Treize raisons – Jay Asher

Clay Jensen reçoit sept cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu’elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes qui ont, de près ou de loin, influé sur son geste. D’abord effrayé, Clay écoute la jeune fille en se promenant au son de sa voix dans la ville endormie. Puis il découvre une Hannah inattendue qui lui dit à l’oreille que la vie est dans les détails.

Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer…

La prémisse de ce livre est intéressante. À la suite du suicide d’une collègue de classe, Clay reçoit des cassettes enregistrées sur lesquelles il a la surprise d’entendre Hannah, qui raconte ce qui, et ceux qui, l’a amené au suicide. Ça sonne un peu morbide dit comme ça, mais c’est amené de façon intéressante. On suit Clay qui écoute les cassettes afin de comprendre son implication dans tout ça. Au fil des histoires d’Hannah, on comprend que ce n’est pas un gros événement qui a tout chamboulé, mais bien plusieurs petits, qui, additionnés, lui semblaient trop lourds à supporter.

Par contre, à la longue, j’ai trouvé que Hannah se déresponsabilisait un peu de sa décision, même si elle finit par admettre qu’elle aurait pu changer certaines choses. Je ne dis pas qu’elle n’avait pas raison de trouver difficile ce qu’elle a vécu, certains événements en particulier, mais la façon dont c’est amené dans le livre, j’ai eu l’impression qu’elle se portait en victime, avant de vivre quoi que ce soit. C’est difficile à expliquer.

Ça demeure tout de même un très bon livre à faire lire aux jeunes afin de leur faire réaliser les impacts que peuvent avoir leurs gestes et même, une seule parole.

Ma vie ne sait pas nager – Élaine Turgeon

Une famille comme les autres. Un père, une mère, deux sœurs.

Une famille comme les autres jusqu’à ce que Geneviève s’enlève la vie, la nuit, dans la piscine de son école secondaire. Sa jumelle, Lou-Anne, tente alors de survivre au drame, entre une mère terrassée par la douleur, un père qui essaie tant bien que mal de tenir le coup et une grand-mère qui se réfugie derrière la colère.

L’écriture, les mots et la parole viendront au secours de cette famille en plein naufrage.

Un roman bouleversant, comme l’est la vie quand on a quinze ans, l’avenir devant soi et qu’on décide de mourir.

Avec Ophélie, voici un autre livre que je veux mettre à la disposition de mes futurs adolescents dans la bibliothèque familiale. À travers ses mots, on sent que l’auteure est passée au travers ce qu’elle fait vivre à Geneviève et, par la bande, à sa sœur Lou-Anne. Il est très difficile d’aborder le sujet du suicide dans un livre et Élaine Turgeon le fait avec doigté et sensibilité, sans juger ni faire la morale. Pour avoir eu l’occasion lors d’un précédent emploi d’assister à une rencontre entre des adolescents et l’auteure, je peux dire qu’elle sait leur parler et répondre à des questions pas toujours faciles. Un bijou à avoir en sa possession, et pourquoi pas une lumière au bout d’un tunnel mélancolique? Qui sait…

Le magasin des suicides – Jean Teulé

Imaginez un magasin où l’on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l’humeur sombre jusqu’au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre…

Ce livre est sur ma liste depuis longtemps, parce que le titre m’avait intriguée. Pourtant, j’étais persuadée que ce titre était une sorte de métaphore. J’ai donc été assez surprise quand je me suis aperçue que c’était réellement un magasin pour aider les gens à se tuer. Au début, j’avais un malaise, ce n’est quand même pas une situation joyeuse et je ne suis pas habituée à l’humour noir. Mais au fil des pages, je me suis attachée aux personnages, et particulièrement à Alan, le mouton noir – ou plutôt rose dans ce cas-ci – de la famille. Après une période d’adaptation, j’ai suivi avec intérêt les tribulations de cette drôle de famille qui fait du malheur son gagne-pain. C’est un livre que tous ne vont pas aimer, mais qui m’a fait découvrir un auteur intéressant.

Entre Dieu et moi, c’est fini – Katarina Mazetti

Linnea a seize ans, plein de complexes, et pas mal de questions qui lui trottent dans la tête. La seule qui la comprenait, c’était Pia. Sa meilleure amie, son amie pour la vie. Enfin, pour cent vingt jours, « sans compter les week-ends », Linnea a fait le calcul une fois. Maintenant que Pia est morte.

Avec Pia, elle pouvait parler de tout : de l’amour, de la mode, de Markus, le beau gosse dont toutes les filles rêvent, de son père qu’elle voit deux fois par an, de sa mère qui a une liaison tumultueuse. Et de Dieu. Qu’est-ce que ça signifie « croire en Dieu »? Car ce n’est pas exactement la même chose que le père Noël. Une chose est sûre, ce n’est pas la peine de compter sur Dieu pour résoudre les équations du second degré.

Seulement, voilà, Pia s’est jetée sous un train. Alors, Linnea se souvient, puisque comme dit son excentrique grand-mère, « pour pouvoir oublier quelque chose, il faut d’abord bien s’en souvenir ».

Un livre et une écriture simples, mais combien touchants. En fait, Linnea est touchante, touchante de vérité. Son histoire n’est pas facile : sa meilleure amie vient juste de se suicider. On n’en parle pas beaucoup, on effleure à peine le sujet, mais c’est assez pour nous faire comprendre tous les bouleversements que cela provoque chez Linnea. Sans être centré ce drame, le livre évoque la vie trouble que peut être celle d’une adolescente. Une adolescente différente, mais également comme toutes les autres : elle n’a rien de plus, rien de moins, avec tous les questionnements que cela apporte.

Il s’agit du premier livre d’une trilogie, je poursuivrai la découverte de l’univers de Linnea avec plaisir, en espérant que l’auteure ait été plus douce envers son héroïne.