Suzie la rebelle; Les années de guerre – Sophie Marvaud

Août 1914. Suzie a 16 ans lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale. Alors même que les hommes partent pour le front, l’univers de Suzie bascule : elle découvre de sombres réalités, la souffrance des hommes, l’horreur des tranchées mais aussi la difficulté d’être libre quand on est une femme.

Très vite, elle mène alors sa propre guerre : indifférente à l’idée de déplaire aux jeunes gens élégants qui demanderont sa main, elle décide de participer aux travaux agricoles auprès de sa famille en Charente. Soucieuse de se tenir au courant du conflit, elle s’octroie le droit de lire les journaux. Et, sensible au sort des blessés, elle apporte des soins quotidiens à un tirailleur sénégalais…

Rentrée quelque temps à Paris, elle remarque un jeune homme qui vole des chaussures à l’étal pour les offrir aux unijambistes revenus du front. Contre toute attente, Suzie retrouve sa trace et tombe amoureuse de cet adolescent généreux, drôle et pourtant si mystérieux…

Le hasard fait souvent bien les choses. La dernière fois que je suis allée à la bibliothèque, j’ai oublié ma liste de livre à emprunter dans les livres que je venais de remettre. Donc, j’ai dû me fier à ma mémoire et à mon instinct pour choisir mes livres de la semaine. Je suis tombée par hasard sur ce livre et c’est avec plaisir que j’ai découvert une nouvelle auteure qui se spécialise dans la littérature jeunesse à saveur historique. Deux genres que j’adore.

On suit le quotidien de Suzie, 16 ans, alors que commence la Première Guerre mondiale en 1914. D’abord, elle garde la place qu’une femme de son rang doit prendre. Rapidement, elle se rend compte qu’elle a d’autres aspirations et qu’elle se sent enfermée dans le carcan que lui impose la société, surtout en temps de guerre où elle voudrait être plus utile qu’à tricoter des chaussettes pour les soldats. Entre autres inspirée par Marie Curie qui, malgré son sexe, a reçu un prix Nobel, elle entreprend de gagner une nouvelle liberté.

C’est le début d’une trilogie que je vais lire avec plaisir. Vive le hasard et je suis presque contente d’avoir égaré ma liste.

Le pays des grottes sacrées – Jean M. Auel

La petite orpheline Cro-Magnon recueillie par des Neandertal a fait bien du chemin depuis Le Clan de l’ours des cavernes, le premier tome de ses aventures. Elle vient de mettre au monde une petite fille et a fini par être adoptée par les membres de la Neuvième Caverne, le clan de son compagnon Jondalar. À tel point que la Zelandoni, guérisseuse et chef spirituel de la tribu, la choisit pour lui succéder un jour.

Afin de parvenir à cette fonction, Ayla suit pendant plusieurs mois la grande prêtresse. Son initiation passe notamment par la visite des nombreuses grottes ornées de la région, l’occasion pour elle de découvrir des sites magnifiquement décorés, dont elle apprend à comprendre le sens. Mais cette formation, jalonnée de rites de passage, n’a rien d’une promenade de santé, et la jeune femme devra franchir bien des obstacles avant de devenir Zelandoni. Saura-t-elle trouver un équilibre entre ses obligations de jeune mère et d’épouse et les exigences de son apprentissage?

Il aura fallu près de 35 ans à Jean Auel pour conclure la fantastique odyssée d’Ayla et de Jondalar. Bien que tous les tomes n’aient pas été égaux, c’est toujours avec plaisir que je me suis plongée dans cette préhistoire.

Maintenant, Ayla est bien intégrée dans le peuple de son compagnon, même qu’elle y occupe un poste d’importance. J’ai parfois trouvé la description des grottes qu’elle visite un peu longue et répétitive. J’aurais préféré que les lieux sacrés qu’elle visite soient plus diversifiés, surtout que l’auteure excelle pour faire des descriptions vivantes. Les relations entre Ayla, très occupée par son nouveau poste, et Jondalar ne sont pas toujours au beau fixe, comme on y a été habitué dans les tomes précédents, ce qui ajoute un élément pas toujours essentiel.

Aussi, près de la fin du livre, et du même coup de la série, l’auteure ajoute des histoires à celles qu’elle devait déjà conclure. Et ce qui devait arriver arrive : elle est dans l’obligation de bâcler la fin pour pouvoir terminer et conclure toutes les histoires qu’elle avait semées depuis le début de la série. Je dirais que les dernières pages m’ont vraiment déçue, même si je suis soulagée que les boucles soient bouclées et qu’on ne puisse espérer une suite. Je crois que ce dernier tome était peut-être de trop, même s’il fut un plaisir pour moi de voir une dernière fois Ayla, Jondalar, Jonayla, Loup, Whinney, Rapide et Grise.

Tome 1 – Le Clan de l’ours des cavernes
Tome 2 – La vallée des chevaux
Tome 3 – Les chasseurs de mammouths
Tome 4 – Le grand voyage
Tome 5 – Les refuges de pierre

Les refuges de pierre – Jean M. Auel

Plus tard, des millénaires plus tard, cette région s’appellera le Périgord. C’est là que parviennent enfin Ayla et Jondalar, « enfants de la Terre », au terme de leur fabuleux voyage. Le géant blond et la femme aux cheveux d’or avaient quitté leurs clans respectifs, poussés par l’esprit d’aventure et de découverte, parcouru les immenses steppes du continent européen, à l’ère glaciaire, parmi les peuples vivant de chasse et de cueillette.

Quand ils atteignent la neuvième caverne, où Jondalar a grandi, l’accueil de la tribu Zelandonii est plutôt mitigé. On se méfie d’Ayla, de son étrange langage, du loup apprivoisé qui l’accompagne et de ces chevaux sur lesquels elle exerce un pourvoir troublant. La civilisation entame sa marche lente.

Ayla et Jondalar sont enfin arrivés chez le Zelandonii. Ce tome est, à mon avis, un des plus intéressants de la série. Maintenant qu’ils ne sont plus seulement deux, on voit enfin les possibilités d’interactions et de relations entre les autres. Par contre, je suis déçue de l’accueil que reçoit Ayla. Pas qu’il n’est pas bon, au contraire. Mais justement, depuis le tome 2, on sait que Jondalar craint de présenter sa compagne à sa famille. On se rappelle d’ailleurs le dégoût qu’il a démontré quand il a su qu’elle avait été élevée par des têtes plates. On s’attend donc à ce que l’accueil soit plus que froid. Mais non, à part quelques individus, tout se passe bien pour Ayla et elle est même rapidement acceptée parmi la caste haute placée. Malgré tout, ce tome rejoint Les chasseurs de mammouths pour la complexité de l’histoire et pour les petites intrigues. Le 29 mars sortira le sixième et dernier tome de cette série, Le pays des grottes sacrées. J’ai hâte de voir comment l’auteure conclura sa saga historique!

Tome 1 – Le Clan de l’ours des cavernes
Tome 2 – La vallée des chevaux
Tome 3 – Les chasseurs de mammouths
Tome 4 – Le grand voyage

Le grand voyage – Jean M. Auel

Ayla et Jondalar, son compagnon, continuent leur traversée des steppes immenses du continent européen. La femme aux cheveux d’or et le géant blond suscitent le trouble et l’effroi sur leur passage. Les peuples qu’ils rencontrent vivent de chasse, de cueillette, et n’ont jamais vu d’animaux domestiques. Or ce couple étrange se déplace à cheval, en compagnie d’un loup apprivoisé. D’où tient-il donc ses pouvoirs?

En quête d’un lieu qui deviendrait le foyer de leur amour, Ayla et Jondalar affronteront mille périls et feront maintes découvertes au cours de ce voyage initiatique à travers un monde inconnu, dangereux et grandiose.

Le titre l’indique bien : le grand voyage est grand et très long. Peut-être un peu trop d’ailleurs. Par contre, il est vrai qu’il aurait été difficile de décrire un voyage à pied (enfin, à cheval), de plus d’un an avec moins de 200 pages. Ayla va encore être confrontée aux différences entre les peuples. Contrairement aux Mamutoïs qui l’ont rapidement bien accueillie, elle s’aperçoit que ce ne sera pas toujours le cas et elle commence à craindre l’accueil qu’elle recevra du peuple de Jondalar. Surtout qu’elle se souvient de sa réaction de dégoût quand il a réalisé qu’elle avait été élevée par le Clan, les têtes plates pour les autres. Ils rencontreront et aideront plusieurs peuples au cours de ce grand périple. Malgré l’intérêt de ce livre, je n’avais qu’une hâte : qu’ils arrivent enfin au peuple des Zelandonii et voir l’accueil qui sera réservé à Ayla.

Tome 1 – Le Clan de l’ours des cavernes
Tome 2 – La vallée des chevaux
Tome 3 – Les chasseurs de mammouths

Les chasseurs de mammouths – Jean M. Auel

Suivant son compagnon, Jondalar, la jeune et jolie Ayla fait son entrée dans la société des Mamutoï, la tribu des chasseurs de mammouths. Vont-ils l’accepter en leur sein?

Des complications surgissent lorsque Ranec, un artiste de la tribu, l’invite à venir admirer les statuettes en ivoire qu’il a sculptées pour honorer la « Grande Mère », figure suprême de la religion des Mamutoï.

Enfant noir adopté par la tribu, Ranec est un séducteur. Malgré son rejet des moeurs du clan, Ayla succombe facilement à son charme. Trop facilement au goût de l’infortuné Jondalar, qui, dévoré par une jalousie féroce, est plongé dans une situation d’autant plus cruelle que ce sentiment est considéré comme un vice ignoble.

Jondalar sombre lentement dans le désespoir. Quant à Ayla, qui choisira-t-elle : l’artiste noir ou le chasseur blond?

Ayla rencontre enfin « les autres » et doit s’habituer à de nouvelles coutumes, à de nouvelles relations hommes et femmes et doit redéfinir tout ce qui était sa vie jusqu’à maintenant. J’ai vraiment apprécié découvrir ce peuple à travers les yeux néophytes d’Ayla. Je n’ai pas de mal à croire que les hommes de cette époque vivaient vraiment ainsi. Par contre, le long chassé-croisé amoureux entre Ayla, Jondalar et Ranec aurait gagné à être plus concis, puisqu’on sait, qu’on sent, avant même que ça se termine, quel sera le choix d’Ayla. Aussi, les nombreux retours à l’arrière sur le passé d’Ayla et sur celui de Jondalar, celui-là même qu’on a lu dans les deux livres précédents ont alourdi la lecture, à mon avis. Mais ça reste un faible point négatif, en comparaison à la richesse de l’écriture et à l’intérêt de la série.

Tome 1 – Le Clan de l’ours des cavernes
Tome 2 – La vallée des chevaux

La vallée des chevaux – Jean M. Auel

Passé la surprise et l’émerveillement suscités par Ayla, la jeune étrangère aux cheveux blonds qu’ils ont recueillie, les hommes du « clan de l’ours » ont pris peur de ses dons extraordinaires. Parce qu’elle prétend chasser comme les hommes, parce qu’elle sait rire et pleurer, éprouve des sentiments inconnus d’eux, parce qu’elle voudrait garder son enfant pour elle seule enfin, Ayla sera maudite et exilée. « Pars à la recherche de ton peuple, lui a dit Iza la guérisseuse. Va vers le nord, retrouve ton clan et un compagnon. » Un long voyage solitaire commence, au bout duquel Ayla rencontre deux jeunes gens insouciants et aventureux. L’un d’eux est Jondalar. Comme elle, il est blond et ses yeux sont bleus.

Bien que ce soit avec ce tome que j’ai découvert, par hasard, cette série, c’est l’un de ceux que j’aime le moins. Enfin, surtout le bout où Ayla est seule dans la vallée et ou il y a beaucoup d’introspection et de retour sur les événements du premier tome. En parallèle, on suit l’histoire de Jondalar et de son frère Thonolan, qui entreprennent le Grand voyage. Avant que les histoires d’Ayla et de Jondalar se recoupent, il faudra passer à travers les deux tiers du livre et c’est vraiment là que l’histoire intéressante commence. Même si Ayla apprend un peu trop rapidement la langue que Jondalair, c’est surtout parfois agaçant de voir à quel point Ayla et Jondalar font la majorité des grandes découvertes de l’Histoire. Bien que ces découvertes soient au service du roman et aident à comprendre l’évolution de ce peuple, l’histoire aurait gagné en crédibilité si ce n’était pas les mêmes personnes qui auraient découvert comment faire du feu rapidement, domestiquer un loup et l’arc à flèches, par exemple.

Tome 1 – Le Clan de l’ours des cavernes

Le Clan de l’ours des cavernes – Jean M. Auel

Il y a 35 000 ans, une longue période glaciaire s’achève et la Terre commence à se réchauffer. Lentement, durant des millénaires, l’homme s’est peu à peu dégagé de la bête et il apparaît à peu près tel qu’il est aujourd’hui. Il connaît l’outil, le feu, le vêtement. Il fabrique des armes pour chasser, aménage des grottes pour s’abriter. Dans le chaos de la nature, il est parvenu à créer un peu d’harmonie.

En ces premiers temps du monde, Ayla, une fillette de cinq ans, échappe à un tremblement de terre et sort des griffes d’un lion pour se réfugier auprès d’un clan étranger. On l’adopte. Très vite, les gestes et les paroles d’Ayla suscitent l’étonnement et l’inquiétude.

Même si c’est le deuxième livre que j’ai lu en premier au secondaire, c’est vraiment avec Le Clan de l’ours des cavernes que j’ai été charmée. Ayla est touchante et on comprend tout de suite Iza d’avoir voulu l’adopter, malgré sa différence et sa « laideur ». On sent derrière l’écriture une grande recherche de l’auteure et ce n’est jamais gratuitement qu’elle donne des détails et de l’information sur ce que les archéologues et les anthropologues croient que la vie était à l’époque. Bien sûr, on se rend compte que certaines parties doivent sortir de son imagination, parce que j’ai dû mal à croire que les hommes de l’époque documentaient la façon dont ils croyaient que se faisaient les enfants, par exemple. Ce livre marque le début d’une très belle série qui passionnera tous ceux qui, comme moi, adorent l’Histoire.

Vivre à la ville en Nouvelle-France – André Lachance

Dans cet ouvrage, l’auteur nous fait découvrir comment vivaient les citadins – bourgeois et nobles, mais aussi le petit peuple – de Québec, de Trois-Rivières et de Montréal entre 1680 et 1760. Plusieurs aspects sont évoqués : leur environnement (rues et maisons), leurs besoins fondamentaux (se nourrir, se loger, se vêtir), leurs activités sociales et culturelles, leur instruction, leurs loisirs (cabaret, théâtre, musique, chant et danse) et leur sécurité dans l’enceinte de la ville.

Encore une fois, on entre dans le quotidien des habitants du 17e et du 18e siècle au Québec. J’ai un peu moins accroché avec celui-là, peut-être parce qu’il y avait de longs passages qui étaient mot pour mot également dans Vivre, aimer et mourir en Nouvelle-France, et comme je l’ai lu récemment, ça m’agaçait au cours de ma lecture. Malgré tout, je reste fascinée par cette période de notre histoire et je continuerai à découvrir les livres d’André Lachance.

Vivre, aimer et mourir en Nouvelle-France – André Lachance

Voici un étonnant voyage qui nous permet de mieux connaître les gens qui ont façonné l’Amérique au fil des jours. Notre guide : l’historien André Lachance avec qui nous explorons le quotidien des habitants de la Nouvelle-France aux XVIIe et XVIIIe siècles. À la ville comme à la campagne, nous les découvrons alors qu’ils s’aiment, se marient, donnent naissance à des enfants, lesquels à leur tour grandissent, travaillent, vieillissent et meurent. Comment se déroulait leur existence? Quelles coutumes, quels usages et quelles approches guidaient leurs gestes? Voilà ce que révèle l’historien tout au long de ce livre aux pages animées et vibrantes à l’image de la vie qui s’y incarne.

J’adore les livres d’André Lachance. Il raconte l’Histoire de façon si intéressante, que j’ai l’impression de lire un roman. En fait, j’ai appris à aimer l’histoire en secondaire 2, avec un enseignement tellement passionné, que je n’ai pu m’empêcher d’être gagnée par sa passion. Depuis, je dévore tous les livres que je croise sur l’histoire du Québec, et plus particulièrement sur la Nouvelle-France. Dans ce livre, on côtoie le quotidien de la classe ouvrière de la Nouvelle-France. Une visite en mots et en images : celles que l’auteur réussit à implanter dans notre tête.

Cœur de Gaël; La Vallée des larmes – Sonia Marmen

Après avoir connu les persécutions contre les catholiques dans son Irlande natale, Caitlin Dunn, une jeune fille de 19 ans, se retrouve au service du manoir Dunning en Écosse. Or, le maître des lieux a fait d’elle sa propriété, sa « chose » dont il use et abuse à volonté. Un soir de mai, elle refuse une fois de plus ses avances, et l’altercation se termine par la mort de Lord Dunning. Devant l’irréparable, seule la fuite en Irlande peut dorénavant la sauver du gibet. C’est précisément à ce moment qu’elle croise la route du Highlander contrebandier Liam Macdonald, qui vient tout juste de fausser compagnie à ses gardes.

Ici, je suis sceptique. Malgré que je sois entrée dans l’histoire de Caitlin et Liam très facilement, j’ai tout de même été agacée par certains aspects. Peut-être parce que l’univers me rappelait la série Le chardon et le tartan de Diana Gabaldon et que la comparaison n’était pas en faveur de Sonia Marmen. Pourtant, je n’ai pu déposer le roman avant d’être arrivée à la fin et je continuerai à lire les autres tomes, surtout pour connaître ce qui arrivera à certains personnages et pour savoir si l’aspect historique sera plus fort que la trame romantique. Je n’y peux rien, l’Histoire me fascine!