Room – Emma Donoghue

Sur le point de fêter ses cinq ans, Jack a les préoccupations des petits garçons de son âge. Ou presque. Il ne pense qu’à jouer et à essayer de comprendre le monde qui l’entoure, comptant sur sa mère pour répondre à toutes ses questions.

Cette mère occupe dans sa vie une place immense, d’autant plus qu’il habite seul avec elle dans une pièce unique, depuis sa naissance. Il y a bien les visites du Grand Méchant Nick, mais la mère tout pour éviter à Jack le moindre contact avec ce personnage. Jusqu’au jour où elle réalise que l’enfant grandit, et qu’elle ne va pouvoir continuer longtemps à entretenir l’illusion d’une vie ordinaire. Elle va alors tout risquer pour permettre à Jack de s’enfuir. Mais l’enfant va-t-il réussir à trouver des repères loin de leur univers?

J’ai dévoré ce livre. Ça peut sembler un peu malsain, mais je trouvais que l’auteure avait très bien développé son sujet. J’ai adoré Jack et sa candeur. Son univers se résume à une chambre où il est enfermé avec sa mère depuis sa naissance. Pour lui, le monde, c’est ça. Ce qu’il y a à la télévision n’est qu’invention. Au-delà de la porte, c’est le vide. Par contre, c’est la deuxième partie du livre, quand il réussit à se sauver que j’ai particulièrement apprécié : le voir découvrir le monde et remettre constamment en question ce que sa mère lui a enseigné. Ses insécurités également. Pour lui, la chambre, c’était sa normalité. Il ne comprend pas pourquoi sa mère ne veut plus y retourner ni son empressement à vouloir tout oublier et à mener une vie qui, pour lui, est tout sauf normal. Une très belle lecture malgré un sujet difficile.

Comment parler d’argent avec mon enfant – Gail Vaz-Oxlade

Quand permettre à votre enfant de magasiner seul? À quelles conditions lui verser de l’argent de poche? Comment ancrer l’habitude de l’épargne?

Sur un ton dynamique, sans prétention, l’auteure vous aide à mieux assumer votre rôle de parent et à initier votre enfant aux questions financières, en tenant compte de son âge et de ses capacités.

Parmi les thèmes abordés :
— L’argent de poche
— Le travail rémunéré
— Le budget
— L’épargne
— La saine consommation
— Les emprunts et le crédit
— Les produits financiers

Trucs, conseils, activités et jeux ciblés par groupes d’âge : ce livre contient tout ce qu’il vous faut pour convaincre votre enfant que l’argent ne pousse pas dans les arbres!

C’est quelque chose qui est important pour moi. Quand j’étais jeune, on n’avait pas beaucoup d’argent. On s’habillait dans les comptoirs familiaux, on mangeait souvent la même chose et on avait des cadeaux sous le sapin grâce aux pompiers et aux chevaliers de Colomb. Quand je me suis mise à travailler, j’ai un peu déraillé, je n’avais jamais eu autant d’argent et les possibilités de me semblaient infinies. Heureusement, je ne me suis pas endettée, mais il ne me reste plus rien de mes premières années sur le marché du travail et je le regrette. Avec l’argent que je gagnais, j’aurais facilement pu économiser pour mes études. Mais bon, tout ça est derrière moi maintenant et j’ai appris de mes erreurs. Par contre, j’aimerais que mes enfants n’aient pas les mêmes problèmes que moi et aient une relation plus saine avec l’argent.

J’aime beaucoup l’approche de Gail Vaz-Oxlade dans ses émissions Til Debt Do U$ Part et Princess, c’est ce qui m’a amenée à vouloir lire son livre sur la relation des enfants avec l’argent. Ce livre parle de tout : du fameux argent de poche, à comment leur faire comprendre un budget, de l’importance d’économiser, des dangers du crédit et même des différentes sortes d’investissement. Je trouve que plusieurs de ses idées sont intéressantes, comme encourager son enfant à mettre de côté 10 $ de son argent de poche, comme nous devrions nous-mêmes mettre 10 % de notre salaire de côté pour la retraite ou le fonds d’urgence. Initier les enfants au crédit en leur chargeant un petit intérêt lorsqu’ils nous empruntent de l’argent me semble aussi une bonne idée, quitte à ce que l’intérêt perçu soit déposé dans son compte d’épargne à son insu. Tout au long du livre, l’auteure nous présente des idées d’activités à faire avec nos enfants pour leur faire assimiler les notions. Je crois que, bien que remplies de bonnes intentions, la plupart de ces activités ne trouveront pas d’intérêt auprès des enfants. À mon avis, c’est plus en leur expliquant et par l’exemple que les enfants comprendront, que si on leur demande, à 12 ans, de calculer l’intérêt composé sur un 10 000 $ placé pour 5 ans à 4,3 % d’intérêt.

Une bonne lecture qui donne des pistes de réflexion. Par contre, je crois qu’il faut déjà avoir une bonne relation avec l’argent pour pouvoir l’inculquer à nos enfants, le livre ne fera pas de miracles.

Vandal Love ou Perdus en Amérique – D. Y. Béchard

Vandal Love ou Perdus en Amérique, fascinant récit multigénérationnel se déroulant sur près d’un siècle s’ouvre sur la figure du patriarche gaspésien Hervé Hervé, dont la famille a cette particularité d’engendrer tour à tour des géants et des nains.

Si le « Livre premier » du roman relate l’histoire de Jude, petit-fils de Hervé Hervé, et la destinée de la « branche géante » de la famille, le « Livre deuxième » est consacré à l’autre voie familiale, non moins souffrante, mais davantage spirituelle des nains. Du Québec aux États-Unis en passant par l’Ouest canadien, une histoire de géants et de nains donc, les uns n’étant pas toujours nécessairement ceux-là qu’on aurait crus… Mais tous cherchant, ici ou là, un monde à leur mesure où habiter enfin…

Une belle épopée sur plusieurs décennies à  travers le Canada et les États-Unis. Je ne sais plus où j’avais entendu parler de ce livre, mais c’est une très belle découverte! On part à la conquête des Amériques sur près d’un siècle avec une famille loin d’être ordinaire : les Hervé. Les liens sont parfois difficiles à faire entre les différents protagonistes, mais on finit par s’y habituer et par entrer dans la douce folie de l’auteur. La seule chose que je regrette vraiment, c’est que l’auteur ait abandonné certains personnages en court de route et ne nous informe par sur leur destin.

La virevolte – Nancy Huston

Lin est célèbre dans le monde de la danse. Elle aime Derek et, bientôt, les deux filles qu’elle obtient de lui la comblent de bonheur. Mais par la suite, du soir au matin, elle se retrouve accaparée par son rôle de mère, et se surprend à regarder passer les saisons. Elle se souvient que la danse était tout pour elle et réalise qu’elle l’est encore aujourd’hui. Créer, défier l’apesanteur, emplir l’espace. Soluble dans cette existence, elle est vulnérable, sauf lorsqu’elle danse. Alors elle part et cède aux avances du démon de la danse.

Le livre porte bien son nom : on virevolte d’une situation à l’autre. Tranquillement, on suit Lin, Derek, Marina et Angela à travers leur vie. Lin a une grande passion, la danse. À un certain moment, cette passion prend toute la place et le reste de la famille doit vivre – survivre – sans elle. J’ai bien aimé cette histoire et la façon dont elle est racontée. Petits moments de la vie qui se suivent et tracent le parcours de quatre âmes en dérivent.

Bonheur, marque déposée – Will Ferguson

Vous voulez perdre du poids? Abandonner la cigarette? Améliorer vos performances sexuelles? Libérer l’énergie intuitive de l’hémisphère gauche de votre cerveau? Stimuler votre enfant même s’il n’est encore qu’un fœtus? Ne cherchez plus! Lisez les livres des éditions Panderic et vous vivrez heureux. Bien que directeur de la collection « développement personnel », Edwin peine à mettre en pratique les précieux conseils distillés dans ses ouvrages : il boit trop, fume trop, trompe sa femme, sa vie est un désastre. Mais il a du flair : quand le manuscrit d’un mystérieux gourou atterrit sur son bureau, il sent qu’il tient un best-seller. Et ça marche! Les ventes décollent, l’humanité baigne dans la félicité. Peut-on imaginer une vie sans péchés et sans tentations? Qui pourra sauver le monde de ce bonheur intolérable?

Ce n’était vraiment pas le genre de livre auquel je m’attendais. Je croyais avoir affaire à un livre léger, drôle et à travers lequel on passe rapidement. Bien sûr, c’est facile à lire, mais l’histoire porte à réfléchir. Ce roman offre un regarde intéressant sur le milieu de l’édition (qui n’est pas réellement comme ça, je l’espère!), mais aussi, et surtout, sur la quête du bonheur. Il y a quand même plusieurs parties qui sont tirées par les cheveux et certains personnages sont très caricaturaux, mais l’ensemble reste fluide et on se surprend à rire à quelques reprises. À certains moments, sans trop savoir pourquoi exactement, j’ai trouvé que le style d’écriture ressemblait à Saga. C’est quand même bon signe, puisque c’est un livre que j’ai aimé, mais tout de même, je crois bien être la seule à voir un lien entre les deux!

L’histoire de Pi – Yann Martel

Il s’appelle Piscine Molitor, un prénom pour le moins inusité, hérité d’un champion de natation, grand ami de la famille, qui affectionnait la piscine Molitor, à Paris. Heureusement, on l’a vite surnommé Pi, comme le symbole mathématique. À Pondichéry, en Inde, sur la côte de Coromandel, la famille de Pi Patel possède un grand zoo. Pour un petit garçon fasciné autant par les religions (il sera tour à tour musulman, hindou puis chrétien) que par les animaux, c’est un véritable paradis sur terre. Mais l’Inde, sous le règne d’Indira Gandhi, n’est plus celle qu’aimaient les parents de Pi. Les Patel émigrent donc au Canada. Le 21 juillet 1977, la famille s’embarque à bord d’un cargo japonais dans la cale duquel voyagent des animaux du zoo qui seront vendus à l’étranger. Le cargo fait naufrage quelques jours plus tard. Pi se retrouve sur un canot de sauvetage avec, comme compagnons de fortune, un zèbre éclopé, une hyène, un orang-outan, quelques cafards, un rat et un tigre du Bengale dénommé… Richard Parker.

Avant de le lire, j’étais perplexe, je trouvais que le résumé était plus près de la fable pour enfants que d’un roman pour adulte. Finalement, j’ai complètement embarqué dans cette histoire de survie extrême. On s’attache rapidement à Pi, qui nous fait entrer dans son univers où les religions se valent toutes. De plus, on en apprend beaucoup sur les animaux, dans la mesure où on considère que l’information donnée est vraie. Les descriptions sont telles, qu’on se croirait nous aussi sur le bateau de sauvetage avec le tigre du Bengale. Une histoire superbe, où on voit comment l’homme peut rivaliser d’imagination avec l’animal pour survivre dans les pires conditions… À la fin, on en vient à se demander si cette histoire est vraie…