Chroniques d’une croqueuse – Catherine Townsend

Les hommes qui accumulent les conquêtes? Des Don Juan! Mais qu’en est-il des femmes qui s’autorisent elles aussi à collectionner les aventures, en attendant de tomber sur le bon? Avec Chroniques d’une croqueuse, Catherine Townsend, la chroniqueuse Sexe du journal anglais The Independent, nous livre le savoureux carnet de bord d’une jeune femme moderne et décomplexée (elle!) et passe en revue les pratiques sexuelles de notre époque, tout en tentant de cerner les nouvelles règles de la séduction… Catherine teste tout, et ne nous cache rien. Sa passion pour la lingerie, comment elle a pris du Viagra, ses soirées de speed dating, ses coups de foudre et déconvenues amoureuses, ses nuits d’ivresse et sa passion pour les sex-toys… Mais être une femme libérée, c’est pas si facile!

D’abord, lire dans le métro un livre dont la couverture est couverte de bonshommes de plastique illustrant des positions sexuelles, ça peut être gênant! J’ai surpris à de nombreuses reprises des regards insistants sur la couverture du livre que je lisais. Ceci étant dit, comme je n’ai jamais vu ou lu Sex and the city, je ne peux pas vous dire si la comparaison tient la route. L’auteure ne nous raconte rien de moins que ses aventures qui sont, on peut le dire, très nombreuses et très diversifiées. Malgré qu’elle dise régulièrement qu’elle est assumée, on sent quand même un désir de vouloir justifier son mode de vie, somme toute particulier. On n’apprend rien dans ce livre et, au fond, je n’ai pas vu l’intérêt de lire la description tout en détail de la vie sexuelle de quelqu’un. Je l’ai tout de même terminé, allez savoir pourquoi.

Janine Sutto; Vivre avec le destin – Jean-François Lépine

Le secret! Quel mot pourrait mieux décrire la jalousie avec laquelle Janine Sutto a conservé pour elle-même, toute sa vie durant, les vraies émotions qui l’ont tourmentée?

Artiste au talent immense, cette femme, que son vieil associé Gilles Latulippe surnomme « Notre-Dame du Théâtre », a incarné les plus grands rôles féminins du théâtre classique et a contribué à la naissance de la télévision en langue française en Amérique;
ses rôles comiques ont attiré les foules. Mais jamais, pendant plus de soixante-dix ans de vie publique, elle ne s’est livrée vraiment.

Petite fille déracinée à l’âge de neuf ans de son bonheur parisien, Janine Sutto représente à elle seule toute la renaissance culturelle qui a abouti à la richesse créative du Québec d’aujourd’hui. Pour la première fois, à près de quatre-vingt-dix ans, elle a accepté de lever le rideau sur sa vie riche et tourmentée.

C’est avec un très grand plaisir que j’ai plongé dans la biographie de « Notre-Dame du Théâtre ». J’adore le théâtre depuis que j’ai été plongée dans cet univers à l’adolescence et j’étais très curieuse d’en savoir plus sur la vie d’une des pionnières du théâtre au Québec. J’ai trouvé que l’écriture de Jean-François Lépine était très sobre et que, bien qu’on sentait parfois un parti pris, on voyait l’effort de neutralité derrière le texte. Contrairement à plusieurs, l’énumération des nombreuses pièces de théâtre auxquelles a participé Mme Sutto ne m’a pas dérangée. Au contraire, cela m’a permis de faire des liens avec le cours sur la chanson québécoise que j’avais pris lors de ma dernière session. En effet, plusieurs événements venaient en parallèle et ont été marqués par les mêmes choses : par exemple, la grève à Radio-Canada. Je dirais que la seule chose qui m’a un peu troublée, c’est de voir que, même si on voit que Janine Sutto adore son métier, on reste avec l’impression qu’elle a rarement été heureuse de le pratiquer. Dans le sens où, à de nombreuses reprises, M. Lépine indique qu’elle n’aimait pas la mise en scène ou ses coéquipiers ou la pièce ou toutes ces réponses. Comme si toute sa carrière avait été une grande frustration. Malgré tout, ce fut une lecture passionnante sur une passionnée.

Merci à la Masse critique de Babelio et aux éditions Libre Expression pour ce livre.

Le pavillon des enfants fous – Valérie Valère

À treize ans, Valérie Valère a été internée au pavillon des enfants fous d’un grand hôpital parisien. À quinze ans, elle écrit le récit de ce séjour. Son livre n’est pas seulement une vision du monde hospitalier, des traitements pour les malades mentaux, le cri pathétique d’une adolescente  de treize ans qui, un jour, a refusé toute nourriture : elle prend conscience des raisons profondes qui l’ont amenée au comportement suicidaire qu’est l’anorexie. Et son récit est avant tout l’histoire d’une guérison.

Je ne suis pas tout à fait d’accord avec la quatrième de couverture. On ne voit pas tellement sa vision du milieu hospitalier et on a du mal à voir quel traitement elle reçoit, si ce n’est le chantage et l’apport quotidien de nourriture. L’auteure est très centrée sur elle, sur ce qu’elle ressent, sur ses frustrations et, graduellement, sur sa prise de conscience, ce qui est normal, vu l’angle du livre. Par contre, j’aurais aimé qu’elle aille jusqu’au bout du cheminement. On sait qu’elle va s’en sortir (évidemment, elle a écrit le livre), mais on ne sait finalement pas comment, dans quel état et surtout, de quelle façon.