La solitude des nombres premiers – Paolo Giordano

Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes; soupçonneux et solitaires, certaines possèdent cependant un jumeau dont ils ne sont séparés que par un nombre pair. Mattia, jeune surdoué, passionné de mathématiques, en est persuadé : il compte parmi ces nombres, et Alice, dont il fait la connaissance au lycée, ne peut être que sa jumelle. Même passé douloureux, même solitude à la fois voulue et subie, même difficulté à réduire la distance qui les isole des autres. De l’adolescence à l’âge adulte, leurs existences ne cesseront de se croiser, de s’effleurer et de s’éloigner dans l’effort d’effacer les obstacles qui les séparent.

Deux écorchés de la vie, pour deux raisons complètement différentes, se rencontrent à l’adolescence et développent une improbable amitié qui dure pendant de nombreuses années, malgré la distance, les différences et les différents.

Encore un livre que j’ai choisi sous l’inspiration du titre… qui ne me préparait pas du tout à cette histoire. C’est une très belle histoire, même si j’ai eu parfois l’impression que l’auteur n’allait pas au bout de son idée, au bout de l’émotion créée. On sait que Mattia et Alice ont des problèmes résultant de leur enfance, mais le tout est survolé. On survole leur histoire, mais on aurait aimé y entrer.

Au final, je ne peux pas en dire plus sans révéler trop d’information, mais la fin m’a déçue, même si je la comprends.

Soie – Alessandro Baricco

soieVers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des œufs sains. Entre les monts du Vivarais et le Japon, c’est le choc de deux mondes, une histoire d’amour et de guerre, une alchimie merveilleuse qui tisse le roman de fils impalpables. Des voyages longs et dangereux, des amours impossibles qui se poursuivent sans jamais avoir commencé, des personnages de désirs et de passions, le velours d’une voix, la sacralisation d’un tissu magnifique et sensuel, et la lenteur, la lenteur des saisons et du temps immuable.

Comment un livre si léger, si envoûtant et si intéressant a pu être à l’origine d’un film lourd, long, froid et dont les magnifiques images sont la seule qualité? J’ai du mal à comprendre… J’ai dévoré ce livre en une soirée et il m’a amenée au Japon beaucoup plus facilement que le film. Une histoire simple, mais merveilleuse.