Quand j’étais soldate – Valérie Zenatti

Avoir dix-huit ans en France, ça signifie passer son bac, son permis de conduire, avoir le droit de vote, travailler enfin ou entreprendre des études. Dix-huit ans est synonyme de majorité, de maturité et de liberté.

Mais avoir dix-huit ans en Israël, ça signifie donner les deux prochaines années de sa vie au pays, à sa défense, à sa survie. Devenir un matricule. Porter l’uniforme. Se réveiller à quatre heures et demie. Faire la vaisselle pour soixante-dix. Obéir aux consignes. Apprendre le maniement des armes. L’histoire et la géographie des pays voisins et ennemis. Les langages codés des pilotes adverses. Et risquer sa peau. Qu’on soit un garçon ou une fille. Même quand on est si petite et si menue que les autres vous traitent de promotion « tomates cerises »…

Quand on s’appelle Valérie Zenatti et qu’on rêve de venir écrivain, ça signifie aussi réfléchir. Et douter. Et rire. Et espérer la paix, maintenant ou bientôt. Ça signifie témoigner.

Encore une fois, une belle lecture avec cette auteure que j’ai découverte pour la première fois avec Une bouteille dans la mer de Gaza. On suit le parcours de l’auteure, alors qu’elle habite en Israël lors de ses 18 ans et qu’elle doit s’engager, comme tous les jeunes de son âge, dans l’armée. On prend alors connaissance du quotidien de ces jeunes, lancés très tôt dans la vie adulte, où le maniement des armes devient leur quotidien. D’ailleurs, Valérie Zenatti ne vivra peut-être pas la guerre pendant ses deux années données à l’armée israélienne, mais elle en apprendra beaucoup sur elle-même. Une belle visite dépaysante, classée pour les adolescents, mais à lire par tous.

Entre Dieu et moi, c’est fini – Katarina Mazetti

Linnea a seize ans, plein de complexes, et pas mal de questions qui lui trottent dans la tête. La seule qui la comprenait, c’était Pia. Sa meilleure amie, son amie pour la vie. Enfin, pour cent vingt jours, « sans compter les week-ends », Linnea a fait le calcul une fois. Maintenant que Pia est morte.

Avec Pia, elle pouvait parler de tout : de l’amour, de la mode, de Markus, le beau gosse dont toutes les filles rêvent, de son père qu’elle voit deux fois par an, de sa mère qui a une liaison tumultueuse. Et de Dieu. Qu’est-ce que ça signifie « croire en Dieu »? Car ce n’est pas exactement la même chose que le père Noël. Une chose est sûre, ce n’est pas la peine de compter sur Dieu pour résoudre les équations du second degré.

Seulement, voilà, Pia s’est jetée sous un train. Alors, Linnea se souvient, puisque comme dit son excentrique grand-mère, « pour pouvoir oublier quelque chose, il faut d’abord bien s’en souvenir ».

Un livre et une écriture simples, mais combien touchants. En fait, Linnea est touchante, touchante de vérité. Son histoire n’est pas facile : sa meilleure amie vient juste de se suicider. On n’en parle pas beaucoup, on effleure à peine le sujet, mais c’est assez pour nous faire comprendre tous les bouleversements que cela provoque chez Linnea. Sans être centré ce drame, le livre évoque la vie trouble que peut être celle d’une adolescente. Une adolescente différente, mais également comme toutes les autres : elle n’a rien de plus, rien de moins, avec tous les questionnements que cela apporte.

Il s’agit du premier livre d’une trilogie, je poursuivrai la découverte de l’univers de Linnea avec plaisir, en espérant que l’auteure ait été plus douce envers son héroïne.