Jojo et Ludo jouent à… Little Cooperation

littlecooperation1J’aime… non, j’adore les jeux Djeco! Ils sont toujours superbes, bien illustrés et solides. Surtout, la boîte est solide! On sait ce que ça fait deux enfants de 2 ans ½ et 5 ans avec une boîte qui ne ferme pas bien… ça l’écrase avec tout leur poids pour la fermer.

Premier avantage de ce jeu : ça se joue ensemble, en coopération. Il n’y a donc pas de compétition : tout le monde gagne, ou tout le monde perd. Aussi, il permet de pratiquer la motricité fine.

Le but du jeu : amener tous les animaux à l’igloo avant que la glace ne fasse fondre le pont. C’est un jeu qui est 80 % de hasard et 20 % de motricité à mon avis.

Chacun leur tour, les enfants lancent le dé. Il y a trois options sur le dé : le pont, l’igloo, ou la fonte.

Si on tombe sur le pont, on met un animal sur le pont. Si on tombe sur l’igloo, on prend un animal qui est sur le pont et on le met sur l’igloo. S’il n’y a pas d’animal sur le pont, on passe notre tour. Si on tombe sur la fonte, là, ça se corse, on doit enlever un des six piliers qui tient le pont. Si le pont s’effondre, on a perdu.

Alors qu’elle vieillit, je m’aperçois que Jojo aime de moins en moins les jeux où le hasard a une trop grande place. Elle veut une petitelittlecooperation2 part de contrôle, alors elle joue de moins en moins à ce jeu, sauf pour faire parler les animaux et s’inventer des univers.

De son côté, Ludo commence à avoir de l’intérêt pour tous les jeux qui impliquent de brasser un dé. La partie où il faut enlever un pilier est encore difficile pour lui, mais on l’aide.

Selon l’éditeur, c’est un jeu pour les 2 ans ½ à 5 ans. Je dirais plus 3 à 4 ans. À 2 ans ½, c’est difficile de retirer les piliers adéquatement, et à 5 ans, comme Joëlle, ça devient redondant et frustrant de se fier seulement au hasard, sans user de stratégie réelle.

Nom : Little Cooperation
Éditeur : Djeco
Âge recommandé : 2 ans ½ à 5 ans

Je lis… Manger, un jeu d’enfants

mangerLes repas sont devenus une lutte à finir avec votre enfant? Vous trouvez qu’il ne mange pas assez? Qu’il mange trop? Qu’il est trop sélectif? Partout on vous dit que votre enfant doit manger assez de ceci, assez de cela. Partout on brandit des statistiques alarmantes sur les taux d’obésité infantile. Que faire? Lui offrir des aliments sans sucre et sans gras?

Nourrir son enfant et lui apprendre à se nourrir semblent maintenant des tâches très compliquées… Pourtant, rien n’est plus simple. Il s’agit de le laisser utiliser les réflexes de faim et de satiété qu’il a déjà à la naissance.

À la suite de mon dernier message, vous comprendrez qu’il était évident pour moi que je ne voulais pas que mes enfants développent une relation trouble avec la nourriture. C’est pour ça que j’ai lu beaucoup et que je me suis informée. Je sais que je ne suis pas la seule responsable (avec mon conjoint) de leur relation, mais je voulais quand même mettre toutes les chances de mon côté. C’est ce livre qui m’a parlé le plus, même s’il va à l’encontre de tout ce qu’on entend depuis toujours. Le principe général est simple : je décide de la qualité de ce qu’ils mangent et ils décident — toujours — de la quantité.

C’est très confrontant tout de même. Ça veut dire les laisser manger autant qu’ils veulent de poisson, de légumes, mais aussi de gâteau et de chips quand ils sont au menu ou disponibles. Ça veut aussi dire que ça se peut qu’ils ne prennent que deux bouchées de leur repas, mais qu’ils mangent trois yogourts par la suite. Parce que le droit d’avoir du dessert n’est pas relié au fait que le repas principal ait été mangé ou pas. Il n’y a pas non plus de négociation, du genre, deux bouchées de brocoli et tu as ton dessert. La seule exigence : ils doivent goûter à chaque élément du repas. Une fois que cette exigence est remplie, lorsque tout le monde a terminé son repas principal (que ce soit trois bouchées ou toute l’assiette) et qu’on sort le dessert, tout le monde y a droit et pas juste une portion si c’est ce qu’ils souhaitent. Seconde exigence : tu écoutes ta bedaine. Si tu n’as plus faim, tu n’as plus faim.

Et ça marche. Souvent, même lorsque le dessert est sorti, Ludo retourne à son plat principal. Jojo peut arrêter de manger un biscuit au chocolat après une bouchée parce que « sa bedaine a plus faim ». Avouez que vous auriez tendance à le terminer vous? Bien, moi aussi! Il n’y a pas de desserts tous les soirs, et la plupart du temps, ce sont des fruits, du yogourt ou des galettes maison. C’est sûr que c’est facile de laisser manger son enfant à sa faim quand il mange une pomme, mais c’est plus confrontant de le laisser faire quand c’est du gâteau. Les enfants, enfin, Jojo, puisque Ludo est encore jeune, est plus encline à goûter de nouvelles choses, car elle sait qu’elle ne sera pas obligée d’en manger plus d’une bouchée. Souvent, elle va dire qu’elle n’aime pas ça, mais la fois suivante, elle en mangera encore une bouchée et, graduellement, elle en mangera plus, ou pas. On a tous nos goûts!

Ce n’est pas une recette miracle et je ne suis pas certaine d’appliquer la philosophie du livre au complet correctement, mais je ne vois que du positif pour le moment. Mes enfants mangent de tout, à leur faim, et savent écouter leur satiété, et c’est ce dernier aspect que je trouve le plus important. Je ne m’inquiète pas quand ils soupent à peine, car je sais qu’ils ont mangé beaucoup à la garderie le midi, c’est normal qu’ils aient moins faim.

Bref, je recommande!

Manger, un jeu d’enfants
Auteures : Guylaine Guevremont et Marie-Claude Lortie
Éditions La Presse

Semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires 2017

Du 1er au 7 février 2017, c’est la Semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires et c’est important pour moi d’en parler.

Même si je ne le crie pas sur tous les toits, je souffre d’un trouble alimentaire, l’hyperphagie boulimique. C’est un trouble beaucoup moins connu que l’anorexie et la boulimie, mais pourtant plus fréquent.

J’ai pris conscience de mon problème peu après ma première grossesse. J’avais mis toutes les chances de mon côté pour prendre ma santé en mains : programme alimentaire équilibré, programme d’entraînement avec que des choses que j’aimais faire, etc. Pourtant, rien ne semblait fonctionner. Alors que j’étais reconnue pour ma persévérance autant dans ma vie personnelle que dans ma vie professionnelle, je semblais manquer de volonté pour ma santé. J’ai décidé de consulter une psychologue qui a mis des mots sur ma souffrance : l’hyperphagie.

J’ai consulté quelques semaines, mais les méthodes de la psychologue ne me mettaient pas à l’aise. Même si j’avais des résultats (diminution des rages), j’anticipais de plus en plus les thérapies parce que j’étais mal à l’aise. Enceinte de mon deuxième enfant, j’ai cessé d’aller en thérapie parce que celle-ci me causait plus de stress que de bienfaits.

Après mon deuxième accouchement, j’étais plus motivée que jamais. J’ai engagé un entraîneur privé qui venait me voir à la maison aux deux semaines et malgré les difficultés avec mon fils, je m’entraînais régulièrement. C’est à ce moment que j’ai commencé à compter les calories. J’avais des résultats sur la balance (les seuls résultats qui m’intéressaient), mais je devenais de plus en plus obsédée. Je ne perdais plus de poids, je perdais ma motivation et j’ai replongé tête première dans les rages alimentaires. Je me cachais pour manger de grosses quantités et j’avais honte. J’avais honte également de l’argent que je dépensais pour un entraînement qui ne donnait plus de résultats. D’ailleurs, à ce moment-là, on commençait à consulter pour le retard langagier de ma fille et j’avais l’impression de gaspiller de l’argent qui pourrait lui être plus utile.

J’ai cessé l’entraînement, cessé de compter les calories et la balance a commencé à monter, monter, tout comme ma culpabilité. Grâce au programme d’aide aux employés de mon employeur, j’ai décidé de retourner consulter un psychologue, tout en me promettant de trouver quelqu’un avec qui je me sentirais à l’aise. J’ai trouvé une psychologue qui avait de l’expérience dans les troubles alimentaires, je lui ai expliqué pourquoi je n’avais pas aimé ma première thérapie et ça a cliqué. J’allais la voir aux deux semaines et, bizarrement, jamais, ou presque, on ne parlait de ma relation avec la nourriture, mais plutôt des émotions sous-jacentes. Graduellement, les crises ont diminué jusqu’à quasiment disparaître. Rendu-là, j’étais encore en conflit avec ma balance. Même si je n’avais plus de rages, je voulais améliorer ma santé.

Après quelques mois, j’ai également consulté une nutritionniste qui était spécialisée dans les troubles alimentaires. Je dois avouer que j’y allais à reculons. J’avais peur qu’elle me dise de manger ci, et ça, et surtout pas ça, et que ça me replonge dans mes crises. J’ai été surprise de son approche où il n’y avait aucun interdit. Au début, je devais juste changer de petites choses.

Au fil des mois, en alternant la psychologue et la nutritionniste, mon alimentation s’est améliorée, les crises étaient chose du passé, mais la balance ne bougeait toujours pas.

J’en suis là. Les crises sont encore du passé, mais je suis encore fragile. À cause des thérapies des enfants, j’ai dû mettre un terme à mes rencontres avec la psychologue et la nutritionniste, du moins, jusqu’à ce que j’aie droit à nouveau au programme d’aide aux employés.

Malgré tous mes efforts, ça ne paraît pas. Je trouve encore difficile de me faire dire de juste arrêter de manger et que ça va régler mon problème. Parfois, j’aimerais mieux être accro à la une drogue ou à l’alcool, au moins, je pourrais couper complètement, alors que la nourriture est essentielle à la vie.

Je n’abandonne pas.

En attendant, avant de faire un commentaire sur l’apparence, le poids (que ce soit le surpoids ou la minceur) de quelqu’un ou sur ce qu’il mange, tournez votre langue sept fois dans votre bouche et parlez dont de la météo, ça n’a jamais fait de mal à personne ça.

Jojo lit… Vers l’école, je m’envole

vers-l-ecole-je-m-envole1Un voyage en montgolfière avec ses amis, une visite à l’école maternelle des oursons et une grande fête de graduation organisée par son éducatrice, voilà une journée que notre petit héros n’est pas prêt d’oublier!

Dire que Joëlle a hâte de commencer l’école, ce serait un euphémisme. Elle voudrait tellement que ce soit demain le début des classes. Née en octobre, elle doit attendre un peu plus longtemps que plusieurs de ses amis et depuis le retour des fêtes, ça se fait sentir. Elle parle de l’école tous les jours, elle s’est même inventé deux amis imaginaires qui vont à l’école et qui lui racontent leurs journées.

Ce livre est donc arrivé à un bon moment, grâce aux bons soins du père Noël. L’histoire est très simple : les amis finissants d’une garderie s’envolent en ballon pour visiter la maternelle des oursons. La routine de cette maternelle ressemble à celles que les enfants auront probablement lorsqu’ils iront au préscolaire.

Toutefois, ce qui a le plus fasciné Joëlle, c’est que c’est une histoire personnalisable. L’héroïne a son prénom, les noms d’amis de son groupe s’y trouvent, ainsi que son éducatrice et le nom de sa garderie. Depuis qu’on l’a lu avec elle pour la première fois, elle veut le relire régulièrement et ça rassasie, pour le moment, son envie d’aller à l’école.

Jojo dit :

C’est mon histoire! C’est ma garderie! Il y a même Mme X (l’éducatrice) dedans! Je veux aller à la maternelle des oursons, tout de suite!

Vers l’école, je m’envole
Auteure : Isabelle Leblanc
Illustratrice : Nathalie Thomas
Éditions Chapeau Melon

New York, New York

À la radio, les nouvelles parlent des embouteillages à New York.

Joëlle : pourquoi ils parlent de la chanson de Noël? C’est fini Noël!

Moi : euh, quelle chanson de Noël?

Jojo : Ben ouiiiii! « Allez New York, allez New York, allez neeeeew york » (à chanter sur l’air de Hallelujah de Leonard Cohen – et oui, pour elle c’est une chanson de Noël…)

Laisser le choix

J’ai une fille et un garçon (le sacro-saint couple). J’aime à penser que je suis équitable et que je n’ai pas — ou pas trop du moins — d’idées préétablies sur ce qu’une fille ou un garçon devrait faire, aimer ou porter.

Jojo est l’aînée et depuis le début, nous lui avons donné une certaine liberté dans ses choix. Elle a des goûts diversifiés dans plusieurs domaines et nous lui avons toujours dit que ses limites étaient ses goûts, et non pas son sexe. Si bien qu’elle aime autant Hello Kitty, que Spiderman, les princesses, que les dragons. Je me souviendrai toujours : elle a 3 ans et on va lui acheter des bottes de pluie. Elle se dirige spontanément vers les bottes bleues avec les personnages de Monsters Inc. Elle les essaie, c’est le coup de foudre, alors je dis à la vendeuse qu’on les prend. Celle-ci me demande discrètement si je veux qu’elle mette les bottes avec des princesses dans la boîte à la place de celles choisies par ma fille. Je suis interloquée. J’avoue que je n’ai pas su quoi répondre, parce que c’était évident pour moi qu’on allait choisir les bottes que ma fille voulait, point à la ligne. D’ailleurs, l’année suivante, nous sommes allées ailleurs pour ses bottes de Spiderman et pour les bottes fleuries de cette année.

Bref, on donne le choix à Jojo et on suit ses goûts. Vous auriez dû d’ailleurs voir son visage quand elle a eu une veste de Spiderman avec un capuchon qui cache les yeux à Noël.

Ludovic va bientôt commencer à montrer ses préférences aussi et on veut appliquer la même philosophie pour lui. Mais même nous, on se dit que ça va être plus difficile avec lui, et pourtant on veut. Pourquoi le malaise sera plus grand s’il décide qu’il veut les bottes de pluie avec des princesses que lorsque Jojo a décidé qu’elle avait celles de Spiderman? Même nous on a du mal à se l’expliquer. Comme si c’était correct pour Jojo d’être attiré par ce que la société considère plus pour les garçons, mais que ce ne le serait pas si Ludo l’est par ce qui est considéré plus pour les filles?

C’est là qu’on voit que l’influence est forte, même quand on en est conscient et qu’on veut la changer.

Malgré tout, ce sera Ludo qui décidera et ce sera à nous de vivre avec nos propres contradictions et à grandir à travers cela.

Tout un début de vie pour un petit bonhomme souriant

Ludo est un taquin, qui a les yeux rieurs et le sourire facile. Pourtant, les 10 premiers mois de sa vie ont été difficiles. C’est fou comme ça me paraît tellement loin et tellement hier à la fois.

Comme j’en ai déjà parlé, je n’ai pas allaité Ludo. Rapidement, on a vu qu’il avait un inconfort lors de ses boires. Il hurlait de faim et quand on le nourrissait, il lâchait régulièrement le biberon pour hurler de plus belle. Premier suivi avec le pédiatre, le diagnostic vient rapidement : reflux. On commence donc un premier médicament qui ne fait pas effet. On va voir la nouvelle pédiatre (l’autre ayant pris sa retraite) et on essaie un nouveau médicament. Il y a une amélioration, mais elle est légère. Ludo hurle sa vie 20 h sur 24. Il a maintenant 4 mois. On a essayé 4 médicaments contre le reflux sans beaucoup de succès. On essaie alors un nouveau lait, puisque la pédiatre soupçonne une intolérance aux protéines bovines. On voit une amélioration, mais ce n’est pas encore parfait. On change encore de lait pour le Neocate. En 24 h, c’est un nouveau bébé! Wow, plus de douleurs!

Mais il a maintenant 5 mois ½, c’est le temps d’introduire les céréales (eh oui, on est old school, on n’a pas changé une recette gagnante). Le riz passe super bien. On commence l’avoine : crampes épouvantables. L’orge : encore des crampes… On revient aux céréales de riz, mais seulement les Healthy Times, car les autres sortes ont soit du lait, soit des traces de blé, d’orge ou d’avoine et Ludo réagit x 1000. C’est l’accalmie. Les légumes passent bien, tout comme les fruits. Vient alors l’introduction de la viande. Évidemment, on évite le bœuf, mais Ludo réagit également au porc et à l’agneau. Vive le poulet!

C’est une période difficile. On a l’impression de jouer à la roulette russe chaque fois qu’on introduit un nouvel aliment. On est référé en gastroentérologie à Sainte-Justine et la médecin qui me reçoit est sceptique et ne me croit pas. Pour elle, j’exagère les maux de mon bébé. Elle me demande carrément pourquoi je veux tellement que mon bébé ait la maladie cœliaque. Je suis bouche bée. Je vais là pour avoir de l’aide et des conseils et on m’accuse d’inventer. Je suis épuisée, mon bébé ne dort pas plus de 45 minutes à la fois parce qu’il a mal et ça me tue de le voir souffrir ainsi.

Finalement, on s’arrange tout seul. Entre temps, Ludovic commence à faire des otites à répétition, de ses 9 mois jusqu’à ses 2 ans, il fera des otites aux 3 semaines, malgré la pose de tubes à 14 mois.

On élimine tout ce qui le fait réagir de son alimentation (protéines bovines, blé, avoine, orge, agneau et porc) jusqu’à 12 mois. À 1 an, je teste les protéines bovines et ça ne passe pas. Finalement, à 14 mois, je réussis à réintégrer chaque aliment et il n’a maintenant plus aucune intolérance alimentaire, qu’elles soient réelles ou dans ma tête ;).

Le temps qu’on trouve la cause de tous ses maux, il aura quand même souffert pratiquement tous les jours pendant au moins les 10 premiers mois de sa vie, et ce, seulement parce qu’il devait se nourrir…