La théorie des gaz

Après un accouchement mémorable – ou traumatisant – nous voilà de retour à la maison avec une petite poulette.

La dernière journée à l’hôpital avait été difficile. Joëlle ne dormait pas, pleurait énormément et semblait vouloir boire 24 h sur 24. L’homme faisait des promenades dans le couloir pour aider à calmer ce que toutes les infirmières appelaient les gaz du deuxième jour. On espérait que le retour à la maison, dans un environnement plus calme, aiderait.

Ça n’a pas été le cas. Joëlle pleure beaucoup, beaucoup. Rien ne semble la consoler. On la berce, on la met dans une chaise vibrante, on va acheter une balançoire, on la fait pédaler pour sortir les gaz et on se sent comme les pires parents du monde. Elle est quasiment toujours au sein, elle a à peine terminé qu’elle veut y retourner. On se dit que c’est la fameuse poussée de croissance des 3 jours et on patiente.

Vient ENFIN la visite de l’infirmière. On lui explique ce qu’on a essayé, ce qu’on fait, un peu beaucoup découragé. Elle pèse la petite et la voilà au téléphone! Elle prend pour nous un rendez-vous on ne sait où encore. La petite a perdu 14 % de son poids depuis sa sortie de l’hôpital, en 48 h. Elle me demande de l’allaiter et me fait remarquer que Joëlle n’avale pas. Elle a beau être au sein, elle tète sans déglutition. Je n’ai pas eu ma montée laiteuse et je ne fais pratiquement pas de lait.

Joëlle n’a pas des gaz, elle est affamée. Ça fait 48 h que j’affame mon bébé sans le savoir. C’est la goutte qui fait déborder le vase déjà fragile. L’infirmière me demande si je me sens émotivement bien… Je ne sais pas quoi lui répondre à part pleurer. Après un accouchement traumatisant, je viens d’apprendre que ma poulette est affamée. David revient de la pharmacie avec du lait prêt à boire et l’infirmière nourrit Joëlle au gobelet. Le soulagement que j’ai vu sur le visage de Joëlle restera à jamais gravé dans ma mémoire. Elle s’est ensuite endormie, épuisée.

Le rendez-vous pris par l’infirmière était un rendez-vous d’urgence à la clinique d’allaitement pour le jour même. Je ne savais pas à ce moment-là que j’entrais dans une machine d’où il serait difficile de sortir.

Ce jour-là, à la clinique, on me confirme que Joëlle tète efficacement, que rien n’entrave ses mouvements, qu’elle prend bien le sein et que ma position est parfaite. Toutes les conditions sont là, mais je n’ai pas de lait.

Je repars de là motivée, avec une prescription, des produits naturels, un tire-lait industriel électrique, des seringues, etc.

Je dois aller à la clinique tous les jours, ensuite aux deux jours et finalement aux semaines pour faire peser Joëlle. Chaque fois qu’elle prend du poids, c’est une victoire, sauf si elle en prend trop, là c’est parce que je lui ai donné trop de préparation.

Pendant 3 mois, ma routine sera allaitement avec DAL (un petit tuyau que je mets sur mon sein pour qu’elle boive de la préparation en même temps). Ensuite, je dois tirer mon lait pendant 10 minutes chaque sein et on recommence 6 à 8 fois par jour. Le processus au complet prend 1 h à 1 h 30 et m’épuise.

À la clinique d’allaitement, on me dit qu’il y a de l’espoir, que si je travaille fort, que je stimule beaucoup, j’arriverai à allaiter exclusivement. Après 3 mois, je remplace le DAL par un biberon pour compléter les boires. Je suis épuisée psychologiquement et physiquement. D’autant plus que ma césarienne s’est infectée et qu’aux visites à la clinique, je dois ajouter des visites aux CLSC pour changer mon pansement tous les 2 jours.

À la clinique d’allaitement, on me dit encore que je pourrai allaiter exclusivement si je persévère. À la fin du quatrième mois, je n’en peux plus, Joëlle boit au biberon autant qu’un bébé de son âge qui n’est pas aussi allaité. Je me sens prisonnière, je cumule les inconvénients de l’allaitement et du biberon, avec peu d’avantages. Je demande à l’infirmière s’il y a encore de l’espoir pour l’allaitement exclusif et elle finit par admettre que non, mais que pour le bien-être de mon bébé, je dois continuer. Pour mon bien-être, je ne vais pas au rendez-vous suivant et j’arrête du jour au lendemain d’allaiter. Je sens un grand soulagement et une grande déception.

Je n’aurai jamais eu de montée laiteuse. Pour tout vous dire, j’ai à peine ressenti un léger inconfort en arrêtant d’allaiter du jour au lendemain.

Plus tard, enceinte de Ludovic, j’apprendrai qu’il était écrit dans mon dossier, dès ma première visite à la clinique d’allaitement, que je faisais de l’hypoplasie mammaire sévère. Jamais on ne m’en a parlé, me donnant le faux espoir que ça fonctionnerait un jour. C’est sûr que j’aurais probablement abandonné un peu plus vite, le sachant, mais j’aurais gagné en qualité de vie et surtout, je me serais moins sentie coupable. Surtout qu’on continuait à me dire que si je faisais les efforts nécessaires, ça allait fonctionner.

Ludovic a été allaité 3 jours et dès son deuxième jour, il a eu besoin du DAL pour compléter son alimentation. Malgré tout, il a perdu beaucoup de poids dans ses premiers jours de vie. Avec une bambine de 2 ans ½, je n’avais pas l’énergie de recommencer l’allaitement mixte (mixte étant DAL-tire-lait) en sachant déjà que je demeurerais esclave du biberon de toute façon.

La décision a été plus facile à prendre, mais je demeure tout de même avec une petite déception. Pas parce que j’ai l’impression de ne pas avoir donné le meilleur à mon bébé, mais parce que j’aimais quand même allaiter, et son côté pratique. Bien sûr, j’aurais pu poursuivre l’allaitement pour la proximité et le contact avec mon bébé, mais une fois le biberon introduit, Ludo ne voulait rien savoir de toute façon.

C’est également un deuil à faire. Je sais que l’important, c’est que mes enfants soient en santé et patati, et patata, j’en suis consciente, mais c’est quelque chose que je voulais vivre et que je n’ai pas pu, c’est donc un deuil et le diminuer n’aide en rien, même si c’est fait dans les meilleures intentions du monde.

L’arrivée remarquée de Joëlle

Il y a environ 5 ans et 1 mois, arrivait dans ce monde Joëlle. Après une grossesse quasi sans anicroche (bonjour nerf sciatique), l’accouchement ne s’est vraiment pas passé comme prévu. Pas comme dans « j’ai un plan de naissance de 3 pages que je veux suivre à la lettre », mais plutôt comme dans « alerte rouge, le bébé doit sortir ».

Je n’avais pas d’attentes pour mon accouchement. J’espérais être consciente (bien, pas vraiment un espoir, puisque je n’avais jamais pensé que ce ne serait pas le cas) et j’envisageais d’accoucher sans péridurale (ou épidurale?), pas tant par conviction que parce que je n’étais pas chaude à l’idée d’avoir une aiguille dans ma colonne vertébrale. Amène-s’en des aiguilles, mais pas dans mon centre nerveux s’il-vous-plaît.

Donc, le 19 octobre au matin, je me pointe à l’hôpital à 42 semaines de grossesse pile avec le col fermé à triple tour. Mlle étant trop confortable dans mon dedans, il est temps de lui indiquer la porte de sortie. Il est 6 h du matin, on m’insère le Cervidil et on me prédit un beau bébé avant la fin de la journée. On laisse agir le tout 12 h, à l’hôpital, sans pouvoir vraiment manger tout d’un coup que ça partirait (une chance que j’ai triché en masse…). On joue au Scrabble, on regarde un film et on marche 200 km dans les couloirs en allant voir les bébés à la pouponnière pour donner le goût à Mlle de les rencontrer. 18 h! On enlève le Cervidil pour voir le résultat… ½ cm. Méga déception. Mon médecin décide de l’aider à ouvrir à 1 (OUCH!) et crève les eaux. Je commence à avoir des petites contractions. Je continue à accumuler les km dans les couloirs.

Minuit! Je suis seulement à 2 cm. On sort l’artillerie lourde. Épidurale et pitocin. Je dois maintenant rester couchée. J’essaie de dormir un peu, mais l’épidurale ne fait pas effet complètement. Visiblement, Joëlle n’aimait pas le 19 octobre comme date de fête. À 2 h du matin, on vient me mettre un masque à oxygène et me faire tourner sur le côté, le cœur de Joëlle s’emballe un peu trop. On me fait changer de position régulièrement. Le matin, Joëlle s’est calmée, mais mon col est seulement à 4 cm. Les médecins augmentent la dose de pitocin. Le cœur de Joëlle recommence à s’emballer, on redescend la dose. Vers midi, je suis à 6 cm, mais mon col est enflé, il doit donc désenfler avant de dilater. Mon médecin me dit de me préparer à une césarienne.

Il revient 20 minutes plus tard. L’obstétricienne de garde veut qu’on attente encore. Vers 13 h, mon col est toujours enflé et le cœur de Joëlle commence à trouver ça difficile. Mon médecin redemande une césarienne (lui ne peut pas la pratiquer), mais il se fait dire qu’on attend encore. Le scénario se répète aux 30 minutes. Je me suis fait à l’idée que j’aurais une césarienne et je veux juste que ça finisse, mais l’obstétricienne veut qu’on attende encore. Vers 14 h 15, l’anesthésiste vient me voir pour ajuster mon épidurale puisque je sens beaucoup de douleurs et que j’ai vraiment besoin de me reposer. Je réussis à m’endormir un peu, mais pas longtemps. Le cœur de Joëlle ralentit trop. Tout à coup, une équipe de 10 personnes entrent dans la chambre en courant. Je me fais réveiller, mettre sur le dos. D’une main, on me fait signer l’autorisation pour la césarienne, on essaie de me mettre un soluté sur l’autre bras, on me rase, tout ça en même temps. Et ils partent à courir avec moi dans le couloir.

Là, là je réalise que ça ne va pas bien. J’entends mon chum courir derrière moi, il se fait lancer des choses pour s’habiller rapidement, mais il ne peut pas entrer dans la salle finalement. Je panique. Dans la salle d’opération, on me met un masque sur le visage pour m’endormir, j’ai l’impression d’étouffer. La dernière chose que j’entends, c’est la voix de mon médecin qui est fâché, et puis le noir total.

Joëlle naît à 15 h 33 en super forme (9/10 à l’APGAR).

Peu après, je suis dans la salle de réveil, je me souviens de l’infirmière à côté de moi qui répond à mes questions en boucle : « le bébé va bien, il est avec votre conjoint ».

Vers 16 h 30, on m’amène à ma chambre et là, je craque. Le stress et la peur sortent, même si je suis soulagée que ce soit fini.

Ce n’est que vers 19 h que je verrai ma Jojo pour la première fois, enfin.

Nous sortirons de l’hôpital 48 h plus tard après une batterie de tests pour moi, puisqu’ils ont peur de m’avoir sectionné l’urètre lors de la chirurgie. Finalement, je m’en sors avec seulement un ligament rond coupé.

5 ans plus tard, j’ai encore les frissons et les larmes aux yeux quand j’en parle. C’est un traumatisme que je n’ai pas encore surmonté, même si on me répète sans cesse depuis d’arrêter d’y penser parce que j’ai eu un bébé en santé.

À venir : l’allaitement de l’enfer.

Allaitement

Le sujet de l’heure, c’est l’allaitement. J’ai un peu parlé de mon expérience ici, mais je tenais à revenir sur le sujet. Comme j’en ai brièvement parlé ici, l’accouchement de Bébé J. n’a pas été de tout repos. Après m’être rendue à 42 semaines, j’ai été induite, sans succès. Bébé J. est finalement née par césarienne d’urgence parce que son cœur décélérait. Je n’ai rien vu, étant sous anesthésie générale. Elle était en pleine forme à la naissance, ce qui est le plus important. C’était déjà un premier deuil pour moi, l’accouchement par voie naturelle.

Soyons clairs : je veux allaiter. J’ai toujours voulu allaiter. Parce que c’est bon pour la santé, parce que c’est plus pratique, pour toutes mes raisons, bonnes ou pas, mais ce sont les miennes, je ne me sens pas obligée d’allaiter et j’aurais pu donner le biberon sans problème.

Donc, après deux jours, on sort de l’hôpital. Retour à la maison. Bébé hurle pendant 48 h. On essaie tout, tout, tout. On appelle Info-Santé. On se sent complètement incompétent. L’infirmière du CLSC vient – enfin – faire sa visite de routine. Conclusion : bébé a perdu 17 % de son poids parce que je n’ai pas de lait. C’est mon premier. Je savais que la montée laiteuse devait venir et que je le sentirais, mais à quel moment? Je ne savais pas. Donc, ça fait deux jours que mon bébé est affamé, et par ma faute (j’aurais dû me rendre compte que je n’avais pas assez de lait… comment!?!). M. X. va chercher du lait à la pharmacie et bébé s’endort enfin paisiblement.

Me voilà donc abonnée à la clinique d’allaitement. Pendant trois semaines, j’irai tous les jours. Au début, on m’encourage à continuer. Ce qui n’est pas un problème pour moi, puisque je veux allaiter et je sais que ce ne sera pas facile. Je prends des médicaments quatre fois par jour, des produits naturels, je tire mon lait six fois par jour et après chaque boire.

Dix jours après l’accouchement, je me ramasse à l’urgence pour fièvre incontrôlable : infection de ma plaie de césarienne. Pendant 1 mois ½, j’irai au CLSC tous les jours pour le changement de mon pansement.

Après trois semaines, et pour 3 mois supplémentaires, je dois maintenant aller à la clinique d’allaitement aux 2 jours. Donc, on résume : CLSC tous les jours, clinique d’allaitement aux 2 jours, avec un bébé naissant et M. X de retour au travail.

Pendant tout ce temps-là, je dois allaiter et donner du lait de formule parce que je ne fournis pas assez de lait et que mon bébé ne prend pas de poids. Pendant un mois, j’allaite Bébé J. et, ensuite, elle a son lait de formule avec une seringue et un tube que j’appose sur mon sein pour qu’elle le stimule. C’est l’enfer. Chaque boire dure 1 h -1h30 et revient au 3 h. Je persévère, car on m’a dit que mes chances de pouvoir allaiter étaient très bonnes.

Après un mois, je laisse tomber la seringue et passe au biberon pour le lait de formule parce que je suis épuisée. Je continue la routine : allaitement, biberon, tire-lait, médicaments 4 fois par jours, produits naturels 2 fois par jour. Les infirmières de la clinique me font sentir que donner le biberon, c’est signer l’arrêt de mort de mon allaitement.

Je n’ai jamais eu de montée laiteuse.

Pendant 4 mois, j’ai allaité 6-8 fois par jour + donné un biberon autant de fois, j’ai tiré mon lait 6 fois par jour (mon record :6 ozen 24 h) pour stimuler, j’ai pris des médicaments, j’ai pris des produits naturels. J’ai tout fait et je n’ai jamais eu de montée laiteuse.

Je me sentais prisonnière. Je n’avais aucun des avantages de l’allaitement (toujours prêt, à la bonne température) et aucun des avantages du biberon (pouvoir sortir et laisser Bébé J. à M. X.).

Quand Bébé J. a eu 4 mois, j’ai décidé d’arrêter l’allaitement. Mes chances étaient nulles de pouvoir un jour allaiter uniquement avec Bébé J. Quand j’ai annoncé la nouvelle à la clinique d’allaitement (où j’allais encore chaque semaine), je me suis sentie jugée comme jamais. On m’a fait sentir comme une lâcheuse, comme si je n’avais eu aucune persévérance, que je laissais tomber à la première difficulté. On a essayé de me convaincre de revenir sur ma décision. J’ai fait comme si je les écoutais, j’ai pris mon prochain rendez-vous, et je ne me suis pas présentée. Je n’ai pas non plus retourné leurs appels.

J’étais celle qui trouvait le plus difficile d’arrêter mon allaitement, parce que je voulais allaiter et je n’ai pas pu. Je n’avais pas besoin qu’on en ajoute une couche. Je ne me sentais pas coupable, heureusement, mais j’étais déçue, et après mon accouchement, c’était un deuxième deuil.

Après, ce sont les pro-biberons qui m’ont trouvé des bibittes. Pourquoi être déçue que mon allaitement n’ait pas fonctionné? Mon bébé était en santé, c’était ça l’important. Je pouvais la faire garder quand je voulais. Comme si ma déception de ne pas avoir eu un accouchement et un allaitement comme j’en rêvais faisait en sorte que je n’appréciais pas le fait d’avoir un bébé en santé.

Encore maintenant, quand j’en parle, et jamais de mon propre chef, on ne comprend pas ma déception et on me donne l’impression que je me plains le ventre plein.

Je vais réessayer l’allaitement à ma prochaine grossesse, mais si encore une fois je n’ai pas de montée laiteuse, je ne le ferai pas pendant quatre mois. Je ne m’acharnerai pas comme je l’ai fait, au détriment de ma santé. Mais je ne laisserai personne me dire que je n’ai pas de persévérance, que j’abandonne à la moindre difficulté. Et j’afficherai ma déception, sans gêne.

Les gens et la vérité

Il y a longtemps, j’avais écrit un message sur les « Comment ça va? », qui ne me semblait pas toujours sincère. Dernièrement, je me demande encore pourquoi les gens posent des questions s’ils ne veulent pas connaître la réponse, ou du moins, la vraie réponse.

Comme je viens d’accoucher, on me demande souvent si mon accouchement a bien été. Que voulez-vous que je réponde? Non, ça n’a pas bien été. Je ne vais quand même pas m’inventer un accouchement de rêve (celui auquel je rêvais en fait), pour faire plaisir aux gens! Je fais quand même attention avec celles enceintes de leur premier, mais je ne me cache pas la tête dans le sable.

Non, l’accouchement n’a pas bien été. En fait, tout ce qui a bien été, c’est que mon petit minou était en pleine forme, et même si c’est le plus important, je ne peux pas dire que j’ai eu un accouchement de rêve. Pour résumer : grossesse de 42 semaines, provocation, épidurale qui fonctionne à moitié, cœur du bébé qui s’emballe, départ à la course vers la salle d’opération, césarienne d’urgence sous anesthésie générale, infection de la plaie de césarienne, opération obligatoire à la vésicule biliaire avant le prochain bébé, pas de montée laiteuse, rendez-vous tous les jours au CLSC pour la plaie de césarienne, rendez-vous aux deux jours à la clinique d’allaitement parce que bébé a perdu beaucoup de poids puisque pas de montée laiteuse (donc, bébé affamé qui hurle pendant 2 jours sans qu’on comprenne pourquoi), deuil d’allaitement exclusif puisque pas assez de lait, deuil d’un accouchement naturel puisque je suis maintenant abonnée aux césariennes. Bref, rien n’a été comme prévu.

Une personne de mon entourage me fait bien sentir que je n’ai pas à être déçue, que c’est mon rôle de mère de lâcher-prise et d’accepter que rien ne se passe comme prévu. En fait, elle aimerait que je cesse de dire que je n’ai pas eu un bel accouchement quand on me pose la question, parce que pour elle, ce sont des enfantillages.

Je suis désolée, mais j’ai le droit d’être déçue. J’ai accepté le fait que mes prochains enfants naîtront par césarienne, mais j’ai encore du mal avec l’allaitement. J’y tenais tellement. Pour le moment, je suis en mixte, donc j’allaite et je donne le biberon. Heureusement, M. X me soutient, parce que mon entourage ne comprend pas pourquoi je m’acharne à allaiter puisque je dois quand même donner le biberon. On m’a même dit que j’étais chanceuse, puisque je pourrais dormir la nuit si j’arrêtais d’allaiter. Cette personne ne comprend pas que j’y tenais, pas pour la pression sociale qui entoure l’allaitement, mais parce que j’aime ce contact avec ma poupoune, c’est notre moment privilégié que je ne retrouve pas avec le biberon.

J’ai divergé de mon message de base, mais, ce que je voulais dire, c’est si on ne veut pas savoir la vérité, bien on ne pose pas de questions!

Mise à jour grossesse

Ça fait longtemps que je n’en ai pas parlé… Eh oui, je suis encore enceinte! Ma date prévue était le 6 octobre, mais bébé J. ne semble pas pressée de venir au monde! Dire que j’ai hâte de lui voir la bette serait un énorme euphémisme. Je ne me peux plus! La porte est fermée à double tour encore… Vendredi, je suis allée voir mon ostéopathe et mardi, on essaie l’acupuncture. On verra bien. Jeudi, je vais passer des tests à l’hôpital pour nous assurer que bébé va bien et qu’elle se nourrit encore suffisamment. Si j’ai un peu de travail de fait, je serai également provoquée cette journée-là, sinon, ça va attendre au 19 octobre.

J’espère ne pas me rendre là…