge dans mes crises. J’ai été surprise de son approche où il n’y avait aucun interdit. Au début, je devais juste changer de petites choses.

Au fil des mois, en alternant la psychologue et la nutritionniste, mon alimentation s’est améliorée, les crises étaient chose du passé, mais la balance ne bougeait toujours pas.

J’en suis là. Les crises sont encore du passé, mais je suis encore fragile. À cause des thérapies des enfants, j’ai dû mettre un terme à mes rencontres avec la psychologue et la nutritionniste, du moins, jusqu’à ce que j’aie droit à nouveau au programme d’aide aux employés.

Malgré tous mes efforts, ça ne paraît pas. Je trouve encore difficile de me faire dire de juste arrêter de manger et que ça va régler mon problème. Parfois, j’aimerais mieux être accro à la une drogue ou à l’alcool, au moins, je pourrais couper complètement, alors que la nourriture est essentielle à la vie.

Je n’abandonne pas.

En attendant, avant de faire un commentaire sur l’apparence, le poids (que ce soit le surpoids ou la minceur) de quelqu’un ou sur ce qu’il mange, tournez votre langue sept fois dans votre bouche et parlez dont de la météo, ça n’a jamais fait de mal à personne ça.

Jojo lit… Vers l’école, je m’envole

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vers-l-ecole-je-m-envole1Un voyage en montgolfière avec ses amis, une visite à l’école maternelle des oursons et une grande fête de graduation organisée par son éducatrice, voilà une journée que notre petit héros n’est pas prêt d’oublier!

Dire que Joëlle a hâte de commencer l’école, ce serait un euphémisme. Elle voudrait tellement que ce soit demain le début des classes. Née en octobre, elle doit attendre un peu plus longtemps que plusieurs de ses amis et depuis le retour des fêtes, ça se fait sentir. Elle parle de l’école tous les jours, elle s’est même inventé deux amis imaginaires qui vont à l’école et qui lui racontent leurs journées.

Ce livre est donc arrivé à un bon moment, grâce aux bons soins du père Noël. L’histoire est très simple : les amis finissants d’une garderie s’envolent en ballon pour visiter la maternelle des oursons. La routine de cette maternelle ressemble à celles que les enfants auront probablement lorsqu’ils iront au préscolaire.

Toutefois, ce qui a le plus fasciné Joëlle, c’est que c’est une histoire personnalisable. L’héroïne a son prénom, les noms d’amis de son groupe s’y trouvent, ainsi que son éducatrice et le nom de sa garderie. Depuis qu’on l’a lu avec elle pour la première fois, elle veut le relire régulièrement et ça rassasie, pour le moment, son envie d’aller à l’école.

Jojo dit :

C’est mon histoire! C’est ma garderie! Il y a même Mme X (l’éducatrice) dedans! Je veux aller à la maternelle des oursons, tout de suite!

Vers l’école, je m’envole
Auteure : Isabelle Leblanc
Illustratrice : Nathalie Thomas
Éditions Chapeau Melon