Je ne veux pas être un cauchemar pour les enseignants

(Début de la parenthèse) : avant de me diriger en communications, j’ai fait deux ans du baccalauréat en enseignement primaire et préscolaire. Je me suis aperçue que je n’étais pas faite pour ça, pour une tonne de raisons, mais je me suis promis que je ne ferais pas vivre aux futurs enseignants de mes enfants ce que j’avais vécu pendant mon très court début de carrière. (Fin de la parenthèse)

Pour aider Joëlle à prendre confiance, nous l’avions inscrite à la prématernelle. Elle a aimé son expérience et a effectivement pris confiance en elle.

Quelques détails m’ont dérangée au cours de l’année (ex. : au deuxième bulletin, l’enseignante [qui est en fait une éducatrice spécialisée] a eu besoin de regarder le nom sur le cahier de ma fille pour l’identifier, alors que ma fille m’accompagnait), mais je trouvais toujours des excuses (elle n’y va que 4 h par semaine, son enseignante a deux groupes de 20 enfants, etc.) et je me disais que ce n’était pas une « vraie école » et que ma fille en retirait des bénéfices tout de même.

Je suis allée chercher son dernier bulletin cette semaine et le travail qu’elle a fait cette année. Les commentaires étaient positifs, même si sur certains points, je ne reconnaissais pas ma fille, je me suis dit que c’était normal, les enfants ne réagissent pas de la même façon selon l’environnement.

Au retour à la maison, j’ai regardé les exercices qu’elle a faits. Je suis tombée là-dessus :

13405070_10209682568681550_2115013824_o

D’accord, les erreurs d’inattention ça se peut, j’en fais moi-même. Bon, même le correcteur de base de Word l’a sûrement souligné, mais passons.

Toutefois, ça, j’ai du mal à l’accepter.

oups

Visiblement, ma fille a essayé d’écrire son nom (le J à l’envers, les deux L, le O et les tentatives de E). Elle a 4 ans 1/2 et est suivie en ergothérapie pour, entre autres, la motricité fine. Alors, c’est quoi le oups? Je vois trois options :

  • L’enseignante n’a vu que des gribouillages qui dépassaient le cadre de l’exercice?
  • Ça ne faisait pas partie de l’exercice d’écrire son nom?
  • Ça faisait bien partie de l’exercice, mais ce n’est pas très réussi?

Je ne le sais pas, mais je trouve ça difficile à accepter. On doit inciter Joëlle à écrire son nom, ça fait partie des exercices qu’elle doit faire et on a beaucoup de mal à lui faire faire, justement parce qu’elle sait qu’elle a de la difficulté.

Je ne peux pas me fier à ça pour le reste de sa scolarité, je le sais bien. Sans aucun doute, elle aura des enseignants compétents et véritablement sensibles à ses difficultés (la prématernelle est au courant qu’elle voit une orthophoniste et une ergothérapeute), mais je devrai également apprendre à choisir mes batailles et à faire prévaloir mon point de vue de la bonne façon, sans toutefois nuire à l’image que mes enfants auront de leur enseignant.

En attendant, Joëlle ne retournera pas à la prématernelle l’an prochain. Elle en a retiré ce qu’elle avait à y prendre et profitera de sa dernière année de garderie (poulette d’octobre attendra un an de plus pour l’école).

Dys… quoi?

Une des raisons de ce blogue, c’est que beaucoup de choses se sont passées dans les derniers mois et d’autres se passeront dans les prochains mois et je ressens parfois le besoin d’en parler sans « fatiguer » mon entourage.

Ma fille Joëlle est une vraie pie. Elle commence à parler en se levant et s’endort probablement au milieu d’une phrase. Toutefois, ça faisait un certain temps, environ 1 an, que je sentais que quelque chose clochait. Elle est difficile à comprendre, même parfois pour nous, surtout quand on n’a pas de contact visuel avec elle. Les gens nous disaient que ça allait passer, mais ça me tracassait quand même. Au début de l’été, elle a commencé à réagir beaucoup au fait qu’on ne la comprenait pas et à réaliser que les autres amis de son âge étaient mieux compris qu’elle.

J’ai donc décidé de ne pas attendre et d’aller la faire évaluer en orthophonie et, éventuellement, commencer les traitements pour l’aider à communiquer. J’étais peut-être naïve, mais dans ma tête, on allait faire des exercices, ça allait débloquer et elle serait correcte pour le début de la maternelle dans deux ans.

On a eu les résultats de l’évaluation lundi dernier. Comme elle n’est pas encore 4 ans, ce sont des hypothèses qui seront vérifiées au cours des prochains mois, mais cela tend vers un trouble du langage et/ou une dyspraxie verbale. Sur le coup, en sortant du rendez-vous, j’étais encore dans l’impression qu’avec du travail, elle serait prête pour la maternelle.

Par la suite, j’ai lu la documentation, j’ai fait mes propres recherches et j’ai compris ce que ça voulait vraiment dire si le diagnostic était confirmé et j’avoue que j’ai eu un vertige. J’ai vu les démarches à entreprendre, les montants à dépenser, mais surtout, les difficultés que ma poulette aurait à surmonter. Après 24 h à ruminer, j’ai pris le taureau par les cornes.

Le contrat avec l’orthophoniste est signé pour les quatre prochains mois, je suis en attente pour une évaluation en ergothérapie, j’ai rencontré la garderie pour lui expliquer la situation et éventuellement voir avec la nouvelle éducatrice qui qu’elle peut faire. Ma fille est dans une garderie privée et n’a donc pas le droit à la subvention pour qu’une technicienne en langage vienne la voir sur place, alors on va donc faire ce qu’on peut avec l’aide de l’orthophoniste.

Elle a été référée au CLSC, mais il y a 9 à 12 mois d’attente, donc pour le moment, on réaménage le budget, on coupe dans le gras, on arrête l’épargne pour les projets à long terme, et on va au privé.

À suivre…