Impasse

C’est difficile ces temps-ci. En fait, tout me semble une montagne. J’ai de la difficulté avec la conciliation famille-travail-entraînement-amitié (dans l’ordre et dans le désordre) et ça se ressent partout j’ai l’impression et, cette semaine, surtout dans mon alimentation. Si au moins j’avais des tonnes de loisirs que je pourrais décider sciemment de couper, mais ce n’est pas le cas.

Auparavant, je m’entraînais dans le but uniquement de perdre du poids et d’être en meilleure santé. C’était un passage obligé et je m’en accommodais. Si bien que je ne considérais pas vraiment ça comme du vrai temps pour moi. C’était obligatoire, un devoir envers moi-même. Par contre, ça a changé. Maintenant, je ne peux plus m’en passer, c’est rendu un plaisir. Je cours pour le plaisir et la conséquence positive qui en découle, c’est la perte de poids et une meilleure santé, mais ces aspects ne sont plus mon facteur de motivation. C’est là que ça devient compliqué. J’ai l’impression d’être égoïste de prendre autant de temps à faire une activité que j’aime au détriment de mon chum, de ma fille, de mes amis. Je l’écris et j’en ai les larmes aux yeux. Je sais que c’est ridicule mon affaire, mais ça ne se contrôle pas.

Quand je pars courir le soir et que ma fille n’est pas couchée, je me sens mal. Je ne la vois pas le matin et le peu de temps que j’ai avec elle le soir, je l’escamote. J’essaie d’y aller une fois qu’elle est couchée, mais parfois, ça m’amène tard et je me lève quand même à 4 h 45. Aussi, comme ce soir, je vais l’amener avec moi lorsque je vais aller courir, mais on s’entend que ce n’est pas du temps de qualité que je passe avec elle.

Aussi, je me connais, je dois être organisée pour que ça fonctionne. La semaine dernière, j’avais pris le temps de planifier tous mes repas et cela a donné des résultats. J’étais moins stressée et je sais que ça m’a permis de passer du temps de meilleure qualité avec Petite J. Mais ça prend du temps planifier. J’ai beau savoir que ce n’est pas du temps perdu, je me sens cheap de m’enfermer pendant deux heures pour décider de ce qu’on va manger, pour équilibrer le tout, faire la liste d’épicerie en fonction de ça. C’est deux heures que je gruge à ma famille, et surtout à M. X, puisque je fais ça une fois que Petite J. est couchée. Pourtant, c’est essentiel à ma réussite, mais également pour faire en sorte que j’offre des repas équilibrés à ma famille.

Je trouve que je ne parle pas assez à mes amis, que je ne les vois pas assez. Je n’ose pas démarrer une conversation parce que je sais que je vais devoir me sauver rapidement pour aller me coucher. Je m’ennuie d’eux, je me trouve poche. Je ne sais même pas ce qui se passe dans leur vie, s’ils vont bien.

J’ai l’impression d’être centrée sur moi et, en même temps, de ne pas avoir assez de temps pour moi.

Je ne peux pas laisser tomber. C’est trop important pour ma santé, mon avenir et pour le modèle que je veux être pour mes enfants. Mais je vais devoir trouver un équilibre dans tout ça, sinon je vais craquer.