Le magasin des suicides – Jean Teulé

Imaginez un magasin où l’on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l’humeur sombre jusqu’au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre…

Ce livre est sur ma liste depuis longtemps, parce que le titre m’avait intriguée. Pourtant, j’étais persuadée que ce titre était une sorte de métaphore. J’ai donc été assez surprise quand je me suis aperçue que c’était réellement un magasin pour aider les gens à se tuer. Au début, j’avais un malaise, ce n’est quand même pas une situation joyeuse et je ne suis pas habituée à l’humour noir. Mais au fil des pages, je me suis attachée aux personnages, et particulièrement à Alan, le mouton noir – ou plutôt rose dans ce cas-ci – de la famille. Après une période d’adaptation, j’ai suivi avec intérêt les tribulations de cette drôle de famille qui fait du malheur son gagne-pain. C’est un livre que tous ne vont pas aimer, mais qui m’a fait découvrir un auteur intéressant.

Sonate en fou mineur – Éloi Paré

Pascal est un compositeur doué, rongé par le désir de composer une sonate, un chef-d’œuvre qui le propulsera au sommet de son art. Pour y parvenir, il occupe plusieurs petits boulots jusqu’à ce qu’il décroche un emploi de rêve : gardien de nuit à l’institut Saint-Martin, un hôpital psychiatrique. Là, dans le silence de la nuit, son inspiration pourra éclore sans entrave, croit-il; il n’aura plus qu’à la laisser courir sur son piano le matin venu.

C’est dans cet endroit étrange, où les couloirs résonnent de bruits lugubres et sinistres, qu’il fait la connaissance de Tristan, un jeune homme interné à cause d’une histoire sordide. Ainsi s’installe une relation toute particulière où chacun devient indispensable à l’autre.

Quatre. C’est le nombre de trajets de bus-métro qu’il m’a fallu pour passer à travers ce livre. Comment dire, je l’ai dévoré! Je suis même passée près de manquer mon arrêt plus d’une fois parce que je ne voulais pas cesser de lire pour faire une activité aussi peu stimulante que marcher jusqu’à la maison… et continuer de lire! J’ai aimé la profondeur des personnages. Il aurait tellement été facile de faire des personnages unidimensionnels, mais ce n’est pas le cas. Sans vouloir en révéler trop, j’ai eu un peu de mal à croire à la relation épistolaire, mais sinon, j’ai trouvé que le lien entre Pascal et Tristan était bien développé, et ce, de façon crédible.  J’attends avec impatience un autre livre de cet auteur, et j’espère qu’autre livre il y aura!

Ah, et je déteste Rachel, malgré tout!