Frayeur inutile

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Il y a quelques semaines, Ludo s’est mis à boiter sans raison. Il n’était pas tombé et il n’y avait pas de blessures apparentes sur ses jambes. Après quelques jours, je suis allée consulter avec lui à une clinique sans rendez-vous (pédiatre en vacances et généralement impossible à joindre de toute façon).

Le médecin nous fait entrer sans nous regarder. Il me demande la raison de ma visite. Jamais il ne regardera Ludo marcher. Il me demande de le mettre sur la table d’examen, il manipule ses jambes et lui prescrit une radiographie.

Selon lui, il s’agit d’un rhume de hanche (synovite aiguë transitoire), donc viral et je dois juste donner du Advil pour la douleur. C’est au moment où je sors que ça se corse. Il me dit : « si ce n’est pas passé dans 5 jours, il faudra reconsulter pour vérifier si ce n’est pas autre chose, comme la leucémie, la maladie de Lyme ou de l’arthrite juvénile. Bonne fin de journée ». BANG!

J’ai tellement fait le saut, que je n’ai pas réagi et j’ai quitté, sans vraiment prendre conscience de ce qu’il venait de me dire. C’est rendu à la maison que j’ai réalisé…

Évidemment, les cinq jours suivants ont été l’enfer dans ma tête. On a beau dire que les risques sont minces, que le rhume de hanche est fréquent chez les garçons de cet âge… Je ne suis pas du genre à me faire des scénarios catastrophes, mais j’ai dû travailler fort cette fois-là.

Cinq jours plus tard, il boitait encore. Je retourne consulter à une autre clinique. Cette fois-ci, le médecin prend la peine de le regarder marcher, il consulter les résultats de la radiographie (qui ne montre rien). Selon lui, ce n’est pas un rhume de hanche, mais c’est tout de même un virus. Je dois continuer le Advil et, si ça ne passe pas dans trois jours, il me dit d’aller à Sainte-Justine directement, ils pourront le prendre en charge et faire des tests supplémentaires.

Finalement, le lendemain, ça allait déjà mieux et deux jours plus tard, rien n’y paraissait.

Toutefois, j’en veux au premier médecin. Normalement, un médecin aurait seulement dit de retourner consulter si ça ne passait pas, il n’aurait pas lancé des noms de maladies graves comme ça…

Tout est bien qui finit bien, mais cette clinique est bannie pour moi…

Cette enfant, c’est la mienne

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Ces deux derniers mois, cette enfant, celle qui a tenu par deux fois des propos discriminatoires à la garderie, ce fut la mienne.

La première fois, stupéfaite, perplexe, je ne pouvais pas le croire. Aucun adulte n’avait entendu les paroles, c’était donc la parole d’une enfant de 5 ans contre celle d’une autre enfant de 5 ans. Dans le doute, nous sommes intervenus tout de même.

La deuxième fois, aucun doute possible : l’éducatrice l’a entendue. Elle n’a pas entendu le début de la conversation, mais les paroles de ma fille étaient sans équivoque.

Je suis tombée des nues. Ma fille n’a jamais tenu ces propos devant nous. Nous ne connaissons et ne côtoyons personne qui tient de tels propos. Comment intervenir? Comment ne pas penser à la petite fille qui a été blessée par les propos de ma fille?

Mes actions sont limitées, puisque je n’ai pas été témoin de la chose et que ça ne s’est jamais produit en ma présence, mais elles sont là.

Encore une discussion sur les différences, sur les mots « méchants » qui font mal, sur les façons positives d’aborder un conflit quand il arrive. On sort les livres, les allégories, les histoires.

Malgré tout, j’ai peur. Ma petite fille de 5 ans tient des propos qui ne sont pas de son âge et dont elle ne comprend visiblement pas la portée. Alors j’ai peur des autres, ceux qui pourraient lui porter de mauvaises attentions qu’elle n’a pas. Peur que la maman de l’autre petite fille croie que ses paroles viennent de nous, qu’elle ne fait que les répéter. Peur que ma fille soit étiquetée, elle qui n’a jamais eu un mauvais mot à son cahier depuis son entrée à la garderie.

Ma fille n’est pas parfaite, mais ses propos ne reflètent pas la personne qu’elle est, croyez-moi.