Neverwhere – Neil Gaiman

Il existe un envers à Londres : la « ville d’En Bas », cité souterraine où vit un peuple d’une autre époque, invisible au commun des mortels.

Un peuple organisé, hiérarchisé, à la tête duquel les rats jouent un rôle prépondérant… Roman inclassable, Neverwhere fourmille d’idées, de rebondissements et de personnages iconoclastes. Le voici pour la première fois en français dans la version author’s cut revue et augmentée par l’auteur.

Ce n’est qu’après avoir terminé ce livre que j’ai réalisé qu’il était du même auteur que Coraline. Une fois cela dit, l’univers que j’ai traversé en lisant Neverwhere ne me surprend plus autant que pendant ma lecture. Car je dois avouer que cet univers a failli me faire décrocher à de nombreuses reprises. Je n’arrivais pas à adhérer à ce monde étrange où les rats mènent le monde. Trop ou pas assez de tout : magie, réalisme, anachronisme… On dirait que j’étais incapable de situer l’histoire dans une « boîte » précise et ça m’empêchait d’apprécier ma lecture. C’est peut-être aussi parce que c’était une édition où l’auteur a ajouté de l’information au roman original. Je l’ai tout de même terminé. Il ne me laissera pas un souvenir impérissable, mais j’aurai au moins compris que je dois être plus ouverte d’esprit dans ma lecture.

Battle royale – Koushun Takami

Chaque année, cinquante classes de 3e choisies au hasard parmi l’ensemble des collèges du pays participent au «Programme ». Nom officiel : « Expérimentation militaire du Programme 68 ». L’enjeu est très simple : laisser s’entretuer des élèves jusqu’au dernier survivant. L’objectif : recueillir des données statistiques sur le temps mis par un élève pour exterminer le reste de la classe.

Le survivant de chaque classe (appelé le « champion ») gagne le droit de vivre aux frais de l’État jusqu’à sa mort.

Je trouve difficile de parler de ce livre. J’ai trouvé les ressemblances entre Battle Royale et Hunger Games tellement grandes, que je ne peux m’empêcher de penser que le deuxième est une inspiration du premier. Le contexte est similaire, le but du jeu (être le seul survivant) et même la façon dont les maîtres du jeu ajoutent de l’action sont semblables. Par contre, se contenter de les comparer serait une erreur. Je vais donc me contente de parler du sujet de cet article : Battle royale.

Je ne m’étirai pas sur le sujet, mais pourquoi ne pas avoir traduit battle pour la version française? Ceci étant dit, j’ai eu de la difficulté à embarquer dans l’histoire au début. La raison : les noms et prénoms japonais, sans compter les marques de considération qui s’ajoutaient à ces noms. Je dirais que c’est seulement au 1/3 du livre que j’ai pu vraiment en faire abstraction. Sinon, rapidement, j’ai voulu que Noriko, Shûya et Kawada s’en sortent et ce fût un sentiment ambigu parce que je savais que pour qu’ils réussissent, ils devaient quand même éliminer tous les autres.

Au final, j’ai trouvé que l’histoire et son environnement étaient très bien développés et que ça ajoutait une idée de vraisemblance à l’histoire, ce qui était obligatoire pour qu’on avale une histoire aussi horrible et insensée.

Révélations de la sœur (pas si) laide de Cendrillon – Claire Pyatt

« Vous connaissez tous l’histoire : ma soeur Cendrillon a rencontré le Prince charmant, puis il y a eu la pantoufle de verre, la session de photos, et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Ce que les histoires ne racontent pas, ce sont tous les incidents qui se sont produits et tous les efforts que les personnages secondaires tels que moi ont dû faire pour vous donner une fin aussi heureuse. J’ai tout noté dans mon journal. Lisez-le vite! » Mildred xxx. Un livre plein d’humour, des révélations croustillantes, le plaisir de retrouver les personnages de son enfance dans un roman.

C’est encore un plaisir d’aller voir l’envers du décor des contes de fées. Ici, on rencontre Mildred, une des fameuses demi-sœurs de Cendrillon. L’histoire se déroule juste après le départ de Cendrillon pour le château, mais avant son mariage. Au fil des pages de son journal intime, on découvre que Mildred n’est pas si méchante, ni si laide, qu’on pourrait le penser. C’est avec plaisir qu’on la voit découvrir le bonheur de l’amitié et, pourquoi pas, de l’amour. Bien que légèrement moins drôle que Confessions du (pas si) grand méchant loup, il n’en demeure pas moins que c’est une belle histoire. J’espère que l’auteure continuera à nous montrer l’envers des contes de fées. On pourrait ainsi découvrir pourquoi Boucle d’Or est aussi vile!

La massothérapeute – Maia Loinaz

Martine travaille dans un spa du centre-ville où se trame un combat latent entre le clan des esthéticiennes et celui des massothérapeutes. Au moins, il y a son collègue Louis, crudivore passionné qui affectionne le tome trois du best of de la musique tibétaine et les biscuits macrobiotiques, ce qui, selon lui, diffuse une énergie positive et constitue une solution naturelle à tous les maux de l’Univers. Au cours de l’été, alors que Martine accepte de rendre service à une cliente septuagénaire, elle voit son quotidien bouleversé. Les secrets de la vieille femme la transporteront en Espagne et lui ouvriront les portes du mensonge et de l’amour. Obligée de plonger dans l’aventure, Martine aura, pour la première fois, l’occasion de prendre sa vie à bras-le-corps. Délicieux mélange de réflexions d’initiés sur le monde des produits naturels, de quêtes du bien-être et du bonheur. La massothérapeute devrait être prescrit à toutes celles qui ont déjà mis les pieds chez un homéopathe, au bain flottant ou au bar à oxygène et en sont sorties avec plus de questions que de réponses. La Massothérapeute est un roman parfumé à l’huile essentielle avec plus d’effets bienfaisants qu’une désintoxication par les plantes ou un enveloppement d’algues.

Même si je viens à peine de le finir (au moment où j’écris ceci), je ne sais pas quoi dire. Je n’ai rien de vraiment négatif à dire, mais rien de vraiment positif non plus. Je m’attendais à autre chose, sans savoir vraiment à quoi. Je trouve que la quatrième de couverture en met un peu beaucoup, plus que ce qui se passe réellement dans le livre. Bref, rien d’inoubliable.

Firmin – Autobiographie d’un grignoteur de livres – Sam Savage

Autobiographie d’un grignoteur de livres, Firmin raconte l’histoire d’un rongeur érudit qui a vu le jour clans les sous-sols d’une librairie de Scollay Square, vieux quartier en péril du Boston des années 1960.

Plein d’appétit pour les mots, épris de nourritures spirituelles autant que terrestres, Firmin ne peut communiquer tous ses coups de cœur ni exprimer ses détresses, et voit avec révolte se déliter sa race comme son quartier, cernés par l’incompréhension des hommes et par les mécanismes du profit. Mais la rencontre avec un romancier marginal le sauve du pessimisme ambiant. Superbe hommage aux valeurs de l’écrit et aux singularités de toutes espèces, l’aventure de Firmin est aussi un fabuleux trait d’union entre littérature, exclusion et résistance.

Non, mais ce n’est pas assez mignon à votre goût comme titre? Malheureusement, l’histoire ne m’a pas enchantée autant que son titre. Le fait de voir un rat sur la page couverture aurait dû me mettre la puce à l’oreille.

Firmin est un rat, le treizième et dernier de sa portée. Comme il était le plus chétif, il ne réussissait pas toujours à avoir sa part de lait. Il s’est donc mis à grignoter les livres qui l’entouraient. Avec le temps, il s’est aperçu qu’il savait lire et s’est mis à dévorer, au sens propre et figuré, tout ce qui lui tombait sous la patte. S’en suit une description de son quotidien de rat mangeur de livres qui rêve d’entrer en contact avec les humains. Bien qu’intéressante, je me suis rapidement lassée de la description des journées de ce rat littéraire. Il ne se passe pas grand-chose et c’est bien dommage.

Confessions du (pas si) grand méchant loup – Claire Pyatt

Je sais, je n’ai pas une très bonne réputation. C’est sûr qu’engloutir des mères-grand, des chaperons rouges et des petits cochons ne fait pas de moi le loup le plus populaire du village! Mais j’ai changé! Mon époque de carnivore raffolant de côtelettes de porc est révolue! Apprenez à connaître le nouveau moi en lisant mon journal! J’accepte de vous le livrer même si je ne suis pas fier de tout ce que j’y raconte… Balthazar J. Loup

Très belle collection que celle de l’envers des contes de fées. Voilà que le grand méchant loup se retrouve en thérapie afin de mettre son passé de carnivore derrière lui après avoir mangé la mère-grand du Petit Chaperon rouge. La réhabilitation ne sera pas facile, et surtout, il devra travailler fort pour récupérer la confiance des habitants du village de Livredecontes.

Il est très intéressant de voir l’envers du décor des contes qui ont bercé notre enfance. On est loin de Walt Disney. Ici, Boucle d’Or est une journaliste qui n’a pas peur d’aller au fond des choses, au grand damne des Trois ours qu’elle a fraudés. Je crois que les enfants aimeront les histoires de Claire Pyatt.

Mon seul bémol : de l’écriture verte sur des pages vertes, c’est beau visuellement, mais ça finit par être difficile pour les yeux.

Mon doudou divin – Katarina Mazetti

Pigiste pour la presse féminine, Wera a épuisé tous les sujets… ainsi que son compte en banque. À la caisse d’un supermarché, elle tombe sur une petite annonce proposant un stage en spiritualité. Un sujet en or! C’est parti pour trois semaines d’immersion à La Béatitude, en compagnie d’un apprenti gourou, d’une « petite mère », et de quatre autres volontaires pour réinventer Dieu : un médecin radié, un musulman iranien, une femme invisible, et Madeleine qui porte en permanence son sac à dos comme un fardeau. Ressortiront-ils adeptes d’une nouvelle religion ou délestés de leurs préjugés? Car tous, même Wera et son pseudo-cynisme, sont en quête de sacré. N’avons-nous pas tous besoin d’un doudou divin à dorloter?

Mon commentaire risque d’être court puisque j’avais déjà élaboré ma critique, mais elle a disparu dans le plantage du blogue et j’étais déjà passée à autre chose. C’est peut-être également le signe que ce livre ne m’a pas marquée tant que ça.

C’est le deuxième livre que je lis de cette auteure et ce n’est toujours pas le livre que j’ai sur ma liste à lire, soit Le mec de la tombe d’à côté. Il s’agit encore une fois d’une suggestion des bibliothécaires. J’ai quand même apprécié ma lecture qui m’a fait réfléchir à de nombreuses reprises sur la place du divin, ou de Dieu, dans les vies des gens. Les séminaires présentés par les différents protagonistes m’ont également touchée à différents niveaux. Par contre, j’ai eu l’impression que l’auteure hésitait entre écrire un livre sérieux et une comédie. C’est difficile à définir, mais ça m’a accrochée à quelque reprise. Le sujet est intéressant. J’ai trouvé la fin un peu ésotérique, mais c’est de bon ton avec ce livre un peu particulier. J’ai encore le goût de découvrir davantage cette auteure.

Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi – Mathias Malzieu

« Sers-toi de ton ombre, lis, rêve, repose-toi, amuse-toi, même si ça te paraît aussi impossible que le jour où tu as essayé de faire ton premier accord de guitare. Ne cède rien au désespoir! Utilise tes rêves. Et même s’ils sont cassés, recolle-les! Frotte-les à ton ombre magique, tu verras mon gars! Un rêve brisé bien recollé peut devenir encore plus beau et solide. »

 Une ombre magique et quelques livres : c’est ce que Giant Jack prescrit à Mathias sur le parking de l’hôpital pour l’aider à surmonter la perte de sa mère.

Ce personnage haut en couleur, sorti tout droit de ses rêves, va lui insuffler un peu de réconfort et de fantaisie…

Une des recommandations des bibliothécaires de ma nouvelle bibliothèque. Puisque, jusqu’à présent, j’ai été très satisfaite de leurs propositions, je me permets de piger un livre au hasard dans l’étagère des recommandations à chacune de mes visites.

Mathias perd sa mère à 30 ans et il n’était pas prêt. Sort alors de son imagination un géant qui lui permettra de passer à travers son deuil et à l’accepter. Il s’agit du premier roman de Mathias Malzieu qui, semble-t-il, est surtout connu en France pour être le chanteur du groupe Dionysos. Je ne le connaissais pas, mais je vais découvrir avec plaisir ses autres livres. J’ai aimé comment il racontait son histoire et son deuil, et surtout, la poésie de ses phrases. Habituellement, quand l’auteur essaie trop de faire du style avec son texte, je décroche, mais lui, au contraire, m’a facilement embarquée dans son monde.

Une autre très belle lecture!

« Je prends mon assmonifère et j’ouvre le premier livre que m’a donné le géant. Il ressemble à un vieux grimoire, mais format poche. La couverture est aussi épaisse et rugueuse que l’écorce d’un arbre. Je le manipule comme j’aime le faire avec mes livres fétiches. Passer le plat de la main dessus, l’ouvrir, le fermer, le feuilleter en accéléré à l’aide du pouce, m’arrêter au hasard sur une page, lire un passage, goûter les mots comme on trempe le doigt dans une sauce, et renifler l’odeur du papier tout neuf, ou tout vieux, de la colle aussi, entre les pages. » p. 52

L’enfant du cirque – Camillia Lagerqvist

En 1917, Ellen croit qu’elle a été vendue par sa mère au Cirque Formidable de Mme Zénitha, qui veut en faire une étoile de la corde raide. En fait, sa mère a placé l’argent sur un livret d’épargne en attendant le jour où elle pourra reprendre sa fille. Elle lui écrit régulièrement des lettres pleines d’amour qu’Ellen ne reçoit pas, car Mme Zénitha les lui dérobe.

Ellen a été confiée à un cirque à l’âge de 6 ans alors que sa mère ne pouvait plus subvenir à ses besoins. Au fil des années, elle apprivoise graduellement ceux qui deviennent sa nouvelle famille. Non sans douleur, elle devient une acrobate et une funambule respectée dans le milieu du cirque. Cette expérience lui apprendra de précieuses leçons sur la nature des gens et à suivre son destin.

Ellen est attachante et, bien qu’on comprenne les motivations de sa mère, ce qu’elle ne peut pas puisqu’elle n’a pas toute l’information, on ne peut s’empêcher de trouver dommage qu’une si petite fille doive faire face si jeune au monde parfois cruel du cirque et des saltimbanques. Une belle histoire où on voit que la force de caractère peut aider dans bien des situations, même les plus difficiles.

Probablement ma critique la moins constructive à vie ;). On dirait que je ne savais vraiment pas quoi dire!

Cuisine & Correspondance – Une amitié en 82 recettes – Andrea Israel et Nancy Garfinkel

Lilly et Val, c’est un peu le jour et la nuit, et pourtant les deux femmes sont amies depuis l’enfance. Leur point commun? Leur passion pour la cuisine. À l’âge de 7 ans, elles ont d’ailleurs fondé un petit club de recettes très fermé, qui n’a jamais compté… qu’elles deux!

Ensemble elles ont grandi, mûri, partageant tout, leurs craintes, leurs désirs, leurs secrets, leurs fous rires et leurs meilleures réalisations culinaires. Aujourd’hui, à 40 ans passés, alors qu’un stupide malentendu a mis fin à leur belle complicité, elles essaient timidement de renouer.

Entre leurs premières lettres et leurs derniers e-mails, leurs plumes et leurs recettes se sont affinées. Au fil des pages, on se régale donc de leurs expériences de vie, et de leurs petits plats aux noms savoureux. Mais à mesure que les souvenirs refont surface, une découverte bouleversante manque de les séparer une nouvelle fois…

Je peux commencer par dire que j’adore les romans épistolaires. Avoir l’impression de suivre la conversation intime de deux, trois ou même quatre personnes et parfois même, d’en perdre des bouts parce que ces personnes font référence à une conversation ou à une rencontre entre elles qui ne sont évidemment pas retranscrites en lettres, j’aime.

Le résumé de ce livre nous laisse penser qu’on assistera à un échange banal de lettres et de recettes, mais ça va beaucoup plus loin que ça. Lilly et Val correspondent depuis longtemps, depuis leur jeunesse en fait. Même si le temps les a parfois séparées, leur complicité revient rapidement lors de l’échange des missives.

D’ailleurs, je trouve que la petite section à la fin qui n’est pas sous forme de lettres pour les besoins de l’histoire est un peu plus faible que le reste du roman. On ressent moins la personnalité des personnages à travers cette partie plus impersonnelle.

J’ai particulièrement aimé que les auteures aient pris le temps de développer en profondeur le passé, le présent et la situation des protagonistes de l’histoire. On va bien au-delà de l’échange banal de recettes. Ces recettes ont une histoire qui suit en parallèle celle(s) de Lilly et Val.

Je me suis beaucoup identifiée à Val, surtout dans sa soif d’amitié et de validation de cette amitié. Ça me ressemblait beaucoup à l’adolescence et même au début de ma vie adulte. Encore maintenant, j’aurais besoin de valider régulièrement qu’on tienne à moi et je doute beaucoup de l’importance que j’ai aux yeux des autres. C’est quand même fou tout ce que ce livre m’a fait réaliser. Je vois que j’ai encore du travail à faire sur moi pour m’affranchir de l’opinion des autres.

Une belle découverte qui inaugure pour moi la bibliothèque de ma nouvelle ville. Une très belle bibliothèque d’ailleurs où Bébé J. s’est également inscrite en même temps que moi. Quel bébé de 9 mois peut se vanter d’avoir deux cartes de bibliothèques dans deux villes différentes? ;). C’était d’ailleurs une suggestion des bibliothécaires. Et à voir la rangée des suggestions, dans laquelle j’avais déjà lu 80 % des livres, je crois que je vais aimer ces bibliothécaires!