Tout un début de vie pour un petit bonhomme souriant

Ludo est un taquin, qui a les yeux rieurs et le sourire facile. Pourtant, les 10 premiers mois de sa vie ont été difficiles. C’est fou comme ça me paraît tellement loin et tellement hier à la fois.

Comme j’en ai déjà parlé, je n’ai pas allaité Ludo. Rapidement, on a vu qu’il avait un inconfort lors de ses boires. Il hurlait de faim et quand on le nourrissait, il lâchait régulièrement le biberon pour hurler de plus belle. Premier suivi avec le pédiatre, le diagnostic vient rapidement : reflux. On commence donc un premier médicament qui ne fait pas effet. On va voir la nouvelle pédiatre (l’autre ayant pris sa retraite) et on essaie un nouveau médicament. Il y a une amélioration, mais elle est légère. Ludo hurle sa vie 20 h sur 24. Il a maintenant 4 mois. On a essayé 4 médicaments contre le reflux sans beaucoup de succès. On essaie alors un nouveau lait, puisque la pédiatre soupçonne une intolérance aux protéines bovines. On voit une amélioration, mais ce n’est pas encore parfait. On change encore de lait pour le Neocate. En 24 h, c’est un nouveau bébé! Wow, plus de douleurs!

Mais il a maintenant 5 mois ½, c’est le temps d’introduire les céréales (eh oui, on est old school, on n’a pas changé une recette gagnante). Le riz passe super bien. On commence l’avoine : crampes épouvantables. L’orge : encore des crampes… On revient aux céréales de riz, mais seulement les Healthy Times, car les autres sortes ont soit du lait, soit des traces de blé, d’orge ou d’avoine et Ludo réagit x 1000. C’est l’accalmie. Les légumes passent bien, tout comme les fruits. Vient alors l’introduction de la viande. Évidemment, on évite le bœuf, mais Ludo réagit également au porc et à l’agneau. Vive le poulet!

C’est une période difficile. On a l’impression de jouer à la roulette russe chaque fois qu’on introduit un nouvel aliment. On est référé en gastroentérologie à Sainte-Justine et la médecin qui me reçoit est sceptique et ne me croit pas. Pour elle, j’exagère les maux de mon bébé. Elle me demande carrément pourquoi je veux tellement que mon bébé ait la maladie cœliaque. Je suis bouche bée. Je vais là pour avoir de l’aide et des conseils et on m’accuse d’inventer. Je suis épuisée, mon bébé ne dort pas plus de 45 minutes à la fois parce qu’il a mal et ça me tue de le voir souffrir ainsi.

Finalement, on s’arrange tout seul. Entre temps, Ludovic commence à faire des otites à répétition, de ses 9 mois jusqu’à ses 2 ans, il fera des otites aux 3 semaines, malgré la pose de tubes à 14 mois.

On élimine tout ce qui le fait réagir de son alimentation (protéines bovines, blé, avoine, orge, agneau et porc) jusqu’à 12 mois. À 1 an, je teste les protéines bovines et ça ne passe pas. Finalement, à 14 mois, je réussis à réintégrer chaque aliment et il n’a maintenant plus aucune intolérance alimentaire, qu’elles soient réelles ou dans ma tête ;).

Le temps qu’on trouve la cause de tous ses maux, il aura quand même souffert pratiquement tous les jours pendant au moins les 10 premiers mois de sa vie, et ce, seulement parce qu’il devait se nourrir…

Jojo et Ludo jouent à… Choco

chocoLes jeux de mémoire sont des classiques pour les enfants. Celui-ci est un peu différent et les enfants comprennent très rapidement le but du jeu et la gestion d’une légère frustration.

Il y a 16 chocolats sous lesquels il y a des cerises et des cacahuètes. Sous l’un d’eux, il y a une chenille (ou une mouche, dépendant la version que vous avez).

À tour de rôle, on brasse le dé (qui est brillamment encapsulé dans un pop up, comme pour le jeu Trouble, donc, difficile à perdre). On doit alors trouver une cacahuète ou une cerise. Si on trouve ce qu’il y a sur notre dé, on garde le chocolat et on rejoue. Si on ne trouve pas, on montre le chocolat à tout le monde et on le remet au même endroit.

Si on trouve la chenille, c’est là que ça se corse, on remet un chocolat qu’on avait déjà trouvé et on mélange tous les chocolats restants. Les enfants trouvent difficile de redonner un chocolat, mais ça se passe quand même bien.

Selon l’éditeur, c’est un jeu pour les 3 ans et plus. On a commencé à jouer récemment avec Ludo qui a 2 ans ½ et il a très bien compris le but du jeu. À 5 ans, Jojo commence à trouver que ça manque de défi, mais leur orthophoniste l’utilise en thérapie et c’est quand même bien utile comme jeu de renforcement.

Ajout : c’est également un jeu auquel ils peuvent jouer ensemble sans l’intervention d’un adulte. Ça c’est gagnant!

Comme premier jeu de société classique, c’est parfait.

Nom : Choco
Éditeur : Ludic
Âge recommandé : 3 ans et plus

Jojo lit… Chester

chesterChester, un chat égoïste et imbu de lui-même s’est injustement approprié l’histoire de souris de Mélanie Watt. Il préfère parler de lui-même; il se croit si intelligent! Une histoire à son sujet? Mélanie s’en charge, que ça plaise ou non à Chester!

J’ai découvert Chester (et Frisson l’Écureuil) avant d’avoir des enfants et c’était clair pour moi que j’allais leur faire découvrir un jour. Même en tant qu’adulte, j’adore les histoires, la façon qu’a Chester de s’inviter dans l’histoire et comment l’auteure devient partie intégrante du livre. J’étais tellement contente quand Jojo a reçu son premier Chester, mais j’ai un peu déchanté. C’est que c’est un peu difficile à lire à un enfant. Je crois que c’est plutôt le genre d’histoire qu’on apprécie davantage quand on peut la lire nous-mêmes et voir toutes les subtilités dans les images et les textes. Ça n’empêche pas Joëlle et moi d’avoir beaucoup de plaisir à la lecture de ce livre, même qu’elle découvre de nouvelles frasques de Chester à chaque lecture. Je crois que c’est un livre qui vieillira bien avec elle et qu’elle pourra se l’approprier de plus en plus.

Joëlle dit :

Le chat est drôle. Il est coquin. Il veut jamais qu’on écoute l’histoire de la souris et il barbouille partout. Il est pas content d’être en tutu!

On recommande!

Chester
Auteure et illustratrice : Mélanie Watt
Éditeur : Scholastic

Ces jours-là

Ces jours-là, comme tous les autres jours, je me lève à 4 h 45. Je quitte à 5 h 20 sans avoir vu les enfants. J’arrive au bureau à 6 h 45 et j’attends leur appel à 7 h 45. En route vers la garderie, ils me racontent leur nuit et les dernières bêtises de Grelot le lutin coquin.

Ces jours-là, comme tous les autres jours, je quitte le travail à 15 h 15 et j’ai hâte de les voir pour la première fois de la journée.

Ces jours-là, j’arrive à la garderie à 17 h 15 et je suis accueillie par un « Non maman, pas déjà » que j’essaie de prendre positivement comme la preuve qu’ils sont bien dans leur milieu de garde.

Ces jours-là, Jojo a la tête partout, sauf à s’habiller. Elle part dans la lune entre deux bottes et oublie ce qu’elle fait pour regarder ce que les autres font, c’est-à-dire, s’habiller comme elle devrait être en train de faire.

Ces jours-là, Ludo me fait la crise de la roche qui tue. Aucune coopération, enlève une botte pendant que je mets l’autre. Enlève les deux bottes pendant que je vais chercher la tuque qu’il a lancée au loin. Je dois alors l’habiller de force pendant qu’il hurle sa vie et ses poumons.

Ces jours-là, je dois avoir les yeux tout le tour de la fête parce que Jojo ne reste pas derrière la voiture pendant que j’essaie d’installer la barre de fer, soit son frère, dans son siège d’auto.

Ces jours-là, l’accalmie s’installe dans la voiture pendant qu’on écoute les saintes Petites tounes.

Ces jours-là, l’enfer recommence une fois dans la maison, car ces enfants-là sont affamés, que dis-je, ils sont en train de s’autodigérer. Ça crie, ça hurle, ça rechigne sur la collation, ça rechigne sur le souper, sur le dessert, sur la couleur de l’assiette.

Ces jours-là, je passe la journée à avoir hâte de les voir et la soirée à avoir hâte qu’ils se couchent et je me sens cheap.

Ces jours-là vont passer et s’espacer dans le temps, mais en attendant, ces jours-là font mal. Heureusement, ces jours-là ne sont pas quotidiens.

Cette enfant, c’est la mienne

Ces deux derniers mois, cette enfant, celle qui a tenu par deux fois des propos discriminatoires à la garderie, ce fut la mienne.

La première fois, stupéfaite, perplexe, je ne pouvais pas le croire. Aucun adulte n’avait entendu les paroles, c’était donc la parole d’une enfant de 5 ans contre celle d’une autre enfant de 5 ans. Dans le doute, nous sommes intervenus tout de même.

La deuxième fois, aucun doute possible : l’éducatrice l’a entendue. Elle n’a pas entendu le début de la conversation, mais les paroles de ma fille étaient sans équivoque.

Je suis tombée des nues. Ma fille n’a jamais tenu ces propos devant nous. Nous ne connaissons et ne côtoyons personne qui tient de tels propos. Comment intervenir? Comment ne pas penser à la petite fille qui a été blessée par les propos de ma fille?

Mes actions sont limitées, puisque je n’ai pas été témoin de la chose et que ça ne s’est jamais produit en ma présence, mais elles sont là.

Encore une discussion sur les différences, sur les mots « méchants » qui font mal, sur les façons positives d’aborder un conflit quand il arrive. On sort les livres, les allégories, les histoires.

Malgré tout, j’ai peur. Ma petite fille de 5 ans tient des propos qui ne sont pas de son âge et dont elle ne comprend visiblement pas la portée. Alors j’ai peur des autres, ceux qui pourraient lui porter de mauvaises attentions qu’elle n’a pas. Peur que la maman de l’autre petite fille croie que ses paroles viennent de nous, qu’elle ne fait que les répéter. Peur que ma fille soit étiquetée, elle qui n’a jamais eu un mauvais mot à son cahier depuis son entrée à la garderie.

Ma fille n’est pas parfaite, mais ses propos ne reflètent pas la personne qu’elle est, croyez-moi.

Jojo lit… Fourchon

fourchonSa maman est une cuillère. Son papa est une fourchette. Lui, il est un peu des deux. Voici Fourchon!

Fourchon détonne. Dans sa cuisine, les cuillères sont des cuillères et les fourchettes sont des fourchettes. On ne se mêle pas aux autres. Il a beau tenter de passer pour une cuillère, puis pour une fourchette, Fourchon n’est jamais choisi lorsque vient le temps de se mettre à table.

Il semble condamné à un destin de tiroir… jusqu’à l’arrivée, un beau jour, d’une chose malpropre qui ne se soucie pas des coutumes de la coutellerie. Fourchon trouvera-t-il enfin sa place à table?

Coup de foudre instantané pour cet album, autant de ma part que de celle de Joëlle. Le thème de la différence raisonne très fort chez moi (j’en reparlerai cette semaine) et je trouve que cet album l’aborde de belle façon. Les illustrations sont superbes, sobres et loin du tape-à-l’œil fréquent dans le livre pour enfants. Ça me donne envie de découvrir d’autres livres illustrés par Isabelle Arsenault. De son côté, Joëlle n’a pas été convaincue du premier abord par les illustrations, mais y a pris goût au fil des lectures.

Commentaires de Joëlle, 5 ans (attention elle révèle une partie de l’intrigue) :

J’aime l’histoire parce que fourchon est pas comme les autres. Il est rond et pointu. En plus, il y a un bébé qui lance de la nourriture partout et j’aime ça les bébés.

Bref, on le recommande!

Fourchon
Auteure : Kyo Maclear
Illustratrice : Isabelle Arsenault
Éditeur : La Pastèque

La lecture en cadeau

J’adore lire et c’est quelque chose que je veux transmettre à mes enfants. D’ailleurs, ils ont beaucoup – jamais trop – de livres. Je me souviens, quand j’étais jeune ado, je faisais du bénévolat à mon ancienne école primaire, et ce que je préférais, c’était placer les livres dans les bibliothèques des classes. En fait, je lisais tous les livres que je mettais sur les tablettes. Pas très efficace, mais j’adorais ça, même si je n’étais plus dans le public cible des albums depuis longtemps.

Souvent, à Pâques, à l’Halloween, à Noël, à la place d’offrir du chocolat, on offre un livre thématique et les enfants en redemandent.

Pour le Noël de ses 2 ans, on avait offert à Joëlle un abonnement à Popi. Ce fut un gros succès. Depuis, elle a été abonnée à Popi jusqu’à 3 ans, et nous sommes ensuite passés à Pomme d’Api. Ça fait partie du cadeau de Noël, un abonnement. Elle attend toujours avec impatience sa revue et elle a hâte de se coucher pour lire sa revue. Cette année, c’est Ludo qui a eu son premier abonnement à Popi. Il a reçu son premier exemplaire la semaine dernière et on doit le lire tous les jours, il ne parle que de Popi et Petit Ours Brun. C’est court, alors on le lit au complet chaque fois. Un autre succès!

Je crois que c’est quelque chose auquel on ne pense pas assez, offrir un abonnement à une revue. C’est un cadeau qui dure toute l’année, c’est un plaisir renouvelé et les enfants adorent recevoir du courrier. Il y a plusieurs belles revues pour enfants, ça vaut la peine de les découvrir, plutôt que d’offrir un autre jouet.

Au fil de mes textes, vous découvrirez à quel point c’est important pour moi d’exposer mes enfants à plusieurs formes d’arts, de différentes façons.

J’inaugurerai bientôt les catégories Jojo et Ludo découvrent et Jojo et Ludo lisent. Pour le moment, c’est surtout Joëlle qui vous expliquera dans ses mots ce qu’elle aime de certains livres, films, pièces qu’on voit. Je compléterai avec mes propres impressions.

C’est ce soir que ça se passe!

C’est ce soir qu’avait lieu la course trimestrielle. La course pendant laquelle je n’ai pas de pitié pour mes concitoyens et concitoyennes. Le départ était à 18 h et l’objectif : avoir une des cinq places dans le cours de natation des Crocodiles et avoir en même temps une place dans le cours des Tortues de mer.

J’arrive à la garderie à 17 h 20. Allez hop, pas le temps de perdre du temps, on s’habille (première semaine avec les vêtements d’hiver, c’est pénible). On s’entasse dans la voiture (siège d’auto et manteau d’hiver = enfer). On arrive à la maison à 17 h 40. On se déshabille et direction sous-sol. Mon ordinateur est fraîchement redémarré, ma connexion internet fonctionne (j’ai déjà perdu mon tour pour un internet qui flanche au moment du paiement…). Je suis prête!

Pendant ce temps, Joëlle ne comprend pas la notion d’inscription et répète ad nauseam qu’elle ne veut pas aller à la natation ce soir. Ludo, de son côté, boude, immobile, étendu face contre terre (le bacon, il ne connaît pas, il préfère la version roche, ça demande moins d’énergie). Monsieur a faim, que dire, il est affamé, et répète en boucle Mium mium, mium mium. C’est vrai qu’après quatre bols de pâtes à la garderie ce midi, deux portions de collation à 15 h 30, les deux ficellos qu’il a eus à son arrivée sont tombés dans le vide abyssal de son estomac.

Insensible à mon fils qui est en train de mourir de faim (et qui, dans 10 minutes, dira qu’il n’a plus faim après 1 bouchée 1/2), je suis prête, au bout de ma souris.

Ça y est, je sors mon arme secrète! J’ai découvert la dernière fois que le système ouvrait à 17 h 57, et non seulement à 18 h. Alors GOOOOOOOOOOOOOOOO!

Clic, clic, clic, Mastercard, re-clic! VICTOIREEEEEEE!

Mon crocodile et ma tortue de mer barboteront en même temps le dimanche à 11 h!

Maintenant, allons nourrir les affamés…

Abracadabra

En attendant que le transfert soit terminé et optimal, un autre mot d’esprit de poulette :

Joëlle : Maman, une fille magicien, c’est une magichiante?