New York, New York

À la radio, les nouvelles parlent des embouteillages à New York.

Joëlle : pourquoi ils parlent de la chanson de Noël? C’est fini Noël!

Moi : euh, quelle chanson de Noël?

Jojo : Ben ouiiiii! « Allez New York, allez New York, allez neeeeew york » (à chanter sur l’air de Hallelujah de Leonard Cohen – et oui, pour elle c’est une chanson de Noël…)

Laisser le choix

J’ai une fille et un garçon (le sacro-saint couple). J’aime à penser que je suis équitable et que je n’ai pas — ou pas trop du moins — d’idées préétablies sur ce qu’une fille ou un garçon devrait faire, aimer ou porter.

Jojo est l’aînée et depuis le début, nous lui avons donné une certaine liberté dans ses choix. Elle a des goûts diversifiés dans plusieurs domaines et nous lui avons toujours dit que ses limites étaient ses goûts, et non pas son sexe. Si bien qu’elle aime autant Hello Kitty, que Spiderman, les princesses, que les dragons. Je me souviendrai toujours : elle a 3 ans et on va lui acheter des bottes de pluie. Elle se dirige spontanément vers les bottes bleues avec les personnages de Monsters Inc. Elle les essaie, c’est le coup de foudre, alors je dis à la vendeuse qu’on les prend. Celle-ci me demande discrètement si je veux qu’elle mette les bottes avec des princesses dans la boîte à la place de celles choisies par ma fille. Je suis interloquée. J’avoue que je n’ai pas su quoi répondre, parce que c’était évident pour moi qu’on allait choisir les bottes que ma fille voulait, point à la ligne. D’ailleurs, l’année suivante, nous sommes allées ailleurs pour ses bottes de Spiderman et pour les bottes fleuries de cette année.

Bref, on donne le choix à Jojo et on suit ses goûts. Vous auriez dû d’ailleurs voir son visage quand elle a eu une veste de Spiderman avec un capuchon qui cache les yeux à Noël.

Ludovic va bientôt commencer à montrer ses préférences aussi et on veut appliquer la même philosophie pour lui. Mais même nous, on se dit que ça va être plus difficile avec lui, et pourtant on veut. Pourquoi le malaise sera plus grand s’il décide qu’il veut les bottes de pluie avec des princesses que lorsque Jojo a décidé qu’elle avait celles de Spiderman? Même nous on a du mal à se l’expliquer. Comme si c’était correct pour Jojo d’être attiré par ce que la société considère plus pour les garçons, mais que ce ne le serait pas si Ludo l’est par ce qui est considéré plus pour les filles?

C’est là qu’on voit que l’influence est forte, même quand on en est conscient et qu’on veut la changer.

Malgré tout, ce sera Ludo qui décidera et ce sera à nous de vivre avec nos propres contradictions et à grandir à travers cela.

La vérité sort…

Je suis allée au cinéma avec Jojo cet après-midi. À la fin du film, on attend avant de sortir (elle veut toujours regarder le générique jusqu’à la fin). Joëlle remarque d’elle-même que beaucoup de personnes présentes ont laissé leur popcorn, leurs papiers de bonbons par terre et dit très très fort : « c’est pas gentil de tout laisser traîner comme ça, han maman? ». On s’est fait fusiller des yeux par plusieurs personnes et un couple est retourné à sa place pour ramasser son sac…

Tant pis pour eux, j’étais quand même un peu fière de ma poulette :).

Jojo et Ludo jouent à… Choco

chocoLes jeux de mémoire sont des classiques pour les enfants. Celui-ci est un peu différent et les enfants comprennent très rapidement le but du jeu et la gestion d’une légère frustration.

Il y a 16 chocolats sous lesquels il y a des cerises et des cacahuètes. Sous l’un d’eux, il y a une chenille (ou une mouche, dépendant la version que vous avez).

À tour de rôle, on brasse le dé (qui est brillamment encapsulé dans un pop up, comme pour le jeu Trouble, donc, difficile à perdre). On doit alors trouver une cacahuète ou une cerise. Si on trouve ce qu’il y a sur notre dé, on garde le chocolat et on rejoue. Si on ne trouve pas, on montre le chocolat à tout le monde et on le remet au même endroit.

Si on trouve la chenille, c’est là que ça se corse, on remet un chocolat qu’on avait déjà trouvé et on mélange tous les chocolats restants. Les enfants trouvent difficile de redonner un chocolat, mais ça se passe quand même bien.

Selon l’éditeur, c’est un jeu pour les 3 ans et plus. On a commencé à jouer récemment avec Ludo qui a 2 ans ½ et il a très bien compris le but du jeu. À 5 ans, Jojo commence à trouver que ça manque de défi, mais leur orthophoniste l’utilise en thérapie et c’est quand même bien utile comme jeu de renforcement.

Ajout : c’est également un jeu auquel ils peuvent jouer ensemble sans l’intervention d’un adulte. Ça c’est gagnant!

Comme premier jeu de société classique, c’est parfait.

Nom : Choco
Éditeur : Ludic
Âge recommandé : 3 ans et plus

Sur scène

Quand j’ai découvert le théâtre en secondaire 5, je suis tombée dedans et je n’en suis jamais vraiment ressortie. Je n’en fais pas, j’en vois! Ou plutôt, j’en voyais! Dans ma ville natale, il y avait — et il y a toujours — le programme Mordus du théâtre pour les moins de 25 ans. Pour 20 $, à l’époque, on avait droit à deux pièces de théâtre gratuites et toutes les autres pièces de la programmation théâtrale étaient à 10 $. Pendant 6 ans, je suis allée voir 80 % de la programmation. J’allais tout voir, autant les classiques (Roméo et Juliette) que des pièces plus contemporaines (une en particulier où, pendant 45 minutes, deux acteurs remplissent la scène de boîtes de carton, sans dire un mot, sauf deux-trois phrases à la fin…).

Une fois adulte, je me suis abonnée aux séries théâtre jusqu’à ce que l’arrivée des enfants complique un peu les sorties et leur logistique.

L’an passé, je suis tombée par hasard sur le site de la Maison Théâtre. Coup de foudre. Wow, retourner au théâtre et le faire découvrir aux enfants en même temps, c’est gagnant-gagnant, non?

On a commencé avec Papoul. Un peu déconcertant pour ma poulette de 4 ans ½ à l’époque, puisque aucune parole ou presque. D’ailleurs, après 10 minutes elle m’avait demandé quand ça commençait. Mais rapidement par la suite, elle a embarqué dans l’histoire et s’esclaffait avec tous les autres enfants. Elle était déçue que ça finisse. D’ailleurs, elle parle encore de cette pièce et est très déçue que son père ne l’ait pas vu aussi. Devant son enthousiasme, on lui a offert pour sa fête un abonnement pour cette année.

Nous avons commencé notre abonnement aujourd’hui avec Le ciel des ours. Cette fois-là, il y avait une narration, mais c’était un théâtre d’ombres. Jojo ne comprenait pas trop au début, mais s’est finalement laissé entraîner par l’univers de la pièce. Elle n’a pas tout compris, surtout la deuxième histoire sur la mort du grand-papa ours, mais ce n’est pas grave.

Contrairement à la dernière fois, où nous étions arrivées presque en retard, nous sommes arrivées à l’avance et avons pu profiter du beau coin lecture. On a lu quatre livres avant le début de la pièce et un autre après. Ça rend l’ensemble de l’expérience encore plus intéressante pour Jojo. L’an prochain, nous pourrons y aller aussi avec Ludo, puisque certaines pièces s’adressent à des enfants de 2 ans et plus.

Je trouve important d’exposer mes enfants à différentes formes d’art et ça fait une très belle sortie en famille, pas très cher.

On a vaincu le crabe!

Je dis « on », mais je devrais plutôt dire Jojo a vaincu son crabe! Depuis 6 mois, un des objectifs de Joëlle était de dire le son « cr », qui normalement est acquis à son âge. Tous les « cr » devenaient des « tr ». Donc : « trabe », « travate », « troix ». Ce qui est le plus difficile à comprendre, c’est qu’elle va dire « cravailler » à la place de « travailler », ce qu’on va travailler plus tard. Donc, on savait qu’elle était capable de produire le son. On le travaillait à presque chaque thérapie de différentes façons depuis 6 mois. On le travaillait aussi à la maison. C’était sa montagne à elle. À un certain moment, elle se renfermait aussitôt qu’elle voyait que c’était ça qu’on travaillait, donc on a cessé de le travailler à la maison. Et puis, il y a eu le déclic. Elle a commencé à réussir à le produire dès le début des exercices de réchauffement (cra, cre, cri, cro, cru, crè, etc.) Ensuite, elle l’avait en début de mots sans trop de difficultés. Maintenant, elle a une production spontanée adéquate d’environ 80 % lorsque le son est en début de mot, toute une amélioration! Elle est très fière d’elle-même, et nous aussi!

Jojo est suivie en orthophonie depuis environ 15 mois. Elle va avoir 5 ans la semaine prochaine. Jusqu’à maintenant, c’était un jeu pour elle, elle se demandait même pourquoi ce n’est pas tous les amis qui allaient voir Mme Orthophoniste, puisque c’est si amusant. Dernièrement, elle a réalisé que depuis tout ce temps, elle travaillait sur les choses qui sont difficiles pour elle. Elle résiste un peu plus, mais aime toujours ça autant. Comme son frère est suivi en orthophonie aussi, je crois qu’elle ne réalise pas encore que ce ne sont pas tous les enfants qui y vont. En fait, elle le sait, mais elle ne comprend pas pourquoi encore. Ce sera une autre étape à franchir.

Sa prochaine montagne est l’utilisation du « quand ». Elle le remplace quasi systématiquement par « comme », sans qu’on comprenne vraiment pourquoi. On l’a déjà pas mal travaillé, donc elle s’autocorrige quand elle pose une question directe « Quand on va aller au parc? », mais dans l’indirecte, c’est systématique « comme j’étais bébé, j’étais petite; comme la lumière est rouge, on arrête; comme mon parrain va venir, je vais être contente ».

Elle a aussi régressé sur l’utilisation du « je », elle a recommencé à utiliser le « moi ».

D’autres batailles à venir, mais d’autres victoires également!

Trop, c’est comme pas assez

/aparté

J’essaie de reprendre l’habitude d’écrire plus régulièrement. J’ai un fichier rempli de sujets de blogue, mais je dois remettre ça dans ma routine.

/fin de l’aparté

Des fois, on veut le mieux pour nos enfants, sans nécessairement que ce soit le mieux. Depuis un peu plus de un an, Jojo est suivi en orthophonie pour un prédiagnostic de dyspraxie verbale. Comme elle est née en octobre, elle n’entrera à l’école que l’an prochain, ce qui est une bonne chose pour elle. Dans cette optique, j’avais proposé qu’on passe d’une thérapie d’orthophonie aux deux semaines à une thérapie par semaine, en me disant qu’elle ne serait que plus prête pour l’école. Mais ça ne fonctionne pas comme ça. Ça fait un mois qu’on est passé à cette fréquence et les éléments positifs souhaités ne sont pas là, au contraire. Jojo est plus distraite pendant les thérapies, on doit faire beaucoup plus de renforcement positif et on ne réussit pas à tirer le parti de cette heure. Mon objectif de doubler les bénéfices s’est donc soldé par une réaction à l’opposé : deux fois plus de temps, pour moins de réussites ou d’améliorations. Le coup final a été donné quand Jojo a déclaré qu’on allait tout le temps voir l’orthophoniste et qu’elle ne voulait plus y aller. Alerte rouge, alerte rouge! L’objectif n’était pas de l’écœurer, car elle aime les thérapies. Discussion très très courte avec l’orthophoniste : on était toutes les deux arrivées aux mêmes conclusions, c’était trop pour Jojo et elle nous le montrait. On est de retour à une fréquence de 1 fois aux deux semaines et j’ai bon espoir que la magie reprendra. Déjà, elle me demande quand on y retourne, c’est bon signe!

Mise à jour annuelle ou la peur du vide

Il y a un an environ, nous recevions les résultats de l’évaluation de Joëlle en orthophonie. Depuis, elle a fait beaucoup de progrès. La majorité des gens sont maintenant en mesure de la comprendre, ce qui est une grosse victoire en soi.

Il y a aussi eu l’évaluation en ergothérapie, qui a révélé des lacunes légères sur lesquelles nous travaillons également. Elle peut maintenant pédaler sur un tricycle et est capable de se tenir à une barre plus que ¼ de seconde. Nous devons travailler encore la motricité fine et l’aider à évaluer la force nécessaire pour tenir un crayon, dessiner, etc. Elle a tendance à mettre trop de pression ou pas assez. Tout cela évoluait bien et on discutait de la possibilité de cesser les traitements en ergothérapie aux deux semaines tout en continuant les exercices à la maison. Toutefois, après une discussion entre l’ergothérapeute et l’éducatrice de Joëlle, celle-ci a indiqué que Joëlle avait de la difficulté à se concentrer ou qu’elle se déconcentrait facilement et avait du mal à revenir à la tâche, plus que les autres de son âge. Évidemment, Joëlle n’a pas encore 5 ans, alors on ne s’attend pas à ce qu’elle reste concentrée à une tâche longtemps, mais nous avons tout de même décidé de poursuivre afin qu’elle puisse développer des trucs pour l’aider à se concentrer.

Ce que je trouve le plus difficile dans tout ça, c’est de ne pas savoir. Pour le moment, nous avons un prédiagnostic de dyspraxie verbale modérée et de dyspraxie motrice légère. Elle est trop jeune pour avoir un diagnostic précis, mais j’ai quand même hâte de savoir à quoi nous en tenir.

Est-ce seulement un retard de langage? Est-ce réellement une dyspraxie ou un autre trouble de langage? On s’entend qu’au quotidien, avoir le diagnostic ne changera rien, nous continuerons quand même les thérapies, mais j’aimerais quand même être fixée.

Le programme pour Jojo cette année : orthophonie chaque semaine et ergothérapie chaque deux semaines. Afin que son quotidien ne soit pas que thérapies, elle est également inscrite, à sa demande, à la gymnastique et à la natation. La gymnastique va également lui faire travailler ce qu’elle travaille en ergothérapie, mais ça, elle n’a pas besoin de le savoir. Elle adore ça et c’est l’important.