L’horloge

Ça fait longtemps qu’elle sonne. Je dirais qu’elle a eu un premier soubresaut vers 16 ans, mais quand même, j’avais de l’ambition et je savais que ce n’était pas le temps. Elle s’est endormie. À 22 ans, elle a fait réentendre son tic tac. À ce moment-là, j’étais célibataire, sur le point d’abandonner mon premier bac pour me lancer dans le monde des communications, encore là, je l’ai enterrée. Pas très profondément, parce que toujours, je l’entendais. Aujourd’hui, à 27 ans, elle ne tic tac plus… ce n’est qu’un long tac, tellement elle est bruyante. Encore une fois, la raison l’emporte. Quatre conditions restent à remplir : M. X (dont l’horloge a commencé a sonné aussi) doit finir son bac et trouver un emploi et je veux avoir ma permanence et finir de rembourser mon prêt étudiant. La première condition sera remplie en décembre et la seconde devrait bien aller, puisque M. X étudie dans un domaine en demande. En ce qui concerne ma permanence, j’ai bon espoir de l’avoir avant l’été, et pour mon prêt, en juin 2011, tout devrait être du passé.

Certaines personnes de notre entourage nous disent d’attendre, qu’on est jeune et qu’on devrait attendre d’avoir une carrière, une maison, une sécurité d’emploi… La sécurité d’emploi, d’accord. C’est pour ça que j’attends ma permanence, mais c’est seulement parce que je sais qu’il y a de fortes chances que je l’aie bientôt. C’est surtout pour m’assurer d’avoir un emploi après. Pour le reste, ce n’est pas une priorité. Bien sûr, on veut une maison dans les prochaines années, mais on se dit que si on n’a pas les moyens avec un bébé, on ne les aurait probablement pas sans.

Bref, avec toutes les personnes de mon entourage qui sont enceintes ou essaient de le devenir, ça donne le goût que juin 2011 arrive encore plus vite… En attendant, je me fais aller la snowball sur mon remboursement de dettes et à partir du 1er juillet, près de 50 % de mon salaire ira sur le remboursement de mon prêt étudiant, qui sera alors ma dernière dette. En juin 2011, j’aurai réussi à remboursement un peu plus de 20 000 $ en dettes d’étude de toutes sortes, et ce, en 2 ans. On m’aurait dit ça en 2008, à la fin de mon bac, et je ne l’aurais pas cru. Je serai alors prête à commencer une nouvelle vie, en essayant d’en créer une.