Tobie Lolness; La vie suspendue – Timothée de Fombelle

Se cachant au creux des écorces, courant parmi les branches, épuisé, les pieds en sang, Tobie fuit, traqué par les siens… Tobie Lolness ne mesure pas plus d’un millimètre et demi. Il appartient au peuple qui habite dans le grand chêne depuis la nuit des temps. Parce que son père a refusé de livrer le secret d’une invention révolutionnaire, sa famille a été exilée, emprisonnée, condamnée à mort. Seul Tobie a pu s’échapper. Mais pour combien de temps?

À première vue, ça semble difficile comme livre pour les jeunes, mais après un début un peu dur, la suite continue dans un univers plus facile à accepter. J’ai beaucoup aimé le principe d’humains de un à deux millimètres qui vivent dans l’écorce d’un arbre. Aller à la cime, c’est gravir l’Everest. Les descriptions sont telles qu’on se voit vraiment, allant d’une branche à l’autre en bravant les dangers : vent, pluie, oiseau, mouche! Ce livre aborde plusieurs sujets d’actualités de façon subtile : soif de pouvoir, guerre de territoires, surexploitation des ressources, racisme, lutte des classes, etc. Un livre où l’univers créé par l’auteur nous fait parfois oublier le but de l’histoire, mais on se laisse guider et tout revient. Ce livre a gagné plusieurs prix, dont le Prix Saint-Exupéry 2006, le Prix Tam-Tam 2006 et le Prix Sorcières 2007. Une belle lecture à partager.

Les Rois maudits; Le Roi de fer – Maurice Druon

Le Roi de fer, premier volume du cycle, a pour figure centrale Philippe IV, le Bel, roi d’une beauté légendaire qui régnait sur la France en maître absolu. Tout devait s’incliner, plier ou rompre devant l’autorité royale. Mais l’idée nationale logeait dans la tête de ce prince calme et cruel pour qui la raison d’État dominait toutes les autres. Sous son règne, la France était grande et les Français malheureux.

J’avais déjà commencé ce livre à la fin de l’adolescence. Et bien que j’adorais déjà l’Histoire à ce moment-là, j’avais décroché parce que j’avais du mal à distinguer les personnages. Il faut dire que, lorsqu’une histoire est inspirée de faits vécus et a comme protagonistes des personnages historiques, on peut difficilement changer les noms et on se retrouve alors avec trois Philippe et deux Charles.

Cette fois-ci, ce ne fut pas un obstacle. Sans difficulté, j’ai été happée par l’histoire. Bien que je ne connaisse pas beaucoup d’histoire de la France, c’est avec plaisir que j’ai suivi le destin de Philippe IV le Bel et de son entourage. Je suis heureuse que ce livre soit le premier d’une série, car c’est avec plaisir que je me plongerai dans la suite des aventures royales du XIVe siècle.

La croisade des enfants – A.B. Winter

Qui a créé le réseau?

Pourquoi a-t-il créé? L’homme paiera-t-il de ne pas avoir su comprendre le message des enfants?

S’acquittera-t-il de ne pas avoir su protéger leur identité?

C’est Abigail Lambert, nouvellement nommée juge à la Chambre de la jeunesse qui répondra à ces questions. En compagnie des protagonistes des tomes précédents, nous la suivrons sur les chemins tortueux du réseau. Avec elle et ses complices, nous irons jusqu’au bout de la vérité. La leur, celle du réseau, et celle de l’homme.

Vous vous apprêtez à faire le grand saut, celui de la conscience. Êtes-vous prêts à en assumer les conséquences?

C’est la fin de cette trilogie et je ne suis pas déçue. Déçue de ce troisième livre, oui, mais pas que ce soit la fin. J’avais adoré La grande mascarade, été légèrement déconcertée par L’ode à la joie, mais là, je suis vraiment déçue. L’histoire m’avait grandement touchée et je conseillais les deux premiers à mon entourage en leur disant de ne pas se laisser décourager par la mention « thriller spirituel », mais je dois dire que ce dernier livre entre tout à fait dans cette catégorie et c’est vraiment dommage. Ce n’est plus spirituel, c’est ésotérique. Tant pis, je continuerai à conseiller le premier. De toute façon, il n’est pas obligatoire de lire les suites, La grande mascarade se suffit.

La valse lente des tortues – Katherine Pancol

Qu’un crocodile aux yeux jaunes ait ou non dévoré son mari Antoine, disparu au Kenya, Joséphine s’en moque désormais. Elle a quitté Courbevoie pour un immeuble huppé de Passy, grâce à l’argent de son best-seller, celui que sa sœur Iris avait tenté de s’attribuer, payant cruellement son imposture dans une clinique pour dépressifs. Libre, toujours timide et insatisfaite, attentive cependant à la comédie cocasse, étrange et parfois hostile que lui offrent ses nouveaux voisins, Joséphine semble à la recherche de ce grand amour qui ne vient pas. Elle veille sur sa fille Zoé, adolescente attachante et tourmentée et observe les succès de son ambitieuse aînée Hortense, qui se lance à Londres dans une carrière de styliste à la mode.

Joséphine ignore tout de la violence du monde, jusqu’au jour où une série de meurtres vient détruire la sérénité bourgeoise de son quartier. Elle-même, prise pour une autre sans doute, échappe de peu à une agression. La présence de Philippe, son beau-frère, qui l’aime et la désire, peut lui faire oublier ces horreurs. Impossible d’oublier ce baiser, le soir du réveillon de Noël, qui l’a chavirée.

Autour de l’irrésistible et discrète Joséphine, gravite une fois encore tout un monde de séducteurs, de salauds, de tricheurs et autant d’êtres bons et généreux. Comme dans la vie.

J’ai eu un peu plus de difficultés à embarquer dans cette suite. Par contre, une fois que les meurtres commencent, c’est plus facile de s’accrocher, même si Joséphine semble mener sa vie très facilement dans les circonstances. J’ai eu également beaucoup de mal à croire à l’histoire entourant Luca. Ça m’a laissé l’impression que l’auteure voulait s’en débarrasser pour laisser de la place à une possible relation avec Philippe. Difficile d’en dire plus sans révéler des intrigues.

Encore une fois, j’ai l’impression que l’auteure nous laisse sur notre faim. Bien sûr, on finit par connaître le pourquoi du comment des meurtres, mais les autres histoires en parallèles, où sont leur(s) fin(s)? J’ai cru lire sur Internet qu’un troisième – et dernier – tome était en préparation. J’espère qu’on saura une fois pour toutes la fin de toutes les histoires. J’espère également que l’auteure saura s’arrêter après ce tome, car même pour le troisième, je crois qu’il sera difficile de ne pas tomber dans la redite.

La reine dans le palais des courants d’air – Stieg Larsson

millenium3Que les lecteurs des deux premiers tomes de la trilogie Millénium ne lisent pas les lignes qui suivent s’ils préfèrent découvrir par eux-mêmes ce troisième volume d’une série rapidement devenue culte. Le lecteur du deuxième tome l’espérait, son rêve est exaucé : Lisbeth n’est pas morte. Ce n’est cependant pas une raison pour crier victoire : Lisbeth, très mal en point, va rester coincée des semaines à l’hôpital, dans l’incapacité physique de bouger et d’agir.

Coincée, elle l’est d’autant plus que pèsent sur elle diverses accusations qui la font placer en isolement par la police. Un ennui de taille : son père, qui la hait et qu’elle a frappé à coups de hache, se trouve dans le même hôpital, un peu en meilleur état qu’elle… Il n’existe, par ailleurs, aucune raison pour que cessent les activités souterraines de quelques renégats de la Säpo, la police de sûreté. Pour rester cachés, ces gens de l’ombre auront sans doute intérêt à éliminer ceux qui les gênent ou qui savent. Côté forces du bien, on peut compter sur Mikael Blomkvist, qui, d’une part, aime beaucoup Lisbeth mais ne peut pas la rencontrer, et, d’autre part, commence à concocter un beau scoop sur des secrets d’État qui pourraient, par la même occasion, blanchir à jamais Lisbeth. Mikael peut certainement compter sur l’aide d’Armanskij, reste à savoir s’il peut encore faire confiance à Erika Berger, passée maintenant rédactrice en chef d’une publication concurrente.

Enfin, c’est terminé! Pas parce que ce n’était pas intéressant, au contraire, mais j’avais hâte d’arriver à la fin et de savoir ce qui arrivait à Lisbeth et à tout le monde. À mon avis, le troisième tome est un peu moins enlevant que les deux premiers, mais il est tout de même au niveau. Il se passe moins de choses, on est plus dans le dénouement de toutes les histoires, ce qui est tout de même bien, parce que ça aurait été dommage que toutes ces histoires qu’on a tissées au fil des tomes se dénouent en 10 pages. J’aurais bien aimé lire d’autres livres de cet auteur. Je sais qu’il a été question d’un quatrième tome qui serait dans son ordinateur, mais j’espère qu’il ne sera pas publié. Cette trilogie se termine bien à la fin de ce livre et je crois que ça serait étirer la sauce que d’avoir un autre tome. Une belle série que j’ai aimé découvrir malgré toutes les attentes que j’avais, en raison des excellentes critiques. À lire jusqu’à la fin, même dans les dernières pages, quand on pense que tout est fini, il se passe encore quelque chose!

Les hommes qui n’aimaient pas les femmes – Stieg Larsson

leshommesAncien rédacteur de Millénium, revue d’investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d’une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu’un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires.

Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée, placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu’il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documents cent fois examinés, jusqu’au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier.

Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers, lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l’écorchée vive vont résoudre l’affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu’il faudrait peut-être taire.

Avec toute la couverture médiatique qu’il y a eu autour de cette série, j’avais beaucoup d’attentes en ouvrant le premier tome de Millénium. Après un début un peu long, où je ne savais pas si j’allais passer à travers toutes ces descriptions économiques, j’ai été happée par l’histoire. Je ne voulais savoir qu’une chose : qu’est-il arrivé à Harriet? À partir du moment où Mikael arrive à Hedestad, j’ai eu du mal à m’arracher du livre. Tout comme lui, j’ai eu maille à partir avec le nom des nombreux membres de la famille Vanger, mais avec le temps, je m’y suis habituée et j’avais l’impression de visiter l’île avec le journaliste. J’ai deviné une partie infime du dénouement, mais je dois dire que j’ai tout de même été surprise. J’ai vraiment hâte de lire les deux suites. Par contre, je devrai être patiente, alors que le premier m’a été prêté, je devrai me mettre en file pour emprunter les autres à la bibliothèque…

Révélation – Stephenie Meyer

revelationBella a fait son choix : elle s’apprête à épouser Edward. Mais celui-ci honorera-t-il sa part du marché? Acceptera-t-il de la transformer en vampire et de la voir renoncer à sa vie humaine?

Je ne sais pas quoi dire. J’ai tellement été déçue du dernier tome de la saga. Pendant les trois quarts du livre, il ne se passe rien. Ça parle, parle, parle et c’est à peu près tout. Ensuite, ça se met à bouger, mais ça retombe aussi rapidement. J’ignore si l’auteure voulait vraiment terminer son histoire comme ça au tout début, ou si c’est l’engouement pour sa série qui lui a fait écrire ce tome à toute vitesse, mais je termine ma lecture de Twilight en ayant l’impression d’avoir perdu mon temps, dommage.

Hésitations – Stephenie Meyer

hesitations« Deux futurs, deux âmes soeurs… C’était trop pour une seule personne. Je compris que ce n’était pas Edward et Jacob que j’avais essayé de réconcilier, c’étaient les deux parts de moi-même, la Bella d’Edward et la Bella de Jacob. Malheureusement, elles ne pouvaient coexister et j’avais eu tort de tenter de les y contraindre. À présent, je ne doute pas de ce que je désire, ni de ce dont j’ai besoin… ni de ce que je vais faire, là, maintenant. »

Déchirée entre un vampire et un loup-garou, Bella hésite… enfin! Depuis le début, même avec sa fascination, ça devient étrange de voir à quel point elle n’a pas peur. Tu côtoies un vampire et un loup-garou au quotidien et la seule chose dont tu as peur, c’est d’assister à une fête? Bien, voyons! Je crois que c’est dans ce tome qu’on voit poindre un peu plus les idéologies religieuses de l’auteur. Edward qui a peur pour l’âme de Bella et qui veut sauver sa vertu, ainsi que la sienne, qui tout ce qui lui reste après avoir transgressé tous les péchés capitaux.

Alors que le premier tome m’avait surprise par l’utilisation de verbes compliqués, celui-là m’a irritée par l’utilisation abusive du mot « derechef ». Je sais bien qu’on a tous nos tics d’écriture, mais quelqu’un devrait dire au traducteur qu’écrire trois fois le même mot dans une page nécessite l’achat d’un dictionnaire des synonymes.

Au final, j’ai bien hâte de voir comment l’auteure va terminer sa saga!

Tentation – Stephenie Meyer

tentation« Tu ne me reverras plus. Je ne reviendrai pas. Poursuis ta vie, je ne m’en mêlerai plus. Ce sera comme si je n’avais jamais existé. »

Rejetée par celui qu’elle aime passionnément, Bella ne s’en relève pas. Fascinée par un vampire, comment pourrait-elle retrouver goût à la pâle existence humaine? Pourtant il faut vivre. Mais Bella n’a de goût pour rien, sinon le danger : alors, elle entend la voix d’Edward, et éprouve l’illusion de sa présence. Comme s’il ne l’avait pas abandonnée, comme s’il tenait encore à elle. Bella échappera-t-elle à cette obsession amoureuse qui la hante?

À quel prix?

La promesse d’une présence éternelle du premier tome n’aura pas duré longtemps. Voilà qu’à la suite d’un bête accident, toute la famille Cullen déménage au loin. Je crois que ça fait du bien de ne pas voir Edward et Bella ensemble en permanence, ça permet de voir un autre côté de Bella, son côté plus sombre, plutôt que son côté contemplatif. J’ai toujours du mal à comprendre cette fascination malsaine pour Edward, mais j’ai cru un peu plus à l’histoire. La fin demeure étrange à mes yeux, mais avec des personnages qui peuvent lire dans les pensées, calmer les gens ou voir le futur, j’imagine qu’on peut s’en permettre beaucoup plus.

Fascination – Stephenie Meyer

fascinationBella, seize ans, décide de quitter l’Arizona ensoleillé où elle vivait avec sa mère, délurée et amoureuse, pour s’installer chez son père, affectueux mais solitaire. Elle croit renoncer à tout ce qu’elle aime, certaine qu’elle ne s’habituera jamais ni à la pluie ni à Forks où l’anonymat est interdit. Mais elle rencontre Edward, lycéen de son âge, d’une beauté inquiétante. Quels mystères et quels dangers cache cet être insaisissable, aux humeurs si changeantes ? A la fois attirant et hors d’atteinte, au regard tantôt noir et terrifiant comme l’Enfer, tantôt doré et chaud comme le miel, Edward Cullen n’est pas humain. Il est plus que ça. Bella en est certaine. Entre fascination et répulsion, amour et mort, un premier roman… fascinant.

Hey oui, je suis parfois influençable lors de mes lectures, et je devais lire le livre – les livres – de l’heure. Sincèrement, j’ai vraiment eu l’impression de lire le scénario du film. À part quelques détails, rien ne manquait, je ne crois pas que les amateurs du livre aient vraiment été déçus de l’adaptation cinématographique.

Sinon, j’ai bien aimé ma lecture. Comme je l’avais prévu, ça se lit très rapidement et il n’y a pas grand surprise. Par contre, je ne sais pas où le traducteur a trouvé ses termes, mais certains verbes, surtout ceux suivant les dialogues, étaient souvent tirés par les cheveux. C’est quand même un comble de devoir ouvrir son dictionnaire à plusieurs reprises dans un livre pour adolescents. Attention, je n’ai rien contre un bon vocabulaire, mais il y a quand même une limite entre un vocabulaire recherché et une quête pour trouver le mot le plus bizarre pour dire « dit-elle ».

Bref, je vais lire les trois volumes suivants, avec peut-être un peu plus de surprises, puisque je n’aurai pas vu de film tiré de ces histoires.

Ce livre a également été lu dans le cadre du défi Blog-o-Trésors. D’ailleurs, je dois me trouver un quatrième livre, puisque je n’ai pas réussi à embarquer dans le Charles Dickens.